ARTE
proposa une méthode de défécation basée sur le principe donné par Moog pour la désalbumination du sérum dans l’analyse du sang. Cette défécation, applicable aux substances fortement albumineuses telles que le lait, le sang. les viscères, est simple et rapide. Nous y reviendrons d’ailleurs dans un moment.
D'autres méthodes furent proposées ou utilisées pour la recherche des alcaloïdes dans les organes, et parmi celles-ci, nous citerons :
La méthode proposée par Magnin, qui est basée sur la destruction de la matière organique par le brome, méthode qui fut employée par lui avec succès depuis 1913. I cite ainsi en 1925 [26] 29 expertises de viscères avec toxiques alcaloïdes, dont 6 cas avec de la morphine.
Une méthode proposée par Fabre [27], basée sur la protéolyse aseptique des tissus par action de la pancréatine; il y a digestion sans altération des principes étudiés, la filtration étant ensuite rapide et l’extraction des composés organiques simplifiée.
La méthode d’Yllner [28], où l’auteur a recours à la précipitation par l’iodure double de potassium et de mercure, en ajoutant ce réactif à la solution obtemue dans l'extraction par l’eau des matières organiques plus ou moins putréfiées, additionnée d'acide tartrique et d'alcool absolu; il y a précipitation complète et le précipité est insoluble dans l’acétone anhydre, tandis que les précipités de chlorhydrates d’alcaloïdes sont solubles dans l’acétone.
Nous allons étudier maintenant quelques méthodes qui furent données spécialement pour l'extraction de la morphine
4° La MÉTHODE DE GÉRARD, DELÉARDE ET RICQUET [12].
Cette méthode tient compte à la fois des observations importantes de Lamal et de la théorie donnée par Stolnikow, c’està-dire de la transformation probable de la morphine dans
ARR l'organisme en un dérivé d’oxydation (oxymorphine) et en dérivés formés par combinaison de la morphine avec certains acides par le groupement phénol.
La technique en est la suivante :
« Les organes sont pulpés; la pulpe est additionnée d’une quantité d’eau égale au poids de l’organe et on acidifie par l'acide chlorhydrique dans la proportion de 1/10° du poids total du mélange. Lorsqu'il s’agit des urines, on les acidifie dans la même proportion. Le tout est mis à digérer, pendant deux heures, au bain-marie. Au bout de ce temps, on sursature par l’ammoniaque et on agite le mélange, à deux ou trois reprises, avec de l'alcool amylique saturé d’ammoniaque. Les liqueurs amyliques sont mises de côté. D'autre part, on évapore au bain-marie le mélange aqueux, et le résidu obtenu, broyé avec du sable, est épuisé également par l’alcool amylique ammoniacal. Les solutions amyliques sont réunies et agitées avec de l’eau acidulée par de l’acide chlorhydrique. La liqueur chlorhydrique, alcalinisée par l’ammoniaque, est agitée à son tour avec de l'alcool amylique ammoniacal. On distille la solution amylique et, sur le résidu de la distillation, on effectue la recherche de la morphine et de l’oxymorphine par le réactif de Marquis formé par un mélange de 30 centicubes d’acide sulfurique concentré et de XX gouttes de formol. »
Nous ferons à cette méthode les mêmes critiques qu'à la méthode de Erdmann et Usslar. Mais ici il en est une de plus à faire, car cette méthode est donnée comme pouvant servir à l'extraction de la morphine et de l’oxymorphine. Or dans sa thèse sur l’oxymorphine, Dubreuil [29] dit à propos de l’alcoolamylique ammoniacal appliqué à l’extraction de l’oxymorphine : |
« Ce liquide nous a toujours donné, de quelque façon que nous l’ayons préparé, de très mauvais résultats; Bertrand a signalé que dans la solution amylique la pseudo-morphine paraît subir une décomposition; l’altération nous semble être au moins aussi grande avec l'alcool amylique ammoniacal. »
Une méthode analogue à celle-ci fut préconisée antérieurément par Wormley [30], qui fit des essais sur la solubilité de la morphine et de ses sels dans l’alcoo! amylique, puis indiqua une technique pour la recherche de cet alcaloïde dans l'urine, le sang et les tissus.