‹ Contribution à l'Étude Radiologique de la Constipation HabituelleChapitre 11 sur 19 · ER RS · texte numérisé non relu

ER RS

trique. Le chimisme gastrique ne: décèle pas d’acidité : le = Weber est négatif.

En résumé, l’ examen clinique laisse soupçonner |” existénce d’un ulcus gastrique ou d’une appendicite chronique.

Examen radiologique. — À la 12° heure oi figure 11 A), le repas opaque occupe les dernières anses iléales sous forme d’une masse diffuse, irrégulière : l’estomac et les anses jéjunales sont transparents. Cette masse ne paraît pas se déplacer sous l'influence des mouvements respiratoires profonds. La palpation est douloureuse à cet endroit. — A la 16° heure, la matière opaque occupe le cœco-ascendant, en le dessinant sous son aspect normal.

Cet examen nous ayant montré un retard de pénétration du repas dans le cœcum, nous avons recommencé l'épreuve avec. un horaire différent pour voir si ce retard ne tenait pas à un. défaut d'évacuation de l'estomac ou des anses grêles susjacentes à l’iléon. L’examen de l’estomac à 9 heures du matin ne montre aucune anomalie dans son mode de remplissage ni dans son aspect morphologique. Les contractions apparaissent rapidement, et aboutissent à l'évacuation. Le bulbe pylorique paraît régulier. — Cinq heures après l’ingestion du repas, l'estomac est vide : la plus grande partie de la matière opaque occupe les dernières anses iléales. — A la 8° et 10° heure, la masse diffuse iléale n’a pas encore pénétré dans le cœcum. — Le lendemain, à la 24° heure, le repas opaque occupe régulièrement par fragments le cœcum, le transverse et le descendant. — A la 35° heure, le malade a une évacuation abondante de son repas opaque. — A la 48° heure, il ne reste que quelques traces de sel opaque dans le descendant et le sismoïde.

Le lavement opaque ne montre aucune anomalie dans la : perméabilité ni de configuration du côlon.

En résumé, ces examens radiologiques montrent une stase appréciable du repas opaque au niveau des dernières anses

rte iléales, sans qu'il existe de retard d'évacuation des matières en aval de cette stase.

Intervention chirurgicale. — Le malade est opéré un mois après pour appendicectomie. Extériorisation de l’appendice qui est allongé et congestionné. Résection de l’appendice et de quelques fragments épiploïques.

Par l'ouverture de l'incision, le cœcum et les dernières anses iléalés peuvent être aisément extériorisées. Ces deux segments sont libres et ne présentent aucune adhérence. En étalant sur un champ le cœcum et la dernière anse iléale, on peut constater au niveau de cette dernière, la présence d'un anneau de constriction, situé à / centimètres environ de l'abouchement cœcal. On fait disparaître cet anneau en étirant l’anse grêle, maïs il se reforme aussitôt dès qu'on laisse l’anse revenir sur elle-même.

Une cœcoplicature est pratiquée, avec trois points de suture sur la face externe du cœcum. Suture de la paroi.

Evolution clinique. — Le malade sort de-l’hôpital un mois après, un peu amélioré. Après un séjour de 6 mois dans le Midi, nous le revoyons au point de vue clinique et radioscopique.

Son état général est certainement meilleur qu'avant l’intervention cependant le malade accuse de temps en temps des crises douloureuses dans la fosse iliaque droite, qui sont calmées par la belladone.

Un nouvel examen radioscopique, pratiqué dans des conditions identiques au premier, montre un transit intestinal à peu près analogue. À la 12° heure, la plus grande partie du repas opaque occupe les dernières anses iléales ; une, petite partie seulement occupe le coude hépatique et l'extrémité droite du transverse. La région aœcale manque de netteté, peut-être en raison de la cœco-plicature qui a été pratiquée (Voir fig. 11 B).

En résumé cette observation montre qu'il peut exister des stases iléales, dont l'origine indépendante de toute 2 coudure où d’adhérences, tient à la présence d'un % anneau spasmodique. I semble qu'il y ait analogie entre cet anneau iléal et les anneaux constricteurs toniques décrits par les différents auteurs au niveau du côlon, et qu'il s’agisse peut-être à cet endroit d’un anneau physiologique normal dont la tonicité s’est exagérée jusqu'à la

contracture.

