IO3K + 5 KI + 3SO*H2= 3SO*K2+ 3H
En acidulant donc franchement cette solution et distillant, l'iode passera à la distillation. Enfin, si l’on ajoute à cette liqueur acide privée d’iode une solution saturée de bichromate de potassium et que l’on chauffe de nouveau, la petite quantité d'acide iodhydrique qui pourrait avoir pris naissance dans la combustion fournira ainsi son iode.
Tels sont les principes sur lesquels repose la méthode que je propose el que Je vais décrire maintenant avec quelques détails.
J'ai opéré sur un composé très riche en iode, le tétraiodoéthylène C?[* utilisé en thérapeutique sous le nom de diiodoforme et dans lequel le dosage de l'iode ne se fait pas sans quelque difficulté par les méthodes ordinaires.
Ce corps a été purifié avec soin par plusieurs cristalli-
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sations dans le benzène bouillant et séché à l’abri de la lumière. Sa densité (D — 4,25) est trop élevée pour qu’on puisse réduire en pastilles une quantité aussi faible que celle qui a été mise en œuvre.
La difficulté a été tournée de la manière suivante :
Une petite cavité a été creusée dans une pastille de naphtalène, et le composé iodé y a été déposé, soit 0%",294 2 dans une expérience; au-dessus de la substance a été placée une seconde pastille de naphtalène et la combustion a été faite à la manière ordinaire, dans la bombe, au fond de laquelle on avait déposé avant l’expérience 50°° de potasse contenant par litre 2 molécules de KOH.
La combustion terminée, on place la bombe sur un plan, parallèlement à son grand axe, et on la fait rouler pendant quelque temps sur le plan, de manière que la solution alcaline vienne toucher successivement tous Îles points de la surface interne de l'appareil. Cela fait, on laisse refroidir, et alors seulement on détend lentement les gaz; ils doivent être absolument inodores, si l'opération a été bien conduite.
La bombe est ensuite ouverte puis lavée avec soin. Le liquide est placé dans un petit ballon relié à un tube entouré d’un réfrigérant et dont l’extrémité plonge dans une solution aqueuse d'iodure de potassium.
On neutralise alors partiellement la solution alcaline au moyen d'acide sulfurique étendu de quatre volumes d’eau, puis on distille. Quand il ne passe plus d’iode et que l'atmosphère du ballon s’est éclaircie, on ajoute une nouvelle quantité d'acide sulfurique, de manière à rendre la liqueur fortement acide, puis 30°° à 4o°° de bichromate de potassium en solution saturée et l’on disulle de nouveau, jusqu à ce que les dernières traces d'iode aient été enlevées.
Alors on étend la solution iodoiodurée à 200°°, on en prélève 20°° et l’on y dose l’iode au moyen d’une solution
THERMOCHIMIE DES QUINONES. 53
étendue d’hyposulfite de sodium exactement titrée au moyen d’iode pur.
Il a fallu, pour 05" ,2942 de substance, 21°°,9 d'hyposulfite correspondant à 1£°,28 d’iode par litre, soit
Trouvé: I, 95,28; calculé pour C?14 : I — 95,48.
Dans l’opération qui précède, il est indispensable d'a- Jouter l’acide en deux fois, parce que, la solution alcaline étant très riche en carbonate, l’addition d’une trop grande quantité d'acide élèverait notablement la température et pourrait occasionner une perte d'iode entrainé à l’état de vapeur par l’anhydride carbonique qui se dégage.
Les méthodes qui sont décrites plus haut se prêtént également bien au dosage des éléments halogènes dans les composés liquides et volatils, moyennant quelques précautions spéciales qu’on trouvera décrites dans le 7raité de calorimétrie pratique, de M. Berthelot, et qui n’apportent qu’une complication insignifiante.
En résumé, par la décomposition complète et instantanée de la substance, par la rapidité des opérations, ces méthodes sont extrèmement pratiques. On en retirera, en particulier, les plus grands avantages, dans le cas où l’on aura à eflectuer toute une série de dosages.