‹ Contribution à l'étude thérapeutique du créosoforme en chirurgieChapitre 12 sur 18 · LAIT AT · texte numérisé non relu

LAIT AT

ne expériences montrent que ne.

n'est pas. toxique mais duerde très hautes « on. k nent la diarrhée ; ÿ on voit par là que si Ton. oulait

faire usage du créosoforme par voie. on la dose thérapeutique serait de 4 4 à 6 Eu pa JOUA É

Mode de Préparation

Nous n’entrerons pas ici dans des détails techniques qui concernent exclusivement les chimistes de profession ; nous énoncerons simplement le principe de la préparation.

Le créosoforme s'obtient en faisant agir l’aldéhyde formique sur la créosote en présence de l’acide chlorhydrique.

La créosote est dissoute dans une solution aqueuse d’aldéhyde formique à 40 0/0 ; on ajoute de l'acide chlorhydrique en excès, environ le 1/4 du volume total du mélange. Ce mélange s’échauffe peu à peu, puis se met à bouillir, et il se sépare une résine jaune verdâtre qui après refroidissement est pulvérisée, lavée à l’eau distillée, puis séchée. Il faut 95,38

de créosote pour obtenir 100 de créosoforme.

Pouvoir antiseptique du créosoforme

Sous forme de poudre, le créosoforme n’empéche pas le développement du coli bacille et du staphylococus aureus, il ne fait que retarder. Nous expérimenterons plus tard sur le spirille du choléra asiatique, sur la bactéridie charbonneuse, sur le streptocoque et le pneumocoque.

Voici ce que nous avons observé : Le 10 octobre à trois heures de l’après-midi nous primes d’une part un premier tubecontenant un bouillon de culture que nous ensemencons avec du coli-bacille et d'autre part un second tube ensemencé avec du coli-bacille, mais nous ajoutons à ce second tube la valeur de 0,02 centigrammes de créosoforme. Ces deux tubes sont placés dans l’étuve.

Le 11 octobre, à 3 heures de l’après-midi, après vingt-quatre heures de séjour à l’étuve, nous constatons que nos deux bouillons présentent un léger trouble. Nous les replaçons encore dans l’étuve et le 12 octobre à trois heures les bouillons présentent la même opacité. Le coli-bacille avait aussi bien poussé dans le bouillon où nous avions ajouté un peu de

créosoforme, que dans celui qui était privé d’antisep-

tique. Nous fimes la même expérience avec le staphylocoque doré et 48 heures après l’ensemencement nos deux bouillons étaient couverts d’un léger nuage, cependant l’opacité du bouillon était moins forte dans celui qui avait reçu du créosoforme.

La conclusion qui découle de ces faits est que, in vitro, sous forme de poudre, l’action antiseptique du créosoforme est peu puissante ; mais n’enest-il pas de même de l’iodo orme et nous disions dans le traité de thérapeutique de Manquat « que Heyn et Rowsing ont constaté que la poudre d’iodoforme mélangée à une culture pure de staphylococusaureus n’empêchait pas d2 nouveaux ensemencements de donner des résultats positifs même après un mois. »

Nous lisons plus loin « Weisser put démontrer que la plupart des bactéries pathogènes ne sont qu'affaiblies par l’iodoforme ; il fait exception pour la spirille du choléra asiastique qui est tuée par contact intime avec cette substance et pour la bactéridie charbonneuse dont la multiplication est retardée sous son influence ; le retard est d’autant plus prononcé que la proportion d’iodoforme est plus forte. »

Nous n'avons pas eu le temps d’expérimenter le créosoforme sur ces microbes, rares dans nos campagnes à l'heure actuelle ; nous nous permettons de nous adresser à un chef du laboratoire pour en faire l'essai et pouvoir apprécier ainsi. les résultats de la poudre que nous préconisons.