De cette observation il résulte que les symptômes cliniques d’appendicite chronique constatés chez ce malade sont uniquement dûs à la stase iléale qui résulte de cet

anneau spasmodique.

Observation XXVI. — M. H..., âgé de 55 ans, se plaint de temps en temps de Re douloureux dans la fosse iliaque droite, survenant 4 à 5 heures après les repas. Il n’est pas constipé, et ce n'est pas pour ce motif qu'il est venu nous consulter.

L'histoire pathologique de ce malade est très simple. 1] y a dix ans, il présente brusquement un soir après le dîner, les signes classiques d’une appendicite aiguë : douleur localisée dans la fosse iliaque droite, vomissements, température. Quelques heures après, il présente tous les symptômes d’une péritonite aiguë : vomissements porracés, ballonnement du ventre, arrêt des matières et des gaz. Deux chirurgiens appelés se. refusent à intervenir et conseillent la glace et la morphine. Les jours suivants, les phénomènes aigus s’amendent progressivement, et un mois après le malade est hors de danger. La résorption continue progressivement, et le malade ne veut pas entendre parler d'opération. Il reprend sa vie normale, et il accuse seulement de temps en temps quelques douteuse dans la fosse iliaque droite. SE

jf

Lo | = ; Stase iiéalc due à des adhérences fibreuses consécutives à une périto- tonite appendiculaire. (Galque d'après radiographie prise 11 heures . après l'ingestion d'un repas opaque. )

Examen clinique. __ Ce malade ne présente aucun phénomène morbide au niveau des appareils pulmonaire, cardiaque, nerveux, urinaire. Il est d’une très solide constitution et se livre tous les jours à des exercices sportifs. La palpation du ventre permet de sentir un certain empâtement dans la fosse iliaque droite.

Examen radiologique. — Huit heures après l’ingestion du repas opaque, celui-ci occupe les dernières anses iléales, près de leur abouchement dans le cœcum. Il ne reste plus trace de se! opaque dans l'estomac ni les autres anses grêles. A la 10° et 11° heure, l’aspect est identique, sauf pour le cœcum où a pénétré une petite quantité de sel opaque. A la 12° heure, tout le repas opaque occupe le segment cœco-ascendant. Celuici est vertical, s'étend de la fosse iliaque droite à la région hépatique. À la 24° heure, après une selle abondante, l’examen radioscopique permet de constater que tout le repas ‘opaque est évacué.

Une radiographie faite en décubitus ventral (reproduite sur la fig. 12) représente l’image de cette stase iléale à la r1° heure. Elle se différencie de la stase iléale de l'Observation XXV par les caractères suivants : les anses ne forment pas une masse diffuse ; elles sont dissociées les unes des autres, élargies ou rétrécies par endroits; donnant l'impression d’un chapelet de saucisses replié sur lui-même.

Cette observation montre qu'il s’agit d’une stase de la dernière portion iléale. Cette stase est provoquée par des adhérences fibreuses, séquelles d’une péritonite appendiculaire. Comme dans l'observation précédente, le

transit du repas opaque dans le côlon est normal.

Observation XXVII — M. V.…., âgé de 63 ans, se plaint de pertes de forces, d’amaigrissement, de troubles douloureux intestinaux vagues, plutôt localisés du côté droit. Il présente

EMA TSIES

CE

en outre des troubles respiratoires et cardiaques : emphysème

avec dilatation du cœur droit. Au point de vue digestif, l’examen clinique montre comme anomalie apparente : une hernie inguinale droite. Cette hernie est réductible en partie, mais pulsatile à la toux : elle existe depuis plusieurs années, mais aurait augmenté depuis quelques mois à la suite des crises

d’emiphysème, auxquelles le malade est sujet.

Examen radiologique. — Douze heures après l’ingestion du repas opaque, on voit une masse diffuse située au-dessus du

bord supérieur du pubis, un peu à droite de la ligne médiane.

Cette masse semblant appartenir au rectum, le malade est examiné de nouveau quelques heures après. Ce deuxième examen montre qu'elle a progressé, et- occupe le cœcoascendant en totalité. Le lendemain matin, vers la 35° heure,

. le malade a une garde-robe appartenant au repas opaque et

l'examen radioscopique permet de voir que la totalité du repas opaque a élé évacuée.

