CHAPITRE IL
Labiées de la zone subalpine
Micromeria lachnophylla Webb et Berth.
Origine. — Canadas : 2.200 m.
Habitat. — Rochers de la zone subalpine de Ténérite.
Tige. — Poils tecteurs pluricellulaires non ramifiés, ‘à membrane cellulosique pourvue d’une cuticule. Cellules épidermiques aplaties, à parois épaisses, munies d’une cuticule festonnée.
Colonnes de collenchyme angulaire peu développées.
. Parenchyme cortical très réduit, à 2-3 assises d'éléments ovoïdes limitant de petits méats, en dedans duquel on remarque. un endoderme différencié à grandes cellules complètement subérifiées.
Les quatre faisceaux libéro-ligneux ont leur bois réuni par un sclérenchyme fibreux interfasciculaire.
La moelle, d’un diamètre réduit, est formée de cellules sclérifiées à parois ponctuées. |
Le bois et le liber se réunissent en un anneau continu ; le bois secondaire se compose presque essentiellement d’un tissu fibreux dans lequel sont plongés ça et là des vaisseaux de médiocre calibre.
En dedans de l’endoderme subérifié, une assise péridermique d’origine péricyclique donne naissance à un liège très épais, à l’exclusion de toute trace de phelloderme.
Feuille. — Les bords du limbe,repliés vers le bas, limitent de chaque côté de la nervure médiane proéminente en dessous, une assez profonde dépression où sont localisés les stomates légèrement surélevés (fig. 60).
Nombreux poils tecteurs rigides, pluricellulaires, non ramifiés, à membrane le plus souvent cellulosique et munie d’une cuticule ; cependant, à la base des poils plus robustes, la cellulose s’imprègne partiellement de lignine.
Poils sécréteurs de 2 sortes: les uns à tête unicellulaire portée sur un pied bicellulaire, les autres sessiles et pluricellu-
laires,
F1G. 60, — Micromeria luchnophylla. — Coupe iransversale de la feuille. Gr. : 90.
Les cellules épidermiques aplaties ont leur paroi externe épaissie et pourvue d’une assez forte cuticule sur les deux faces.
Le mésophylle est constitué, à la face supérieure, de deux assises déléments chlorophylliens à forme palissadique accentuée ; au-dessous, on remarque des cellules ovoïdes limitant des méats.
Le faisceau libéro-ligneux central est de petites dimensions, et Son bois se compose seulement de quelques courtes files vasculaires séparées par du parenchyme; il est coiffé, en dessus eten dessous, d’une calotte fibreuse ; au-dessous des faisceaux latéraux se trouve également un cordon de ce même {issu de soutien. Enfin, sur chaque bord replié de la feuille, on observe, dans le mésophylle, un paquet considérable de semblables éléments sclérenchymateux.
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— Ali —
Micromeria helianthemifolia Webb et Berth.
Origine et habitat. — Rochers élevés de la région subalpine de Gran-Canaria. A
Tige. — Poils tecteurs pluricellulaires, rigides, à paroi munie extérieurement d’une cuticule.
Assez gros cordons de collenchyme angulaire, reliés sur deux faces opposées par une assise sous-épidermique collenchymateuse, tandis que, sur les deux autres faces, la plus grande partie de la zone corticale est totalement collenchymateuse. Le reste de l'écorce se compose d’un parenchyme incolore à grands éléments ovoides laissant entre eux des méats et limité en dedans par un endoderme complètement subérifié.
Les quatre faisceaux libéro-ligneux angulaires ont leur bois relié par un sclérenchyme fibreux coupé de faisceaux purement secondaires.
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F1G. 61. — Micromeria helianthemifolia.— Coupe transversale de la feuille,passant par la nervure centrale. Gr. : 135.
La moelle, d'un assez faible diamètre, est totalement sclérifiée.
Le bois et le liber secondaires se réunissent en un cylindre continu à prédominance fibreuse ; le calibre des éiéments vasculaires est plutôt réduit. Une assise péridermique, à initiales
péricycliques, apparait en dedans de l’endo lerme subérifié et ne produit que du liège.
Feuille. — Les poils tecteurs rigides, pluricellulaires, non ramifiés,à membrane munie d’une cuticule, sont asseznombreux sur les deux faces.
