GÉNÉRALITÉS
Le benzène a été découvert, en 1825, par FARADAY qui l’isola des produits de distillation d’un liquide résultant de la compression d’un gaz d'éclairage obtenu à partir de certaines huiles. En 1834, MiTSCHERLICH l’obtint par chauffage d’un mélange d’acide benzoïque et de chaux en excès :
C;H, COOH + (OH), Ca = CH, + CO, Ca + OH,
Il en détermina la composition, mesura sa tension de vapeur et le nomma «benzine ».
Peu après, LIEBIG proposa, pour ce corps, la dénomination de « benzol» et LeiGH, en 1842, signala sa présence dans le goudron, fait qui fut confirmé par HOFFMANN.
Enfin, en 1866, BERTHELOT réalisa la synthèse du benzène par polymérisation de l’acétylène.
Le benzène est le premier terme des carbures benzéniques. Plusieurs formules de constitution ont été proposées, mais celle universellement adoptée est due à KÉKULÉ. Elle fait du benzène un carbure possédant une chaîne fermée hexagonale, à trois doubles liaisons :
CH JN HOAUNCH
HC CH D VA DA CH Le benzène est un liquide incolore, mobile et très réfringent.
Pl . 2 / il I1 possède une odeur forte, spéciale, mais non désagréable. Sa
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densité est de 0,868 à + 209, ses vapeurs sont plus denses que l’air, son point d’ébullition est de 8002, son point du fusion de 505 et son indice de réfraction, à 209, de 1,50439. Le benzène est très inflammable, il brûle avec une flamme fuligmeuse et éclairante.
Il est à peu près insoluble dans l’eau. Dans les mélanges d’eau et d'alcool, la solubilité augmente avec le titre alcoolique. Il est miscible à l'alcool absolu, l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone. Il dissout le brome, l’iode, le soufre, le phosphore, les huiles grasses et les huiles volatiles, le caoutchouc, la guttapercha, la cire, diverses résines et un grand nombre d’alcaloïdes.
Le benzène est un constituant d’un certain nombre de pétroles et en particulier de ceux de Bornéo qui fournissent, par distillation, des huiles légères riches en benzène.
On l'extrait des huiles légères, obtenues lors de la distillation du goudron de houille ; cette source est la plus ancienne et la plus courante.
On l’obtient aussi par le « débenzolage » du gaz d'éclairage dont le pouvoir éclairant n’est dû, que pour une faible part, à la combustion des gaz qu'il renferme (hydrogène, méthane, oxyde de carbone); c’est la présence de carbures cycliques volatils et notamment du benzène qui, en réalité, lui communique cette propriété.
En raison de la valeur marchande du benzol, on songea à l’extraire du gaz des fours à coke et CARvVÈS, en 1884, fit breveter un procédé qui consiste à faire barboter le gaz dans des huiles lourdes qui fixent le benzol.
Dans les usines à gaz, le débenzolage, diminuant le pouvoir éclairant du gaz produit, n’était pas effectué jusqu’à la guerre de 1914-1918. A cette époque, en raison des besoins en benzol, cette opération fut rendue obligatoire dans les cokeries et les usines à gaz.
Cette mesure fut rapportée en 1918, mais rétablie en 1923.
Que le benzol soit extrait du goudron ou retiré du gaz d’éclairage, il subit, avant d’être livré à l’industrie, une purification
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relative l’amenant à l’un des deux types commerciaux suivants : 1° Benzol à 90 (90 p. 100 distillant au-dessous de 1000 et le reste entre 1000 et 1200).
Il renferme de 80 à 85 p. 100 de benzène, 13 p. 100 de toluène et 2 à 5 p. 100 de xylène, ainsi que de petites quantités d’impuretés : sulfure de carbone, pentane, thiophène et des traces d’eau.
29 Benzol à 50 (50 p. 100 distillant au-dessous de 1009, le reste entre 1000 et 1400).
Il contient de 40 à 50 p. 100 de benzène, le reste étant constitué par le mélange des homologues supérieurs et des impuretés.
Nous allons envisager successivement les intoxications industrielles et leur prophylaxie, puis les mtoxications thérapeutiques, beaucoup plus rares.