‹ Contribution à l'étude structurale des Labiées endémiques des Îles CanariesChapitre 16 sur 41 · ST LE · texte numérisé non relu

ST LE

Salvia canariensis L.

Origine. — Environs de Las Palmas, dans les lieux sablonneux du Barranco del Angostura (Gran-Canaria).

Habitat. — Rochers et endroits pierreux secs et ensoleillés de la région maritime de Ténérife, Gran-Canaria, Fuerteventura et Gomera.

Tige. — Poils sécréteurs à tête pluricellulaire portée sur un pédicelle bicellulaire, à cellule basale allongée et à cellule supérieure isodiamétrique et cutinisée.

Epiderme constitué de cellules aplaties, à membrane externe légèrement épaissie,

Le parenchyme cortical comprend deux zones distinctes ; une externe à petits éléments chlorophylliens non palissadiques, interrompue aux angles par des colonnes de collenchyme non saillantes, une interne à grandes cellules incolores (fig. 15).

Pas d’endoderme distinet. Dans la région péricyclique, on observe de puissants cordons fibreux, assez rapprochés les uns des autres et aussi volumineux sur les côtés qu’au niveau des angles.

Les quatre faisceaux libéro-ligneux angulaires sont séparés par du sclérenchyme renfermant des faisceaux purement secondaires.

Moelle complètement sclérifiée.

Au fur et à mesure que la tige s’accroit, des amas de collenchyme correspondant aux faces viennent s AJQUerAI aux colonnes de collenchyme angulaire.

Le bois et le liber se développent beaucoup ; mais les quatre faisceaux principaux restent toujours séparés des faisceaux de formation purement secondaire par un tissu sclérenchymateux. Le bois de ces divers faisceaux est particulièrement riche en fibres à parois très épaisses, dont la disposition radiale tend à s’effacer pour devenir de plus en plus irrégulière,

Dep

Leucophaë soluta Webb.

Origine. — Rochers de Tamadaya.

Habitat. — Lieux rocailleux dans la région maritime de Ténérife.

Tige. — Poils tecteurs ramifés, à parois fortement sclérifiées, formant un tomentum très dense.

Poils sécréteurs à tête unicellulaire portée sur un pied bicellulaire.

Le parenchyme Cortical,à peine collenchymateux aux angles, est constitué, sur les faces, de deux zones: une externe chlorophylienne, à éléments non palissadiques, une interne, incolore, à cellules ovoïdes.

Endoderme distinct, à parois radiales plissées et subérifiées, renforcé, en dedans, de quelques éléments fibreux ;

Les quatre faisceaux libéro-ligneux angulaires, séparés dans le jeune âge par un tissu sclérenchymateux, se réunissent ensuite en un anneau continu et prennent un grand développement ; les rayons médullaires du bois secondaire sont 1, 2 ou 3-sériés.

Moelle totalement sclérifiée, formée de cellules à nombreuses ponctuations.

Une assise péridermique, d’origine sous-épidermique, donne un liège très épais sans aucune trace de phelloderme.

Feuille. — Poiis tecteurs rigides, ramifiés, sclérifiés, formant

“sur les deux faces un feutrage d’une épaisseur considérable,

avec celte différence toutefois que leur allongement est plus grand à la face inférieure.

Poils sécréteurs à tête unicellulaire et à pied constitué de deux éléments superposés.

Cellules-épidermiques aplaties.

Le mésophylle, chlorophyllien dans toute son épaisseur, possède deux assises palissadiques à la face supérieure ; le reste du parenchyme est constitué d'éléments ovoides ou polyédriques laissant entre eux des méats.

La nervure médiane, très large, se compose d’un arc libérien et de nombreuses files vasculaires séparées par de minces rangées parenchymateuses,

PAL | à Dir

De longs poils tecteurs pluricellulaires, ramifiés et sclérifiés forment de tous Les côtés du pétiole un tomentum extrémement dense.

La nervure centrale est constituée de deux faisceaux libéroligneux juxtaposés, mais nettement séparéset coiffés chacun d’un arc de collenchyme distinct.

Leucophaë Massoniana Webb et Berth.

( = Sideritis Massoniana Benth.).

Origine. — Lieux pierreux de Buena Vista.

Habitat. — Zone maritime supérieure de Ténérife et de Madère. Tige. — Très nombreux poils tecteurs, à membrane assez

fortement imprégnée de lignine, formés d’un axe central pluricellulaire, d’où partent de nombreux bras rigides unicellulaires.

Les quatre colonnes de collenchyme sont réunies par une assise sous-épidermique légèrement collenchymateuse. Le parenchyme cortical homogène se compose d'éléments ovoïdes, L’endoderme distinct a ses parois radiales nettement plissées et subérifiées ; il n’existe pas d’arcs fibreux péricycliques.

Le bois etle liber se développent en un puissant anneau continu à bois secondaire très riche en fibres scléreuses à parois épaisses et disposées en files légèrement sinueuses ; les rayons médullaires sont 1-2-sériés,

Moelle totalement sclérifiée.

