‹ Contribution à l'étude sur l'ictère de la période secondaire de la syphilis acquiseChapitre 7 sur 27 · PATHOGÉNIE. — NATURE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE. — NATURE

C'est là un point obscur et sur lequel des hypothèses plus ou moins plausibles constituent à peu près tout l’ensemble de nos connaissances.

Gubler supposait l'existence d’une éruption interne sur l'estomac, l'intestin, les conduits biliaires, éruption analogue à celle de la peau.

Lancereaux pense plutôt à une poussée congestive vers le foie et se demande si la compression exercée par les ganglions du hile engorgés ne pourrait pas contribuer au développement de Pictère.

A la suite de congestions hépatiques répétées, écrit Delavarenne, il se produirait un travail du côté des cellules épithéliales des conduits biliares. Ces cellules néo-formées détermineraient de l’obstruction des canalicules, d’où ictère par rétention. |

Quédillac pense qu'il faut incriminer surtout l’altération du sang au cours de la syphilis secondaire, altération qui se manifeste principalement

par une énorme diminution des globules rouges. Cette altération sanguine retentirait directement sur les cellules hépatiques dont les fonctions seraient modifiées. Schræder, de même, croit que la lésion hépatique de l’ictère syphilitique secondaire, survenu sans cause extérieure, par le seul fait de l'infection syphilitique, doit se produire par l'intermédiaire du sang et qu'on a affaire à un ictère infectieux.

Ce sont là des hypothèses pures, aucune autopsie n’a été faite et, pour avoir une opinion ferme, nous pensons qu’il est bon d’attendre d’autres documents moins facilement réfutables.

L'opinion de M. Delavarenne est que les premières manifestations de la syphilis sur le foie sont des poussées congestives. Passagères, elles donneraient lieu à de l'hypertrophie hépatique et, par suite, à des troubles nombreux dont l’un est l'ictère. Dans la syphilis secondaire, ces congestions seraient facilement curables par le traitement spécifique.

Féréol, Rollet, Fournier, etc. nient ou révoquent en doute existence d’un ictère syphilitique à la période secondaire. Jullien n'y voit qu'un catarrhe chronique de la muqueuse digestive propagé au canal chodédoque, quelquefois une simple jaunisse émotive liée à la terreur qu’inspire

la vérole. La lésion intestinale reconnaîtrait ellemême pour origine les troubles généraux qui accompagnent l'invasion des poussées éruptives et affectent, selon les sujets, tel ou tel appareil de moindre résistance. Autrement dit, pour nous servir d'expressions aujourd'hui usitées, il s’agirait d'un ictère non pas syphilitique, mais métasyphilitique, c’est-à-dire ayant sa cause occasionnelle dans la syphils.

Chapotot (Lyon Médical, 1891) admet que, étant donnée la nature infectieuse de la syphilis, elle agit sur le foie comme tantd’autres maladies infectieuses par les toxines accumulées dans ce viscère, lequel est chargé de les détruire.

Quant aux raisons qui font admettre la nature syphilitique de cet ictère que nous étudions, elles sont groupées sous les chefs principaux :

1° Absence des causes ordinaires de la jaunisse ;

2 Coïncidence des accidents les plus aigus des deux affections ; |

3 Evolution parallèle de toutes deux ;

4° Différences plus ou moins marquées et souvent très nette entre la forme et l’évolution de l’ictère catarrhal et celles de l’ictère syphilitique de la deuxième période.

« En somme, ainsi que le disait M. Delavarenne (Thèse de Paris, 1879), en voyant tous ces acci-

dents évoluer simultanément, se tenir en quelque sorte enchaînés, progresser, diminuer ensemble, il est permis d'assurer que tous doivent être sous la même influence.» Et cette influence ne peut être que la syphilis.

ne

ETIOLOGIE

S 1l est vrai que la syphilis est bien la cause de l'ictère qui apparaît parfois au cours de cette affection, pourquoi, se demande Schrœder, parmi tant de syphilitiques, s’en trouve-t-l si peu d’atteints d'ictère secondaire. Il y a là, évidemment, comme dans la plupart des localisations des infectons générales, une question de prédisposition individuelle pouvant dépendre de l’âge, du sexe, des conditions héréditaires ou de causes impossibles à déterminer, qui font du foie un focus minoris resistentiæ.

L'influence saisonnière qui jouait autrefois un si grand rôle dans l’étiologie de toutes les maladies infectieuses, n’a aucune action sur le développement de l’ictère.

L'âge des malades dont nous avons pu recueillir les observations est extrêmement variable (16 à 60 ans) ; on ne peut donc lui attacher d’importance. Le sexe n’en a pas davantage. Hommes

et femmes sont également atteints.

Flore

Très accessoire aussi est l’influence des antécédents héréditaires ou personnels. La plupart des malades étaient le plus souvent absolument bien portants avant leur syphilis. :

Mais on pourrait croire que l’ictère, à la période secondaire, ne se montre que dans Îles syphilis graves atteignant les viscères d’unemanière précoce. Le fait est vrai Jusqu'à un certain point. Presque toujours, l'ictère est apparu dans des syphilis à grand tapage, avec manifestations cutanées et muqueuses abondantes. Mais il n'en est pas toujours ainsi, et dans quelques observations, il est indiqué que les manifestations cutanées n'ont été constatées qu'après des recherches minutieuses.

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