Si le pouvoir antiseptique du créosoforme sous forme de poudre est très faible in vitro, on ne saurait nier son action lorsqu'il est en solution alcaline. Voici la note qui nous a été donnée par le sous-directeur du laboratoire municipal qui nous a aidé si gracieusement dans nos recherches bactériologiques. « La dose infertilisante a été obtenue en additionnant du bouillon de culture de dose croissante de créosoforme puis ajoutant à chaque ballon quatre gouttes de culture jeune de coli-bacille ; on a mis en observation à l’étuve à 37° pendant 24 heures.

La dose bactéricide a été déterminée en ensemençant du bouillon neuf avec cinq gouttes du contenu des ballons ci-dessus.

Dose infertilisante pour coli bacille 0,20 0/0.

Dose microbicide pour coli-bacille 0,30 0/0.

Le créosoforme employé étaiten solution au 1/100 dans de la soude. Il suffit de quatre à cinq grammes de soude pour une solution de 1 pour 100.

Pour la bonne réussite de ces expériences, il est dé toute nécessité que les bouillons soient bien alcalins et au besoin, on peut y ajouter quelques gouttes d’une solution de soude ou de potasse au 1/100, car si l’on ne prend pas cette précaution, il ne faudra pas s’étonner de voir une simple goutte de créosoforme en solution au centième, former un précipité lorsqu'elle tombera dans le bouillon.

Pouvoir tokique du Gréosoforme

Le créosoforme n’est pas toxique en effet, nous avons vu qu'un chien ne présentait des symptômes d'intoxication qu'après lui avoir fait prendre pendant douze jours consécutifs du créosoforme àla dose de 10 à 12 grammes.

Chez nos malades, nous n'avons observé aucun phénomène d'intoxication ; il est vrai que nous ne nous sommes servis de ce médicament qu'à titre de topique.

Nous avons à notre tour expérimenté sur l’animal et voici ce que nous avons observé :

Le 17 octobre 1809, à 4 heures de l’après-midi, nous avons ouvert le ventre d’un jeune cobaye et nous lui avons introduit 0,25 centigrammes de créosoforme dans la grande cavité péritonéale, le ventre fut recousu et la plaie pansée avec le créosoforme.

L'animal a survécu à cette opération et six jours après, le 23 octobre, nous avons tué ce cobaye ; nous lui avons ouvert à nouveau le ventre et nous avons

remarqué que tout le créosoforme n'avait pas été encore absorbé, il restait quelques grains de créosoforme disséminés dans la cavité péritonéale.

Le 23 octobre 1899, à, 3 heures du soir, nous opérons sur un cobaye mâle adulte et pesant 750 grammes, et aussitôt le péritoine ouvert, nous lui lançons dans la cavité péritonéale une dose de 0,60 centigrammes de créosoforme et nous recousons, séance tenante, le ventre: sur la plaie, nous appliquons un pansement collodionné au créosoforme.

Aussitôt ce premier cobaye opéré, nous opérons un second cobaye mâle et de la même grosseur que le premier, mais à ce second animal, une dose de 2 gr. 25 centigrammes est versée dans la cavité péritonéale. :

Même pansement occlusif que pour le premier animal après suture de la paroi au catgut.

Le premier cobaye mourut le surlendemain matin, à peine 48 heures après l'opération.

Nous fimes l’autopsie et à l'ouverture du ventre, il s’écoula une quantité de liquide rougeâtre qu’on peut évaluer à 3 grammes, les anses intestinales étaient rouges, le péritoine pariétal ecchymotique en certains endroits. La mort de notre cobaye était due à de la péritonite septique imputable à l'opérateur. Le second cobaye au contraire a survécu à son opération et n’a présenté aucun phénomène anormal les jours suivants.

Mode d’élimination du créosoforme

Le créosoforme pris à l’intérieur s’élimine en grande partie par les reins. Voici à ce sujet le résultat de nos recherches personnelles. Le vendredi 12 novembre nous donnons douze grammes de créosoforme à une chienne, la mème dose est donnée le samedi et le dimanche suivant ; le lundi matin treize novembre nous recueillons les urines provenant des mictions nocturnes et l'analyse qualitative de ces urines nous à fait constater la présence et de la créosote et de l’aldéhyde formique, car nous avons obtenu les réactions spéciales à ces deux corps.

