LOUE
observations et de nos recherches: c’est que la constipation est due à une anomalie de fonctionnemnet du gros intestin. Nous n’avons jamais rencontré de constipation nette avec stase iléale. Par contre nous avons observé 3 cas de stases iléales, ne s’acccompagnant d’aucun retard d'évacuation colique. Il semblerait même au contraire que les matières, après avoir plus ou moins longtemps demeuré dans l'intestin grêle, rattrapent le temps perdu, en aval de l’obstacle, pour être évacuées dans les délais nouveaux. Ces 3 cas de stase iléale sont dues à des causes différentes : l’une purement fonctionnelle due à un anneau spasmodique, les deux autres organiques, dues à des adhérences péritonéales inflammatoires. Ces observations permettent de douter de la fréquence de la coudure de Lane, et de son action sur la constipation, ainsi qu'on le décrit si couramment : elles permettent seulement d'expliquer les troubles digestifs accusés par les malades, troubles qui simulent l’appendicite et l’ulcus gastrique dans un cas, la dyspepsie ou le cancer dans l’autre:
En deuxième lieu, la plupart des constipations que nous avons observées (21 sur 24 cas) se rencontrent sur des côlons d'apparence normale, ne présentent pas de lésions organiques, autant que le lavement opaque a pu nous le démontrer. Pouvons-nous en déduire que toutes ces constipations sont de nature fonctionnelle ? II serait téméraire de l’affirmer, car on peut nous reprocher d’avoir un nombre insuffisant de constatations anato- “miques, soit opératoires, soit nécropsiques. Toutefois,
il nous parait rationnel de considérer comme fonction-
nelles les stases que nous avons observées, jusqu’à preuve du contraire. Jusqu'ici il n’existe pas de délimitation précise entre ces deux ordres de constipation : on admet que les lésions organiques peuvent tenir à des brides ligamenteuses, à des épaississements péritonéaux, à des compressions, à des ptoses, à des déformations de l'organe lui-même ; ces lésions, sans causer la stase par
elles-mêmes, jouent le rôle d’une épine organique, et
provoquent secondairement la stase par la gêne qu’elles
apportent aux mouvements de l'intestin. Il est possible
que dans un certain nombre de nos observations nous
ayons laissé échapper ces lésions d’apparence minime,
et de valeur capitale. Cependant, même si elles avaient
pu être identifiées, leur action effective est encore
à démontrer : il nous est arrivé de rencontrer si fré-
quemment des ptoses intestinales, des anses longues, des cœcums mobiles, fonctionnant avec une régularité parfaite, qu'il nous parait plus rationnel de demander à d’autres facteurs, l'explication du problème encore si complexe de la constipation chronique.
Hypothèse pour hypothèse, on peut également se de-
mander si un certain nombre de lésions organiques sont
l'effet et non la cause de la constipation, en particulier
pour la dilatation cœcale. L'observation empruntée à l’étude du radio-diagnostic du cancer du gros intestin, par Bensaude et Guénaux est fort instructive à cet égard. Elle montre comment une dilatation aiguë du cœcum, au cours d’une occlusion par cancer annulaire du côlon descendant, fut prise pour une tumeur cœæcale, par Île
chirurgien qui l’opéra. Cette observation qui prouve
PCR EEE