‹ Contribution à l'étude sur l'avenir des convulsifs infantilesChapitre 20 sur 24 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Mme P..., 22 ans. — Antécédents héréditaires : Son père a succombé à la suite d’un accident de voiture, à 32 ans ; se portait bien ; pas de renseignements sur ses ascendants. Un oncle paternel est sujet «ux bronchites, se porte bien pour le reste, a trois enfants qui n’ont jamais eu d'accidents nerveux. — Sa mère à actuellement 46 ans. A été sujette, depuis l’âge de 16 ans jusqu’à 19 aas, à des vapeurs, à des crises de larmes, pas d’éclampsie. Une tante maternelle religieuse, paraît bien se porter. Un oncle maternel à un tic facial, il a deux jeunes enfants qui ont eu des convulsions. Un autre oncle maternel à 52 ans, est célibataire, excentrique, a eu des phénomènes de somnambulisme spontané (montait à cheval la nuit).

Mme P ..,à un frère qui n’a jamais eu de maladies qu’une rougeole ; il est marié depuis deux ans, n’a pas d'enfant. Une sœur, plus jeune d’un an, a des crises d’étouffements ; il y a quelques mois, à la suite d’un amour contrarié, elle a fait une tentative de suicide par la vapeur de charbon à laquelle elle a failli succomber.

Mme P...,a eu des convulsions au moment de la première dentition. Depuis lors, jusqu'à sa grossesse, elle n’a pas été un jour malade ; elle est d’une intelligence moyenne, fort calme, n'avait jamais eu le moi:dre accident nerveux. Elle a été réglée à 16 ans, correctement, d'emblée et sans douleur. Elle s’est laissée marier à 18 ans à un homme pour lequel elle n’a jamais eu ni répugnance, ni affection.

Quatre mois après, devint enceinte. Pendant le premier mois de la grossesse, elle fut sujette à des vomissements très fréquents, puis tout alla bien jusqu’à la fin du huitième mois : elle commença à se plaindre d'enflure des jambes. M. le Dr Bellemère constata alors l'existence de l’'albuminurie qui persista jusqu’à l’accouchement. Tout cependant alla assez bien jusqu'aux premières dou-

rues

leurs : Mme P... commença alors à s’exciter, et elle aurait eu un véritable accès de délire avec hallucination de l’ouie, (elle entendait parler des personnes absentes et leur répondait), à la suite duquel survinrent des convulsions éclamptiques qui persistèrent - pendant trois heures à peu près sans interruption, jusqu’à l’accouchement qui ne se termina que par le forceps. Les accidents convulsifs paraissent avoir cessé après la délivrance, et les suites des couches ont été des plus simples. Il était né un enfant mâle qui fut mis en nourrice, et elle fut rapidement en état de se remettre aux soins de son ménage. Tout allait bien, les règles étaient réapparues au bout de six semaines, quand, deux mois après l’accouchement (8 janvier 1881), le mari est réveillé au milieu de la nuit, à 3 heures du matin, par une secousse suivie de trépidations rapides ; le temps de faire de la lumière et les mouvements

avaient cessé. Mme P..., ronflait, il s’écoulait de la bouche de

la salive mousseuse et sanguinolente. Mme P... n'avait pas uriné, mais elle s'était fortement mordu la langue et elle en souffrit pendant plusieurs jours ; elle n'avait eu aucune connaissance de l'accident ; aussi ne s’en préoccupa-t-elle pas. Mais trois semaines plus tard, (le 6 février), en se préparant à son premier déjeuner, à huit heures, Mme P..., pousse tout à coup'un grand cri, tombe en arrière de toute sa hauteur et offre tout les phénomènes de la grande attaque d épilepsie; convulsions toniques et clowniques, morsure de la langue, miction involontaire, perte totale de la connaissance, sommeil de deux heures. La malade ignore complétement ce qui lui est arrivé ; il en est de même pour les attaques successives qui, pendant toute l’année 1881, se sont renouvelées à des intervalles variables de trois semaines à deux mois. Sous l'influence d’ua traitement bromuré, institué à la fin de décembre, les attaques ne se reproduisirent pas pendant trois mois. Depuis lors, sous prétexte de troubles gastriques, le bromure, qui n'avait jamais été élevé aux doses de trois grarames par jour, fut pris irrégulièrement : les attaques revinrent ; elle en eut pendant le mois d'avril et en moyenne, deux par mois jusqu'au mois de mai 1883, toujours avec les mêmes caractères. C’est alors que nous ‘eûmes l’occasion de voir cette malade ; nous portâmes la dose de bromure de potassium à quatre grammes par jour, et conseillâmes de ne jamais interrompre le médicament sous aucun prétexte.

Depuis lors, les attaques ont diminué, mais n'ont pas disparu x du 12 mars aû 28 novembre, elle en a encore eu trois, mais beaucoup moins fortes que les précédentes.

Au moment de l’ éruption de ses premières dents, l'enfant de Mme P. a eu des convulsions. On le dit bien conformé, mais nous ne l'avons pas examiné directement.

OBsERVATION XIII. (1)

Ho.nme ce vingt {et un ans, entre le 24 février, salle Andral, no 7. |

Ses antécédents de famille ne présentent rien à signaler.

Comme antécédents personnels il aurait eu dars son enfance des accidents cérébraux qui furent qualifiés de méningite, et le retinrent longtemps au lit. Jusqu'à l’âge de huit ans, il eut plusieurs fois des pertes de connaissance dont il ne peut préciser les modalités, ni la fréquence. Depuis, sa santé était devenue bonne.

Il travaille comme polisseur d’étain déquis cinq ans. Il eut pour la première fois, il y a trois ans, une attaque de colique de plomb, suivie de trois autres pour lesquelles il est venu se faire soigner à l'hôpital.

Depuis un ou deux mois, il a ressenti des troublesinerveux vagues, des étourdissements parfois suivis dé pertes de connaissance de peu de durée. D'après les renseignements fournis, il ferait des excès alcooliques habituels.

Il y a quinze jours, il a été pris d’un accès de colique. Il a été purgé, les douleurs se sont notablement apaisées, mais il a persisté un état cérébral bizarre, avec obnubilation intellectuelle, et c’est pour cela qu’on l'amène à l'hôpital.

(1) Au moment de publier notre thèse paraît dans les bulletins et mémoires de la socièté médicale des Hôpitaux de Paris, une observation rapportée par M, Menetriez qui nous parait conforme à la thèse que nous soutenons. On y. voit un homme qui, à l’occasion d’une intoxication saturnine, fait un réveil convulsif d'une première manifestation de l'enfance,

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