Les poils sécréteurs sont de deux catégories : les uns pluricellulaires et sessiles, les autres, à tête unicellulaire, AE sur un pied de trois cellules allongées (fig. 61).
L’épiderme supérieur est constitué de grands éléments à paroi externe extrêmement épaisse ; les cellules de Pépiderme inférieur sont semblables aux précédentes au niveau des nervures, et beaucoup plus petites dans leur intervalle où sont localisés les siomates légèrement surélevés.
Le mésophylle, chlorophyllien dans toute son épaisseur, présente une forme palissadique accentuée dans sa moitié supérieure. à
Toutes les nervures sont très saillantes en dessous.
Le faisceau libéro-ligneux principal, assez large, se compose d’un arc libérien et de files vasculaires plutôt courtes, séparées par du parenchyme ligneux ; il est coiffé, en dessus et en des: sous, d’un gros amas de fibres scléreuses ; les faisceaux des nervures latérales sont garnis aussi, en haut eten bas, de paquets de ce même tissu de soutien, celui qui coiffe le liber atteignant toujours de plus grandes dimensions. Enfin on remarque, sur chaque bord replié du limb» foliaire, dans la. profondeur du mésophylle, un considérable cordon se semblables éléments sclérenchymateux.
Micromeria Julianoides Webb et Berth.
Origine. Rocailles du pic de Teyde, entre 1500 et 2000 mètres.
Habitat — Endroits pierreux de la zone subalpine.
Tige.— Quelques poils tecteurs pluricellulaires non ramifiés. Les quatre colonnes de collenchyme angulaire sont reliées par une assise sous-épidermique collenchymateuse. Le parenchyme cortical, d’une minceur considérable, est limité par un
endoderme à grands éléments subérifiés, renforcé lui-même de fibres sclérenchymateuses péricycliques. En dedans de ces dernières, apparait de bonne heure une assise péridermique génératrice de suber.
Les quatre faisceaux libéro-ligneux angulaires sont réunis par un tissu fibreux interfasciculaire. La moelle, totalement sclérifiée, est constituée de cellules à parois ponctuées,
Fic. 62. — Micromeria Julianoides. — Coupe transversale d’une tige âgée (figure schémalique) ; s, liège ; L, liber; b, bois. Gr. : 25.
A la suite d’une grande activité cambiale, le bois et le liber se réunissent en un anneau Continu, en même temps que le bois secondaire se développe d’une façon considérable. Tout d’abord, les couches sont régulières et concentriques; mais chez les rameaux ayant atteint un certain degré de développement, on remarque une asymétrie qui s’exagère de plus en plus dans la suite, les dernières couches ne faisant plus le tour complet de la tige et se renflant toutes du même côté (fig. 62). Dans tous ces cercles symétriques et asymétriques, on distingue
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deux zones : l’une en majeure partie fibreuse, l’autre plus vasculaire, dont les éléments sclérenchymateux ont des parois plus minces.
L’assise péridermique, se cloisonnant très activement vers l'extérieur, donne un puissant manchon sübéreux dans lequel il existe non seulement du liège dur et du liège mou, mais encore des régions à membranes restées cellulosiques,.
Même dans les tiges les plus âgées, où le bois ne se forme que d’un côté, le périderme se continue sur tout le pourtour. La moelle est d’un diamètre considérablement réduit.
Fi6. 63 — Micromeria Julianoides. — Coupe transversale de la feuille. Gr2590:
Feuille. — La nervuré centrale, très saillante en dessous, forme de chaque côté, avec le bord enroulé du limbe, un profond sillon où sont localisés les stomates surélevés et où les poils tecteurs sont particulièrement nombreux (fig. 63). Ces derniers ont leur paroi épaisse et pourvue d’une assez forte cuticule ; ils sont soit unicellulaires, soit 2-3-cellulaires, allongés et le plus souvent recourbés,
Les poils sécréteurs sont, les uns sessiles, les autres à tête unicellulaire portée sur un pédicelle 2-cellulaire.
Les cellules de lépiderme supérieur ont leur membrane externe d’une épaisseur considérable et revêtue d’une mince cuticule festonnée ; l’épiderme inférieur se compose de plus petits éléments à paroi plus mince.
Le mésophylle est palissadique dans sa moitié supérieure,