Voici les procedés dont nous nous sommes servis pour la recherche du créosoforme dans les urines, en commençant par les plus simples.

1° Nous avons ajouté à l’urine de notre chien quelques gouttes de perchlorure de fer et nous avons obtenu une coloration verte brunâtre. Ce procédé qui n’est pas très sensible, serait insuffisant si l’on devait examiner les urines d’un animal ou d’un malade ayant

ingéré très peu de créosoforme, mais notre chien

avait déjà absorbé plus de ‘vingt-cinq grammes de créosoforme ; nous avions toutes les chances d'obtenir une réaction. |

2° En second lieu nous avons ajouté aux urines de l’eau bromée et nous avons obfenu la formation du tribromophénol blanc jaunûtre.

En troisième lieu nous avons pris deux cents grammes d'urine et quarante grammes d’éther que nous avons mélangés. Ce mélange a été agité fréquemment, puis l’éther a été décanté et ensuite évaporé à une douce chaleur (le vase contenant l'éther fut mis dans l’eau bouillante). Le résidu que laissa l’évaporation sentait très nettement la créosote. Nous avons fait dissoudre le résidu dans un peu d’eau et une autre partie dans un peu d’alcool; à la solution ainsi obtenue, nous avons ajouté quelques gouttes de perchlorure de fer dilué au 1/100° et nous avons obtenu une coloration verte brune.

En quatrième lieu mous avons opéré de la façon

suivante ; nous avons fait un mélange composé ainsi

qu'il suit :

Uirinée Me Aer so centimètres cubes.

Paudistilléentes 25 Acide sulfurique... 4 né

Nous avons distillé cinquante centimètres eubes de ce mélange ; nous avons ajouté cinquante centi-

mètres d’eau au résidu et nous avons redistillé s0

ne:

CRE pe

centimètres cubes ; nous avons ajouté cette dernière quantité aux premiers $0 centimètres cubes distillés et nous avons recherché la créosote dans ces 100 centimètres cubes de produit distillé : pour ce faire, nous avons versé dans ce liquide quelques grammes d’acide azotique et quelques grammes d'ammoniaque,et nous avons vu se produire une belle coloration rose qui était l'indice de la présence de créosote.

En dernier lieu, nous nous sommes servis du procédé Dequelle (Répertoire de pharmacie, mars 90, page 10),nous avons pris une certaine quantité d’urine : que nous avons mélangé avec une quantité moitié moindre de chloroforme.

Nous avons agité doucement le mélange et nous avons versé le tout dans un appareil à décantation. Lorque le chloroforme fut décanté, il fut reçu dans un tube à essai, et nous avons jeté dans ce tube une pastille de potasse caustique.

Cette pastille s’est couverte d’une tache violette caractéristique de la présence de la créosote. Lorsque les urines contiennent du phénol nous savons que la pastille de potasse prend une coloration rosée.

Toutes ces analyses nous ont démontré surabondamment la présence de la créosote dans les urines,

mais nous avons constaté aussi la présence de traces

‘ d'aldéhyde formique à l’aide du réactif de Villières.

Emploi chigurgical du ceréosoforme

Voilà bientôt trois mois que nous employons le créosoforme dans notre clientèle de campagne, et, disons le d’avance, nos observations sont peu nombreuses et ce sont surtout des faits de petite chirur-

gie que nous rapportons.

Nous nous sommes servis exclusivement de la poudre, car la gaze créosoformée n’existe pas et pour injecter la poudre de créosoforme dans des plaies cavitaires ou dans des abcès froids nous avons fait usage d’un petit appareil que nous recommandons car il peut être stérilisé de toute pièce et il est facilement portatif, et en somme de beaucoup supérieur au pul-

vèrisateur employé dans les services hospitaliers.

L'appareil que la figure représente se compose d’une petite poire en caoutchouc et d’une petite

ampoule en verre fixée sur cette poire.

La première fois que nous eûmes l’occasion d'em-

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