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REACTIONS D’IDENTITE DE LA MORPHINE

On a, à diverses reprises, tenté de mettre à profit pour la recherche des alcaloïdes leurs propriétés physiques, Bouchardat [1] a proposé le premier l’emploi de la lumière polarisée; Buignet [2] a repris plus tard l’étude de la même question. En toxicologie on ne peut, malheureusement, tirer aucun profit de ces différents travaux, car on ne dispose le plus souvent que de quantités imsignifiantes de matière toxique.

Dragendorff, après Helwig, a indiqué comme procédé -de recherche et de différenciation des alcaloïdes, l’examen au microscope polarisant des précipités alcaloïdiques. Helwig, ainsi que d’autres auteurs, a constaté qu’un certain nombre d’alcaloïdes pouvaient être sublimés; il a étudié la forme et les caractères des cristallisations ainsi obtenues. De cette étude, il déduisit que pour la morphine, le sublimé est granuleux et qu'il cristallise quand on le touche avec une baguette imprégnée d’eau ou d’ammoniaque. Cette sublimation de la morphine explique, d'après Decharme [3], l’action narcotique de la fumée d’opium.

Popolf [4], après Kemp [5] et Hager [6], étudia les picrates d’alcaloïdes. D’après lui, on pouvait ainsi subdiviser les alcaloïdes en groupes : ceux qui précipitent et ne cristallisent pas; ceux qui précipitent et cristallisent; dans ce dernier groupe, l’aspect des cristaux étant quelquefois assez typique pour faire soupçonner la nature de l’alcaloïde cherché.

Vadam [7] à généralisé ce genre de recherches en utilisant

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une série de réactifs de précipitation, capables de donner des indications dans les cas trop nombreux où l’acide picrique est impuissant. De cette façon, il est possible d'obtenir pour chaque alcaloïde plusieurs formes cristallines permettant une meilleure confirmation du diagnostic. Pour la morphine, il utilisa avec succès : le réactif de Lepage, le réactif de Mayer, l’acide picrique et surtout le réactif de Bouchardat.

Denigès [7 bis] a préconisé le perchlorate de sodium comme réactif général pour la microchimie, il en a étudié l’application aux alcaloïdes de la série strychnique et à la morphine.

Barillot [8] avait déjà tenté d'utiliser, pour atteindre le même but, les réactifs généraux des alcaloïdes. Surre [9] redissolvait dans l’alcool absolu le précipité d’iodure double d’alcaloïde et.examinait au microscope polarisant les cristaux formés lors de l’évaporation de l'alcool. Cette recristallisation dans l'alcool fut utilisée par Nelson et Mlle Léonard [10] pour les picrates d’alcaloïdes. Récemment, Reutter de Rosemond et Mile Grutterinck [11] ont essayé de nombreux précipitants rares, par exemple l’acide dinitrobenzoïque, pour la morphine.

Cependant la caractérisation de la morphine ou des alcaloïdes par leurs caractères physiques est peu fréquente, elle est souvent suivie de l’expérimentation physiologique, surtout dans le cas des recherches médico-légales.

Certains auteurs, en effet, préconisent cette expérimentation comme moyen de recherche ou de contrôle dans le cours d’une expertise légale; elle est rarement faite sur de gros animaux comme le lapin ou le cobaye; on utilise en général la grenouille, en suivant les expériences à l’aide d’un cylindre enregistreur :

1° Tracé des contractions musculaires en opérant sur le muscle gastrocnémien (côté droit de la patte); 2 Tracé des mouvements cardiaques.

J. Lopez Lomba [12} a fait une étude assez importante de l’action des alcaloïdes sur la vie des poissons de petite taille,

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il a expérimenté ainsi la morphine sur des épinoches. Hermann [13] utilisait les souris comme animaux d'expériences. La morphine semble avoir sur elles une action assez caractéristique; si on injecte une solution de morphine sous la peau d’une souris blanche, l’animal prend une allure spéciale, ses pattes se raidissent, il se produit une courbure dorsale et sa queue se replie en forme d’S, la pointe se trouvant bientôt au-dessus des oreilles.

Quoi qu'il en soit, on a rarement recours aux propriétés physiques de la morphine et à l’expérimrentation physiologique pour caractériser cet alcaloïde au cours d’une recherche quelconque, et c’est généralement par ses réactions chimiques que ce corps est décelé.

Réactions chimiques générales.

Parmi les réactions chimiques de la morphine, il en est certaines qui sont très générales et s'appliquent à tous les alcaloïdes. Les réactifs généraux des alcaloïdes sont importants en ce sens qu'ils permettent d'essayer si une liqueur renferme un alcaloïde et servent dans certains cas à les séparer de leurs dissolutions. Cependant, ils ne peuvent les caractériser, ou, s'ils Le font, ce n’est que d’une façon tout à fait secondaire. Ils permettent d’abréger les essais préliminaires en indiquant immédiatement s’il y a lieu de poursuivre les recherches. La liste de ces réactifs est assez longue, nous allons ici n’en étudier que les principaux.

[. — IoDURE DE POTASSIUM I0DURÉ. — RÉACTIF DE BOUCHARDAT, R. DE WAGNER.

Ce réactif, qui semble être le plus sensible des réactifs généraux, donne avec la morphine un précipité couleur kermès. En employant ce réactif il faut éviter la présence d'alcool, car les précipités obtenus sont solubles dans ce solvant.

IL. —— IopURE DOUBLE DE MERCURE ET DE POTASSIUM où RéAcTir : DE Mayer [14].

L'emploi de ce réactil-a été préconisé aussi par Planta et Delis, Cossa et Carpené. Sa sensibilité est relativement grande vis-à-vis de la morphine (1/2.500°). Dragendorff critique ce réactif qui est influencé par la présence de nombreux corps tels que l’ammoniaque, l'alcool et l'acide acétique.

Mayer a cependant proposé l’emploi d’une solution titrée de ce réactif pour doser les alcaloïdes à l’aide d’une méthode volumétrique; chaque centicube de sa solution correspondant à 1/30.000° d’équivalent de morphine soit 0 gr. 02. Winckler [15] et de Planta Reicheneau [16] avaient, avant Mayer, proposé ce réactif pour le dosage des alcaloïdes naturels. Delfs, de Vry et Valser [17], utilisant un réactif un peu différent, préparé en dissolvant l’iodure rouge de mercure dans l’iodure de potassium, ont obtenu des résultats autres que ceux de Mayer.

III. —— IopURE DOUBLE DE BISMUTH ET DE POTASSIUM. — Réacrte DE DRAGENDORFF.

Donne un trouble avec des solutions renfermant jusqu'à 1/5.000° de morphine et un précipité avec des solutions ren. fermant jusqu’à 1/2.500° de ce même alcaloïde.

D IV. —— ACIDE PHOSPHOMOLYBDIQUE ET PHOSPHOMOLYBDATE

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