‹ Contribution à l'étude profane de la BibleChapitre 45 sur 74 · Le gardien répond · texte numérisé non relu

Le gardien répond

» Le matin vient et la nuit aussi :

» Si vous désirez le savoir,

» Revenez demander une autre fois. »

Il y a quelque analogie de forme entre ce morceau et un passage du Cantique des Cantiques (1, 7-8).

Les 4 versets qui suivent constituent un fragment absolument indépendant : ils forment ce qu'on appelle, tantôt « oracle sur l'Arabie » et tantôt « oracle au soir. »

On pourrait trouver facilement d'autres exemples.

Beaucoup de morceaux poétiques sont des cantiques patriotiques et religieux, des psaumes.

Les derviches qui parcouraient le pays, attiraient autour d'eux les populations et faisaient une sorte d'office en récitant ces psaumes primitifs.

Le beau poème de Nahum sur Ninive ne serait pas du

tout déplacé dans le Psautier classique. Il est propre à produire un grand effet avec la musique.

Le poème de Joël ne peut être qu'un fragment de psautier. Il se compose de deux parties; la première est une longue lamentation sur la misère du pays, la seconde est un hymne d'actions de grâces.

Dans un pays comme la Palestine la famine n'était pas chose bien rare ; quand la récolte manquait, la situation était affreuse. Le poète décrit les souffrances poignantes du peuple, il invoque Jéhova, il engage le peuple à pleurer, à jeûner.

H. 15. Sonnez de la trompette à Sion !

Ordonnez un jeûne sacré, Convoquez une assemblée solennelle !• . • Que les prêtres, les ministres de l'Éternel pleurent ! Qu'ils disent; « Épargne, ô Éternel, ton peuple ! » Ne livre pas ton héritage à l'opprobre. . . »

Je crois que Ton peut aller, même, plus loin et trouver dans le recueil de véritables liturgies.

Dans le Deutéronome (XXVIII) il existe un remarquable exemple de liturgie dichotomique. Le peuple doit se diviser en deux bandes : Tune se tiendra sur le Garizim pour bénir, l'autre sur Ébal pour maudire. Les lévites prononceront les formules.

J'estime que l'auteur nous a conservé (pour le fond au moins) une très ancienne formule de la liturgie. Peut-être, au Temple, les deux colonnes d'airain avaient-elles été élevées pour servir à une cérémonie de ce genre. On s'expliquerait ainsi qu'elles aient reçu des noms.

Dans leurs compositions, les prophètes mélangent, assez souvent, les bénédictions et les malédictions ; il est probable que c'est par imitation de cette liturgie dichotomique.

Beaucoup de leurs œuvres ont évidemment servi pour des cérémonies religieuses, peut-être, quelques-unes, pour celles du Temple.

La liturgie est, avant tout, un drame. Il n'est pas difficile de voir qu'un certain nombre de morceaux prophétiques sont bien appropriés à cet usage. L'œuvre de Michée peut se décomposer en deux chœurs et un récitatif du personnage principal. Le prophète commence par une formule qui a bien une apparence liturgique :

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