EXCITATION PSYCHIQUE DE L'APPETIT
« En général, les physiologistes et les hygiénistes s'occupent de l'individu qui mange, uniquement, pour donner à son organisme les calories nécessaires et suffisantes ». La majorité des hommes civilisés entrent cependant, comme le dit Pozerskr, dans la catégorie de ceux qui mangent « en partie par nécessité, en partie par caprice ». [Il est vraisemblable que le problème de l’appétit n'existe pas pour ceux qui mangent uniquement par nécessité.
Il faudra sans doute admettre de plus en plus que l’appétit est avant tout un phénomène mental et que les moyens les plus simples pour en corriger les troubles sont les moyens psychothérapiques.
On peut dire, en langage vulgaire, que l’alimentation devient chez l’homme civilisé une « habitude ». Dans bien des cas, l’anorexie est simplement la perte de cette habitude. Cette perte peut être due à l’irréœularité des heures de repas. Nous avons vu en effet que l’homme qui prend ses repas à heure fixe, éprouve de l’appétit à l’approche de l’heure habituelle, en l’ahsence de toute incitation physiologique. Ceux qui ont contracté de telles habitudes, perdent facilement leur
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appétit par simple dérèglement de leur horaire. Il faut ensuite accomplir un long travail de récupération pour que le réflexe conditionnel se rétablisse.
On n'insiste pas assez sur le rôle de l’art culinaire dans le traitement de l’anorexie. Même aux degrés inférieurs de la civilisation, le goût des aliments joue un rôle considérable dans leur consommation. Il en est ainsi à plus forte raison dans les conditions de vie de l'habitant des villes qui mange généralement sans faim. Son appétit doit être éveillé par l’aspect, l’odeur et le goût des aliments. Lorsque ces facteurs d’attraction font défaut, l’appétit ne vient pas et l’on doit attendre d’avoir faim pour se contenter de mets médiocrement présentés et préparés.
On doit également étudier au point de vue psychothérapique les facteurs affectifs qui peuvent altérer l'appétit. Qu'un sujet qui a de graves préoccupations, des ennuis réels ou imaginaires en mange pas, cela n’a rien d'étonnant. Il s’agit là de raisons aussi valables que n'importe quelle maladie organique. De même l’anorexie est un symptôme constant des syndromes dépressifs occasionnels ou périodiques et ne disparaîtra qu'avec la fin de la crise.
Quant aux cas graves, appelés anorexie mentale, leur problème thérapeutique est l’un des plus difficiles. Il y a sans doute des anorexies mentales qui sont des maladies organiques et qui cachent, sous le masque d’une phobie, de graves désordres métaboliques. 11 y 1 cependant, sans doute, des cas d’origine purement psychogène et qui relèvent de la psychothérapie. L’ap-
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plication de celle-ci ne peut guère être faite selon de vagues principes généraux, mais d’après l’état mental particulier de chaque malade. On retrouve à l’origine de nombreuses anorexies mentales un choc émotif, mais contrairement à ce que pensent les psychanalystes, il ne suffit pas de découvrir ce choc pour les guérir.
En somme, les anorexiques graves dont l’état ne semble pas correspondre à une affection organique, doivent être considérés tout d’abord comme des memtaux et traités comme tels en tentant de rétablir un réflexe conditionnel inhibé.