IV. 15. Si toi, Israël, tu te laisses débaucher
Que Juda, au moins, ne se rende point coupable !
N'allez pas à Guilgal,
Ne montez pas à Bet-Awen !
Ne jurez pas parla vie de l'Eternel.
Juda ne doit pas se mêler avec Israël, qui est perdu. Le prophète recommande de ne pas aller dans les villes fron-
tières et de ne pas s'unir par serment avec des frères condamnés.
VII f. 4. Ils ont fait des rois malgré moi ; Ils ont élu des chefs à mon insu; De leur argent et de leur or Ils ont fait des idoles, Pour qu'il fût anéanti ; 5. 11 m'est odieux, ton bœuf, ô Samarie !
Mon courroux s'enflamme contre eux !
Jusqu'à quand me sera-t-il impossible de les absoudre? 6. C'est qu'il vient d'Israël, C'est un artiste qui l'a fabriqué !
Ce n'est pas un dieu ; Mais il sera mis en pièces le bœuf de Samarie !
Tout cela est presque inintelligible, avec l'interprétation vulgaire. Pourquoi parler du bœuf de Samarie et non de Béthel ou de Dan? Dans quel but le poète aurait-il à ce point obscurci sa pensée?
Ce passage est regardé comme très difficile. Je propose de le traduire par la paraphrase suivante : « Us » ont fait des chefs malgré moi ; leur amour des richesses » remplace chez eux la loi divine ; leur or sera maudit et » anéanti; la puissance de Samarie m'est odieuse ; mon » courroux s'enflamme contre Israël. La force d'Israël » vient des hommes et non de Dieu, elle sera détruite. »
On n'a jamais parlé de veaux d'argent ; l'emploi des mots argent et or indique qu'il s'agit ici de la richesse. Amos a déjà reproché aux Israélites de tout sacrifier à leur passion pour le gain. La richesse est le dieu des infidèles.
Le bœuf est évidemment une figure pour la puissance et la force : celte expression est tout à fait naturelle dans une
poésie où le mot corne est souvent pris dans ce sens.
Les prophètes ont souvent développé l'idée que le salut vient de Dieu et non des hommes. Une puissance humaine est toujours vaine.
Les fréquentes révolutions d'Israël sont flétries par le prophète légitimiste.
Voici maintenant un autre passage célèbre :