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nettement l'origine secondaire de la dilatation cœcale, au cours d’une occlusion intestinale aiguë, nous permei d'attribuer le même caractère à la dilatation chronique du cœcum, que nous avons fréquemment observée dans les constipations par ralentissement de traversée distale du côlon. Dans le même ordre d’idées, on peut également se demander si d’autres inflammations cœcales sont la. cause ou l'effet de la stase. Pour ces différentes raisons il nous parait légitime de considérer la plupart des constipations comme des constipations fonctionnelles.
Enfin un troisième fait se dégage de l’ensemble de nos observations : les constipations que nous avons observées sont dues à des ralentissements ou à des arrêts dans la progression des matières, donnant lieu à des stases localisées ou diffuses. Parmi les stases localisées, nous avons rarement observé de stase cœcale proprement dite avec intégrité de fonctionnement des segments distal et terminal, et de stase rectale avec intégrité des segments proximal et distal. Par contre, nous avons le plus souvent observé des stases diffuses par ralentissement de traversée distale, amenant secondairement la stase cœcale, par voie rétrograde. Peut-on tirer quelques déductions ‘de ces faits ? Certains auteurs admettent que les stases localisées sont provoquées par l’exagération du fonctionnement des anneaux toniques, qui empêche les mouvements de propulsion des matières. d’autres pensent que le défaut de propulsion provient de l’éxagération des petits mouvements de pétrissages — d’autres enfin rattachent au spasme ou à l’atonie le dé-
faut général d'évacuation : dans tous-les cas les matières
re ,
s'accumulent, se dessèchent progressivement et deviennent un corps étranger d'autant plus difficile à éliminer qu'il est plus résistant. Ces conceptions sont sujettes à trop d'interprétation, et nous nous contentons dans cette étude, d’exposer la fréquence des cas observés, sans en étudier leur pathogénie : nous les avons rencontrés au cours des affections les plus diverses : dyspepsie
invétérée, insuffisance glandulaire, névropathie, alimen-
tation défectueuse, etc.
En résumé quels avantages l’examen radiologique nous a-t-il fournis, en nous permettant de classer les constipations que nous avons observées ? Avant tout de
nous indiquer une thérapeutique appropriée.
La constatation de la stase terminale, sigmoïdienne
ou rectale, en nous indiquant la nécessité de recourir à
d’autres moyens d'investigation, tels que la rectoscapie, nous à permis d'utiliser une thérapeutique étiologique. Dans les cas où le diagnostic causal ne peut être établi la localisation de la stase rectale permet tout au moins une thérapeutique symptomatique appropriée, en proscrivant l'usage des laxatifs, et en indiquant l'emploi des petits lavements, des suppositoires, et des lavements
‘électriques qui, d’après Aubourg et Lebon n'avaient d’ac-
tion que sur l’ampoule rectale.
L'identification d'une stase proximale au contraire conseille l’emploi des laxatifs et en particulier du séné, ainsi que l’étude radiologique expérimentale l'a démon-
tré. Peut-être arrivera-t-on un jour à reconnaitre à
chaque laxatif une action déterminée sur tel ou tel seg- | ment intestinal, sur tel ou tel mouvement. Mais il ne s’agit là évidemment que d’une thérapeutique symptomatique, qui ne saurait avoir l'efficacité de la thérapeutique étiologique.
Dans les stases distales, que nous avons le plus fréquemment rencontrées, l’usage des laxatifs nous a paru moins indiqué. Certains cas même, nous ont semblé aggravés par l'usage intempestif de cette médication, et nous avons préféré soumettre les malades aux grands lavages intestinaux. Il en est de ces grands constipés qui ont épuisé vainement toutes les ressources de la thérapeutique intestinale, comme des asystoliques cardiaques dont le myocarde surmené ne répond plus à l’action de la digitale. La comparaison classique de Dieulafoy trouve encore ici sa place. Il faut d’abord évacuer le contenu intestinal par les grands lavages, et demander ensuite par intermittence aux laxatifs le réveil du péristal- | tisme intestinal.
Parfois nous avons également tiré d’utiles renseignements thérapeutiques de l'aspect physiologiique du côlon révélé par la radiologie. La fragmentation de la colonne opaque, en traduisant l’hytertonie intestinale, suggère l’emploi des anti-spasmodiques, en particulier de la belladone et de ses succédanés. Par contre, l’atonie intestinale, traduite par l’aspect élargi, dilaté, sans incisures de la colonne opaque indique l’opportunité d’une médication excitatrice. En fait, l’aspect atonique et spasmodique nous a semblé coexister fréquemment, en particu-
lier dans les constipations distales avec dilatation cœcale.