Il n'est pas donné de lavement baryté, et le malade est ren-

voyé au chirurgien qui nous l’a recommandé. Celui-ci trouve

à l'intervention une hernie du cœcum avec adhérences, et pratique une cure radicale après libération des brides. Trois mois après sa sortie de l'hôpital, nous examinons de nouveau le malade aux rayons X. À la 12° heure, le repas opaque occupe le cœco-ascendant et le transverse, ce qui indique un retour au transit normal sous l'influence de l'opé-

Tation.

Cette observation montre, comme les deux précédentes, que cette stase iléale est sans action sur le transit

du gros iatestin.

Feuteselle fragmentee a l2 50H

2 Jour

CPR A

HE

Recherches sur le transit du Repas opaque - dans quelques cas de sténose organique du Côlon

Cancer du Côlon descendant

Nous avons étudié le transit et le mode d'évacuation du repas opaque dans 3 cas de cancer du côlon. Dans les trois cas, la tumeur siège sur le descendant, et le repas opaque arrive à son niveau dans les délais habituels, entre la 15° et la 20° heure (Voir fig. 13). : A cet endroit la tête de la colonne opaque subit un arrêt d'environ 24 heures, après lesquelles l'élimination de la matière opaque commence. L'élimination se fait par

fragments successifs qui parcourent avec une vitesse

normale le segment intestinal situé en aval de l’obstacle L’élimination dure une huitaine de jours, et se traduit

par une série de petites selles pseudo-diarrhéiques et sanglantes. En somme dans son parcours, le repas subit un arrêt, mais sans aucun ralentissement en amont, ni en aval de l’obstacle ;-le transit se caractérise par une stase

: ; Î . localisée, au niveau de l’obstacle et par une élimination

fragmentaire.

- Rétrécissement du Rectum

Il s’agit d’une malade qui présente un rétrécissement rectal, très serré, situé à 4 centimètres de l’anus, non

Transit intestinal dans un cas

iÈ J OUT

de rétrécissement rectal

Où 3 Jour + re 2°Jour Petteselle « al 90 HE e 5 Jou Pehteselle a la 1902HE CJou | Peliteselle

ala 80H

franchissable au doigt, visible à l’anuscope. Ce rétrécissement date de 10 ans : il a toujours été accompagné d'une constipation opiniâtre, que la malade a traité par des laxatifs répétés.

L'examen radiologique du transit (Voir fig. 14) montre un ralentissement dans la progression du repas opaque en amont de l'obstacle, et un arrêt au siège du rétrécissement. À la 12° heure le repas opaque occupe le segment proximal du côlon. À la 20° heure la tête de la colonne à un peu progressé dans le transverse. A Ja 36° heure elle atteint l’angle splénique. A la 45° heure elle a pénétré dans le descendant. À la 60° heure elle n’a pas encore atteint le sigmoïde. C’est seulement à la 84° heure que la tête de la colonne opaque atteint le rectum : à partir de ce point le repas est éliminé par petites

selles fragmentées à la go°, 10° heures.

On pratique un anus iliaque chez cette malade et nous l’examinons de nouveau 3 mois après cette opération. Le transit est analogue à celui du précédent examen jusqu'à l’anus artificiel pratiqué sur le côlon descendant. Le repas met 60 heures pour être évacué par cet orifice,

mais il est éliminé en totalité en une selle unique.

Ces observations permettent quelques remarques par-

tüculières :

1) C’est par un arrêt simple sans ralentissement en amont ni en aval de cet arrêt que se caractérise la stase

dans les 3 cas de cancer du côlon descendant.

2) C’est par un arrêt mais avec ralentissement en amont

Mr

de l’obstacle que se traduit la stase dans le rétrécisse-

ment rectal que nous avons observé.

Il parait logique d'attribuer à l’évolution rapide du cancer, |’ intégrité du segment colique en amont de l'obstacle. Au contraire, la lenteur d'évolution du rétrécissement semble lui avoir permis de retentir sur le fonc-. tionnement général du côlon.

On voit donc combien il est difficile d’arriver à localiser un obstacle par la seule méthode du repas pee : cet obstacle pouvant amener une stase ee qui empêche toute localisation précise.

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