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artificielle et très stable préparée avec des solutions colorées de sels minéraux dont nous avons donné la composition.
IH. — Avant d'aborder le problème médico-légal proprement dit de la recherche de la morphine dans les viscères, nous avons soumis à un examen critique les méthodes utilisées jusqu'ici par les différents auteurs pour extraire la morphine de ses solutions salines. Nous avons conclu avec certains auteurs, et notamment Marcille dont le travail mérite d’être tiré de l'oubli, que le meilleur agent de libération est le carbonate acide de sodium, et le meilleur dissolvant le chloroforme, agissant sur la solution alcaline préalablement amenée à un titre alcoolique voisin de 40 degrés. Nous avons cependant fait remarquer que, au cours des recherches toxicolo-giques, l'alcool facilitant la dissolution des impuretés, le mieux est de ne pas dépasser une richesse alcoolique voisine de 30 degrés.
IV. — Nous avons ensuite abordé le problème de l’extraction de la morphine de l’urine, puis des viscères ou du sang. Nous aurions voulu pouvoir faire choix d’une méthode unique, simple, applicable à tous les cas. Nous avons dû y renoncer et nous proposons d'employer
a) Pour l'urine, la défécation au réactif de Patein, technique qui nous est personnelle.
b) Pour le sang et les viscères, la méthode à l'acide trichloracétique de Florence.
V. — Nous avons étudié ces méthodes en les appliquant à l'examen d’urines humaines et d’urines ou de viscères provenant de lapins auxquels nous avions administré de la morphine, Elles se sont montrées d'exécution facile et de sûreté aussi grande qu'on peut jusqu'ici le souhaiter.
VI. — Au cours de ces recherches, nous avons constaté que la morphine peut être facilement décelée dans l’urine — ce qui peut permettre de suivre une cure de démorphinisation ou de dépister la morphinomanie — qu’on la retrouve également
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dans les organes d'absorption ou d'élimination. L’élimination de la morphine sous forme de dérivés conjugués ne nous paraît pas prouvée; il semble au contraire que si l’on retrouve parfois plus de morphine après hydrolyse chlorhydrique qu'avant, cela soit dû surtout au fait que'les organes euxmêmes sont mieux dissociés. Nous rapprocherons volontiers cette observation de celle qu'a faite L. Chelle au sujet de l'acide cyanhydrique que l’on retrouve généralement en plus grande quantité dans les organes autolysés que dans les mêmes organes frais. Il nous semble que nous en avons donné une preuve indirecte par l'examen des viscères d’un animal traité à l'héroïne.
VII. — Enfin, nous nous permettrons d’insister sur la remarque suivante d'ordre pratique et tout à fait générale. Chez -les animaux injectés de morphine, nous- avons toujours retrouvé ce toxique dès que nous avons employé la méthode de Florence; or, souvent, les réactions obtenues, quoique très apparentes, furent cependant faibles. Nous avons l'impression très nette que si nous avions dû faire plusieurs parts de nos résidus d'extraction pour y rechercher d’autres toxiques organiques, nous aurions eu des résultats négatifs. Il s'ensuit qu'on ne saurait trop souhaiter que, dans une affaire criminelle, le juge d'instruction s’efforçât de pousser son enquête aussi loin de possible, afin de poser des questions précises à l'expert et d'éviter de se tenir dans de vagues généralités dont. le pire inconvénient est d’obliger le praticien à disperser ses recherches et à multiplier ainsi les causes d’insuccès.