L'emploi de la belladone nous a semblé préférable, et certains résultats heureux semblent démontrer qu'il vaut mieux diminuer le spasme que de le surmonter.
Enfin les aspects morphologiques de l’intestin peuvent apporter également d’utiles indications thérapeutiques. La constatation d’une ptose généralisée indique le port d'une ceinture orthopédique appropriée. Jusqu'ici l’orthopédie abdominale n'a, guère obtenu de résultats qu'au cours des ptoses gastriques, et nous n'avons jamais pu arriver à relever le côlon transverse par une ceinture quelconque sous le contrôle des rayons. Il semble préférable d'obtenir actuellement ce résultat en cherchant à fortifier la sangle abdominale par le massage et la gymnastique. #4
Quand tous les traitements médicaux sont restés sans effet, et en présence de troubles stercorémiques réels, on pourra recourir à l'intervention chirurgicale. Ici encore l’examen radiologique fournit de: précieuses indications. La constatation d’un arrêt localisé autorise une anastomose de dérivation en aval de la stase. Quand, au contraire l'examen radiologique indique un ralentissement de traverse diffuse, les ressources opératoires sont plus complexes. On ne saurait songer à créer une anastomose du grêle avec la portion terminale du côlon, en raison du reflux probable des matières en amont. Nous avons observé une complication de ce genre chez un malade qui a subi une exclusion du cœcum, et une anastomose iléo-transverse * il présente un trajet rétrograde des mtières au niveau du côlon ascendant (voir fig. 15) et
accuse fréquemment des troubles d'intoxication sterco-
Transit intestinal chez un malade ayant subi une exclusion du cœcum
et une iléo-transversotomie.
Selle copieuse à la 38° heure appartenant au repas opaque :
Selle n'appartenant pas au repas opaque
: Fig. 15 dy À : 7 © tase rétrograde dans le moignon du côlon ascendant
Le En Ne
rémique. Il semble donc préférable de pratiquer la ; colectomie totale. Notre expérience personnelle en est assez limitée : une de nos malades opérée il y a quatre mois par le Dr Pauchet (Obs. XX) présente actuellement
une amélioration manifeste.
Au cours de ce travail nous croyons avoir montré l'intérêt que présente l'examen radiologique dans l’étude de la constipation pour laquelle il constitue actuellement le moyen d'investigation le plus précis et le plus direct. La radiologie permet en effet de reconnaître l'existence et de mesurer l'intensité de la constipation : le défaut d'évacuation du -repas opaque 36, ou 48 heures après son ingestion, indique l'existence d’une stase certaine ; la localisation de la stase appelle l’attention sur certaines causes possibles de cette stase et permet parfois de trancher le diagnostic par l’emploi d'autres procédés d’exploration. HE
Quoiqu'elles soient encore insuffisantes, les indications fournies par l'examen radiologique ont déjà une importance pratique considérable. Il est permis d’entrevoir, dans un avenir prochain, qu'elles se préciseront de plus en plus et il est possible d'indiquer dans quel sens devront s'orienter les recherches pour arriver à une thérapeutique étiologique seule vraiment efficace.
La constipation constitue non pas une affection, mais un symptôme qui reconnait les causes étiologiques les
plus diverses : les troubles des glandes endocrines au-
ront sans doute une large part dans cette étude, et une intéressante observation. (Observ. TV) nous a permis de mettre en lumière l’importance de la sécrétion ovarienne. On connait d'autre part les constipations d’origine thyroïdienne. Quand le rôle des ferments digestifs sera mieux connu, on pourra peut-être également en tirer des renseignements utiles pour la compréhension de la pathologie intestinale. Enfin nous ignorons encore presque tout de l’action du sympathique sur la motricité et la sécrétion de l'intestin : or c’est par son intermédiaire que se produisent toutes les influences susceptibles de modifier le fonctionnement du côlon.
En tous cas, l'examen radiologique constitue actuellement le meilleur moyen de vérifier les résultats obtenus dans l’étude de la constipation, et restera la pierre de
. touche de l'exploration intestinale