L: y a donc syphilis sans aucun doute
En outre, le malade est atteint d’ictère depuis trois semaines, ictère apparu sans cause appréciable.
I n’a pas perdu l’appétit, u’a pas eu de vomissements et ne se plaint d'aucune démangeaison.
Cet ictère n’a rien eu de l’ictère catarrhal simple. En présence des accidents observés, on porte le diagnostic d’ictère syphilitique secondaire.
Pour vérifier l’hypothèse émise qu’un chancre mou pris récemment ait pu s'implanter sur un chancre induré, il est fait, avec du pus provenant de la plaie, une inoculation au niveau de l’abdomen.
Le malade est mis à la liqueur de Van Swieten.
.14 février. — Au point d’inoculation, pustüle qui lève tous les doutes.
20 février. — L’ictère commence à disparaître. 24 février. —- Le malade demande à quitter “hôpital.
L’ictère a complètement disparu.
Le chancre mou est en voie de guérison.
La roséole ne laisse plus que quelques traces.
Osservarion IX
(Chapotot, Lyon Médical, 1891).
Le 6 décembre 1888 entrait dans le service de M. Autert, chirurgien de l'Antiquaille, la nommée B..., âgée de 20 ans, couturière. Le père de cette jeune fille est mort jeune ; sa mère est morte à 32 ans de tubercu-
lose pulmonaire. Ni frères ni sœurs. Chlorose vers 14
ou 195 ans. Aucune affection grave.
Menstruation à 15 ans, régulière ; à 17 ans, premiers rapports sexuels. Pas de grossesse.
Elle entre dans le service des filles libres pour des accidentssyphilitiquessecondairesaccompagnésd’ictère.
La première remarque faite par elle sur sa maladie remonte à un mots et demi, donc vers le milieu d’octobre ; elle avait eu un mal de gorge qu’elle soigna avec quelques gargarismes et qui n’a disparu que quelques jours avant son entrée à l’Antiquaille.
Roséole depuis 15 jours à peine.
Vers le début de novembre, elle s’aperçut qu’elle avait les conjonctives jaunes. L’ictère apparut d’abord insi-
dieusement, sans phénomènes généraux, sans frissons,
sans courbature. Après quelques jours, la dyspepsie, |
phénomène habituel chez elle depuis quelques années, s'accentue ; elle fut tourmentée par des douleurs gastriques survenant immédiatement après l’ingestion des
aliments. Puis apparurent des nausées, des vomisse-
Ed
VE à
— 58 — \ ments alimentaires ou bilieux ; en même temps, de quatre à six heures du soir, céphalée intense jusque-là non éprouvée. Insomnies, lassitudes, abattement très accusé. Diarrhée depuis trois semaines. Selles un peu décolorées, fétides.
Nulle trace de coliques hépatiques, pas de démangeaisons. Pas de xanthopsie. À son entrée, l’ictère est généralisé ; la teinte de la peau est olivâtre. Les urines tâchent le linge en jaune ; par l’acide azotique, on obtient la réaction caractéristique de la présence des matières colorantes, biliaires, abondantes. Elle sont d’ailleurs colorées, sans réactifs, en jaune orangé avec reflets verdâtres. Elles sont troubles ; le réactif de Gubler et la chaleùr décèlent une notable quantité d’albumine.
On ne trouve dans l'étiologie rien qui puisse expliquer cet ictère. |
Cette fille habite un quartier peu suspect au point de vue des émanations et où l’on a fait depuis longtemps aucun remaniement de terrain ni créé d'égoût. Elle ne connaissait aucun ictérique dans son voisinage. Elle n'a pas eu de coliques hépatiques. Elle a eu une violente émotion. Son amant, au cours d’une scène de jalousie, l’a menacée de son révolver ; mais elle était déjà jaune depuis trois Jours. Sur ce point, elle est affirmative.
Au moment de son entrée, elle a encore des nausées” elle vomit. La langue est chargée ; un peu de gastralgie, pesanteur épigastrique. Après les repas, la diarrhée persiste. Le foie n'a pas augmenté de volume ; on pro-
voque un peu de douleur vers la partie interne, on en