Une assise péridermique sous-épidermique à cloisonnement exclusivement externe et centripète, donne un liëge très abondant,

Feuille.— À la face supérieure du limbe, se trouvent de nombreux poils rigides, constitués le plus souvent d’une seule cellule très allongée brusquement élargie à la base, à membrane assez fortement imprégnée de lignine. A la face inférieure, on remarque un tomentum extrêmement dense composé de grands poils ramifiés pluricellulaires à parois fortement sclérifiées.

Mésophylle entièrement chlorophyllien, palissadique à la face supérieure.

Le pétiole est recouvert sur toutes ses faces d’un épais feutrage de poils pluricellulaires, ramifiés, à parois sclérifiées.

Les cellules épidermiques, de petites dimensions, ont leurs parois très épaisses, et pourvues d’une mince cuticule. Les cornes, larges et peu saillantes, ont leurs sommets occupés par un assez fort cordon de collenchyme.

F1G. 16. — Leucophaë Massoniana. — Coupe transversale du péliole (figure schémalique) avec collenchyme sur le pourtour » PSC, parenchyme sclérifié ; pe parenchyme chlorophyllien ; pi, parenchyme incolore ; scl, arcs sclérénchymateux renforçant le collenchyme situé au-dessous du faisceau libéro-ligneux central. Gr. : 25. :

Le faisceau libéro-ligneux central, très grand, a la forme d’un large croissant à bords assez fortement repliés vers le haut ; le liber est coiffé d’un croissant de collenchyme, renforcé luimême d'éléments sclérenchymateux ; le bois se compose de rès nombreuses file: ‘ulair icuë très 1 euses files vasculaires contiguës (fig. 16). Tout le

parènchÿme situé au-dessus de ce faisceau a ses membraries complètement sclérifiées et constitue un puissant tissu de soutien s'étendant jusqu’au collenchyme sous-épidermique, lequel ne comprend que trois assises de cellules.

À la base de chaque corne, se trouve un assez gros faisceau libéro-ligneux muni d’un cordon de collenchyme.

Un tissu assimilateur non palissadique est localisé sur les flancs du pétiole où il forme une zone assez mince.

En dessous de la nervure principale, on remarque un parenchyme fondamental incolore à gros éléments limitant de petits méats et passant graduellement, vers la face inférieure, à un collenchyme ; ce dernier est relié au cordon collenchymateux de chaque corne, par une assise sous-épidermique de même nature.

Leucophaë argosphacelus Webb et Berth.

Origine. — Rochers de Buénavista.

Habitat. — Lieux rocailleux ensoleillés de la région maritime de Ténérife et de Gomera.

Tige. — Section elliptique.

Nombreux poils tecteurs pluricellulaires allongés et ramifiés, à membrane assez fortement sclérifiée.

Les stomates sont surélevés par les cellules voisines audessus du niveau de lépiderme. x

Parenchyme cortical comprenant deux zones : une externe entièrement collenchymateuse, une interne parenchymateuse à cellules polyédriques incolores (fig. 17). Endoderme non subérifié, à parois radiales plissées, accompagné, dans le jeune âge, de fibres péricycliques en petits amas qui ne se voient plus à un stade de développement plus avancé.

Le bois et le liber se réunissent de bonne heure en un anneau continu à bois secondaire considérablement développé avec prédominance des éléments fibreux ; ces derniers, à parois épaisses et à lumen étroit, perdent, par places, leur symétrie radiale pour prendre une disposition de plus en plus irrégulière; les rayons médullaires sont 1, 2 ou 3-sériés,

Moelle complètement sclérifiée et pourvue de nombreuses ponctuations. d

F1G. 17. — Leucophaë argosphacelus. — Coupe transversale d'une jeune tige dans laquelle on observe les deux zones distinctes du parenchyme corlical. Gr.: 135.

Une assise péridermique, à initiales sous-épidermiques, produit un liège abondant sans aucun phelloderme (fig. 18).

Feuille. — À la face supérieure du limbe, on remarque de nombreux poils rigides, allongés, unicellulaires, à membrane complètement sclérifiée et disposés le plus souvent trois par trois, À

CNE

De nombreux et longs poils pluricellulaires ramifiés, à membrane fréquemment imprégnée de lignine, forment à la face inférieure un feutrage très dense. Poils sécréteurs pluricellulaires pédicellés.

FiG. 18. — Leucophaë argosphacelus.— Coupe transversale d’une tige âgée (figare schématique). Le liège s a pris naissance sous l'épiderme ; , liber ; b, bois, (RASE

Le mésophylle, entièrement lacuneux, est constitué d’un tissu à éléments allongés dans le sens perpendiculaire à la surface foliaire et délimitant d’assez larges méats aérifères.

Les faisceaux de la nervure centrale et des nervures latérales, peu développés, se composent d'un peu de liber et de quelques files de vaisseaux de bois.

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