‹ Contribution à l'étude profane de la BibleChapitre 30 sur 74 · Ma. vigne à moi est devant moi · texte numérisé non relu

Ma. vigne à moi est devant moi

ÉTUDES LITTÉRAIRES SUR i/ ANCIEN TESTAMENT 167

Les mille à toi, Salomon !

Et deux cents aux gardiens du fruit !

Salomon avait une grande vigne très éloignée de Jérusalem ; Une pouvait la faire valoir ; il l'avait louée fort cher à plusieurs fermiers, qui en tiraient de beaux profits. Le roi ne jouissait pas de sa propriété, parce qu'il ne pouvaitla visiter et les fermiers ne recherchaient que le bénéfice. Le poète préfère sa vigne, qu'il cultive; il laisse l'argent à Salomon et à ses fermiers . Il es t vraiment étonnant qu' une poésie , aussi simple et aussi facile à comprendre, ait été défigurée par des commentateurs, qui voient dans la vigne du poète sa maîtresse ; l'image n'est ni belle ni bien relevée.

Charmés d'entendre la voix du poète, les habitants de la ville le prient de chanter :

Épistrophe : VIII, 13. toi, qui demeures dans ces jardins,

Mes compagnons prêtent l'oreille à ta voix ; Fais-la moi entendre.

Le poète est donc un chanteur qui module ses airs dans son jardin, tandis que les habitants de la ville se sont réunis pour l'écouter. Les auditeurs ravis lui demandent une nouvelle chanson ; mais il est comme le rossignol, il chante dans la solitude, il lui faut la liberté, il fuit le bruit des assemblées et laisse au rapsode vénal le soin de distraire les citadins oisifs. Se voyant découvert, il s'enfuit ; mais au lieu de lui faire dire : « Je fuis pareil au chevreuil... », l'auteur emploie l'antistrophe et il obtient ainsi un effet singulièrement gracieux :

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