II. - ENTRAINEMENT DU BENZÈNE DU SANG, PAR UN COURANT D'’AIR
Le benzène, entraîné par un courant d’air lent qui barbote dans le sang, peut être dosé suivant les diverses méthodes décrites précédemment pour le dosage du benzène dans une atmosphère.
Ce procédé n’est pas utilisable directement pour les viscères.
Méthode de N. W. LAZAREW [128].
Elle dérive de la méthode de $. P. MaATwEJEw, Y. B. PRONIN et O. Y. Frost [147] déjà décrite.
Quelques centimètres cubes de sang, recueillis sur du citrate ou de loxalate de sodium, sont introduits immédiatement dans un barboteur taré, muni de deux rodages, renfermant du coton de verre qui arrêtera la mousse produite. On réunit le barboteur à l’appareil à combustion, par l'intermédiaire d’un second barboteur à chaux sodée, chargé de fixer l’anhydride carbonique de l’atmosphère extérieure et du sang. On fait alors passer le courant d’air qui entraîne le benzène. Celui-ci sera brûlé en donnant CO, + OH,. L’anhydride carbonique formé sera évalué grâce aux variations de la conductibilité électrique qu’il provoquera en se combinant à une solution de soude.
Méthode de M. PÉRONNET [168 |.
Cet auteur applique, au dosage du benzène dans le sang et les organes, la méthode qu’il à décrite, en collaboration avec R. TRruHAUT [170]. Il réduit au dixième la quantité de mélange sulfonitrique employé, ainsi que celle de tous les autres réactifs, et peut doser des quantités de benzène inférieures au milligramme.
Un courant d’air passe à travers le sang lésèrement chaufté et entraîne le benzène que l’on dose.
Une prise de sang de 25 à 50 g. est placée dans un barboteur de Durand de 250 em”, dont le tube adducteur est muni, à sa partie inférieure, d’une boule percée de trous, très voisine du fond du récipient. Le flacon étant plongé dans l’eau à 40°, on y fait passer un courant d'air lent (3 litres à l'heure), produit par un vase de Mariotte en circuit fermé. Ce volume d'air suffit, dans ces conditions, pour entraîner tout le benzène contenu dans l'échantillon. La mousse produite est retenue par un tube en U garni de coton de verre. Le benzène est transformé en dérivé dinitré, par barbotage dans le mélange nitrant refroidi. La suite des opérations s'effectue comme nous l'avons vu précédemment. On compare la coloration produite, soit à un témoin constitué par de l’eau contenant du benzène et traité dans les mêmes conditions, soit à un témoin artificiel stable constitué par le mélange dans des proportions déterminées de perchiorure de fer, sulfate de cuivre et acide salicylique.
Re
L'intensité de la coloration violette produite est proportionnelle aux doses de chlorure ferrique et de sulfate cuivrique mises en œuvre. L’auteur déclare doser, par cette méthode, 0 mg., 2 à 5 mg. de benzène extrait de 50 cm° de sang, avec une erreur maxima de 5 p. 100 par défaut. Un dixième de milligramme est encore décelable, mais la coloration est trop faible pour permettre un dosage colorimétrique rigoureux. La méthode n’est pas applicable en présence des homologues du benzène.
W.P. YanT, H.H. Parce et P.H. Maurz [215] opèrent de la façon suivante : les organes finement pulpés, placés dans un ballon, sont additionnés de deux fois leur poids d’eau sulfurique à 0,50 p. 100. Un courant d’azote barbote, pendant deux heures, dans le liquide chauffé et entraîne le benzène qui est fixé ensuite par le mélange sulfonitrique. Le dinitrobenzène formé est dosé suivant la méthode de H.F. Suyra jr. [193].
III. — DISTILLATION SUIVIE D'ENTRAINEMENT PAR L’AIR DU BENZÈNE DU DISTILLAT.
Ce mode d'extraction combine les deux procédés: distillation et entraînement par l’air. M. PéRoNNET [168] l’emploie pour le dosage du benzène dans les viscères, mais ne l’a essayé que sur des mélanges artificiels de benzène et d'organes.
Avant d'entreprendre l’étude toxicologique du benzène, il nous fallait avoir une méthode sûre, précise et sensible nous permettant de doser cette substance, d’une part, dans l’atmosphère, d’autre part, dans le sang et les viscères. Nous avons donc entrepris l'étude comparative des méthodes proposées. Nous avons éliminé d'emblée celles qui n'étaient pas spécifiques, ce qui nous à limité à l’étude des méthodes chimiques basées sur la transformation du benzène en son dérivé dinitré.
La pesée du dinitrobenzène formé, nécessitant une identifi-
cation secondaire du produit, a été abandonnée par tous les auteurs.
La méthode de H. F. Suyrx jr. [193] n’est exacte que pour des conditions rigoureuses de px, elle est donc sujette à des
erreurs, comme d’ailleurs les techniques colorimétriques après réduction, par exemple celle de GADASKIN.
Nous n’avons donc retenu que les méthodes utilisant une des réactions colorées données par le dinitrobenzène avec certains aldéhydes, cétones ou oses en milieu alcalin, et, parmi celles-ci, nous avons étudié tout particulièrement la technique de M. PéRonxeT et R. TRuHauT [170] quoique, pour l'application à l’étude des intoxications industrielles, elle présente l’inconvénient de n'être plus utilisable en présence des homologues du benzène.
Appliquée au dosage du benzène dans des atmosphères de concentration connue, elle nous a donné des résultats d’une précision satisfaisante. C’est ainsi que sur un prélèvement correspondant à 19 mg., 1 de benzène, nous en avons retrouvé 18 mg., 7 et, pour 22 mg. : 21 mg., 4, soit des erreurs par défaut de 2 et 2,7 p. 100.
Nous avons essayé ésalement, pour le dosage du benzène dans le sang, la technique indiquée par M. PÉRONNET [168], qui n’est d’ailleurs qu’une application de la méthode précédente, rendue plus sensible par une modification dans la proportion des réactifs.
Nous avons été arrêté ici par une difficulté technique. Alors que l’auteur obtient une extraction complète du benzène du sang, par passage, dans ce sang chauffé à 409, de 3 litres d’air en une heure, nous n'avons pu obtenir un résultat comparable. L'appareil que nous avons utilisé correspondait, à quelques détails près, à celui décrit par l’auteur. Nous avions remplacé par des rodages, les joints de caoutchouc et adopté pour le barbotage, au lieu du tube à boule, le dispositif proposé par M. Péronxer [168]. Avec le débit indiqué par l’auteur, l’air ne passe dans l'appareil que bulle à bulle et le sang, brassé d’une façon insuffisante, conserve son benzène. C’est ainsi qu'il nous à fallu trois passages successifs de 3 litres d'air, dans un échantillon, pour en extraire le benzène.
Nous avons ajouté 6 mg., 72 de benzène, en solution alcoolique, à 50 g. de sang. Par trois extractions sUCCSsIVES NOUS avons obtenu 4 mg., 3, 1 mg., 36 et O0 mg., 73, soib au total 6 mg., 39, le 4€ essai s’est révélé négatif.