CHAPITRE III
Les résultats expérimentaux et leur interprétation.
J'ai étudié la répartition de l'intensité émise dans les bandes X d’un certain nombre de corps dans le domaine de 7 À à 16 À : d’abord les bandes K£, de la série de magnésium, aluminium, silicium à l’état pur, ensuite, la même bande due à l'aluminium à l’état liquide. J'ai ensuite étudié les bandes L, et Le de la série des métaux : cobalt, nickel, cuivre, zinc, enfin, les bandes KB, de l'aluminium et du magnésium dans quelques alliages de magnésium et d’aluminium, bandes qui sont différentes de celles de ces métaux purs. Je me suis proposé dans chacun de ces cas de tirer de ces résultats expérimentaux le plus de renseignements possibles sur l'état à l'intérieur du cristal, des électrons respon-sables de la transition émettant la bande, en particulier sur
leur répartition en fonction de l'énergie.
4. Bandes K du magnésium. de l’aluminium et du silicium à l’état solide. — Ces trois corps appartiennent à la deuxième ligne du tableau de Mendéleieff. Ils ont 2 électrons K, 8 électrons L, et respectivement 2, 3, 4 électrons M. Il aurait été intéressant de joindre à cette série le sodium qui a un seul électron M.Mais la miseen place d’une anode en sodium pur, et la grande volatilité de ce métal nécessiteraient une tech- : nique spéciale qui n’a pas été mise au point jusqu'ici.
Le magnésium, l'aluminium et le silicium ont des spectres K d'aspect identique; d’abord un groupe de raies relati-
vement fines et dues au passage des électrons L sur un niveau K d’un ion ayant perdu seulement un électron K(«,,) ou, ainsi que l’a montré Druyvesteyn (1) d'un ion ayant perdu avec un électron K, un autre électron K ou un électron L (satellites). Je n'ai pas étudié ce groupe de raies qui présente peu d'intérêt au point de vue structure cristalline.
Ensuite un groupe de raies larges : B, due au passage d’un électron M sur le niveau K d'un ion ayant perdu un seul électron K, les autres, de longueur d'onde plus courte, Burr, Biv, Év, dues au passage d’un électron M par un ion dont les niveaux L et K sont plusieurs fois ionisés. Ces satellites, beaucoup moins intenses que 8, et chevauchant les uns sur les autres ont une largeur et une répartition d'intensité analogues à 6,, ce qui concorde bien avec l'hypothèse suivant laquelle ils sont dus au passage des mêmes électrons sur des atomes différemment ionisés.
Certains auteurs ont signalé un satellite £, de longueur d’onde plus grande que £,. Je ne l'ai jamais observé sur mes clichés de métal pur. il n’apparaît que lorsque le métal est oxydé et semble dû uniquement à l’oxyde.
L’aluminium cristallise dans le système cubique à faces centrées, le magnésium dans le système hexagonal compact, le silicium dans le système du diamant. La théorie faite au chapitre premier ayant surtout été développée pour le système cubique, c’est par l’aluminium que je commencerai.
1° Aluminium solide. — L'aluminium utilisé est de l’aluminium très pur à 99,99 0/0 qui m'a été très aimablement offert par la Société « l’Aluminium Français » que je tiens à remercier. Différents clichés ont été obtenus avec des cristaux de quartz (1° ordre) ou de mica (2° ordre).
Plusieurs auteurs ont déjà mesuré les longueurs d'onde des raies de cet élément. Siegbahn et Karlsonn (?) et
© (4) Druyvesrey. l'hèse Grüningen (1928).
{?) Siecsaux. Zeitschrift für Physik, 88 (1934), 71.
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Kunzl (!) ont donné des enregistrements microphotométriques de leurs clichés à très petite échelle, mais ces auteurs étudiantseulement la mesure précise des longueurs d'onde da ces raies ne se sont pas préoccupés d'examiner la répartition de l'intensité à l’intérieur des bandes; les enregistrements de Kunzl déduits des clichés faits à l’aide d'un tube à gaz contenant de l'oxygène ou de l’azote donnent une répartition d'intensité très différente de.celle qu’on obtient dans le vide avec un métal pur. Yoshida (?)a donné à peu près simultanément