‹ Contribution à l'étude radiologique des diarrhéesChapitre 2 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'étude radiologique des différents segments du tube digestif a acquis dans ces dernières années une importance de plus en plus grande, à tel point qu'actuellement on ne peut concevoir d’examen complet en pathologie gastro-intestinale sans un examen radioscopique. Les travaux sur ces questions se sont d’ailleurs multipliés. En particulier l'étude du transit intestinal a été précisée. De nombreux travaux ont été publiés depuis quelques années sur la constipation. Ses différentstypes, son mécanisme, ses causes soit fonctionnelles, soit dues à des lésions organiques, les conséquences thérapeutiques qu'on pouvait en retirer : toutes ces notions ont entraîné de nombreuses recherches en France et à l'étranger. En revanche la question des diarrhées nous à paru n'avoir pas encore suffisamment fixé l'attention en dehors de certaines recherches d’ordre expérimental, qui ont été entreprises il y a quelques années par MM Aubourg et Lebon. On peut attribuer ce manque de documents à plusieurs causes :

Au point de vue technique, ces recherches sont

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difficiles à pratiquer ; elles demandent des examens répétés et parfois à de courts intervalles ; Fétat souvent précaire des malades les rend pénibles. La possibilité d’avoir chez notre maître, M" le docteur Béclère, des salles de médecine à proximité immédiate d’un cabinet de radioscopie nous à permis d'examiner à plusieurs reprises un certain nombre de malades.

En deuxième lieu, la classification des diarrhées, ni au point de vue clinique, ni au point de vue coprologique, n’est suffisamment précise pour permettre une: étude comparative et l’on est encore très embarrassé pour pouvoir poser des types radiologiques.

Ajoutons que le système nerveux intervient sinon toujours. tout au moins d’une façon si importante dans la pathogénie des diarrhées que l’on a décrit des diarrhées nerveuses. Si cette classe devient de plus. en plus étroite, il n'en est pas moins vrai que les émotions peuvent agir sur les différents types de diarrhées et les modifier. |

Quels renseignements pouvons-nous espérer retirer de l'examen radiologique dans ce chapitre de la pathologie gastro-intestinale. Il ne saurait être question de préconiser un procédé d'examen capable de remplacer ceux qui sont actuellement en usage. Certains d’entre eux donnent des renseignements si précieux qu'on ne saurait les suppléer par d’autres techniques ; en particulier l'étude microscopique des fèces. De plus on ne saurait trop rappeler que les images radioscopiques, si intéressantes soient-elles ne donnent que des renseignements d’ordre physique sur les corps

Re à interposés sur le trajet des rayons, Ge ne sont que des ombres traduisant souvent-mais non toujours l’état solide ou liquide des corps examinés. Dans la cavité abdominale, les parois de l'estomac et de l'intestin restent pour nous invisibles et la radiologie ne peut nous montrer que des images de substances contenues dans le tube digestif. On peut en déduireles renseigne ments les plus précieux sur l'organe étudié : sx situation, sa forme, ses dimensions, ses rapports, l'existence de cavités anormales : diverticules ou au contraire la production d’une néoplasie dans une cavité normale, image par défaut ou image lacunaire.

Au point de vue fonctionnel, l'examen radiologique, soit radiographie en série, soit surtout la radioscopie nous renseigne sur tout le côté moteur de la physiologie de l’appareil digestif: la tonicité, les contractions, la façon dont se fait le transit. Il n’est pas jusqu'au fonctuionnemment sécrétoire du tube digestif, qu’on n'ait cherché à étudier par le moyen de capsules contenant le sel opaque et devant se dissoudre normalement en un temps donné.

Il est cependant facile de voir combien à l'heure actuelle, nos connaissances concernant la morphologie des différents segments du tube digestif, sont précises ; combien au contraire, il persiste d’obscurités dans ce que nous savons de fonctionnement de ces organes ; quelles recherches peuvent être encore entreprises dans ce domaine et quelles informations la radiologie pourra donner. £ -! Les examens radiologiques nous renseignent donc

de la façon la plus précieuse sur l’état au point de” vue anatomique d’un des segments du tube digestif et sur sa motilité, mais ils ne nous renseignent jamais directemeut sur la cause intime des phénomènes que nous constatons. Il en est de même pour la diarrhée que pour beaucoup d’autres problèmes qui se posent en pathologie. L'auscultation des poumons, qui nous donne des renseignements si utiles sur la topographie d’une affection : son siège dans les grosses bronches, les bronches terminales, les alvéoles pulmonaires — l'étendue des lésions, etc... ne nous renseigne pas sur l'agent causal. De même autant les renseignements d'ordre topographique pourront être intéressants, autant les questions que nous poserons en ce qui concerne les causes resteront sans réponse. D'ailleurs, cela ne saurait nous étonner ; l'intestin ne peut répondre à des excitations multiples que par des réactions très limitées en nombre : augmentation ou diminution de son pouvoir moteur et sécréteur.

Ces recherches n'ont donc eu pour but que d’examiner le transit intestinal par un procédé plus précis que par l'ingestion de poudre de carmin, qui ne donne qu'un résultat global; de contrôler si certains procédés n'avaient pas leurs conclusions confirmées ou infirmées — de savoir si ces procédés ne pouvaient être remplacés dans certains cas et enfin de rechercher si des notions nouvelles pouvant servir à la connaissance des affections intestinales, à leur diagnostic et à leur traitement, ne pouvaient en être retirées.

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