DANS L'ORGANISME
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A. — Localisation
Les premières données expérimentales sur la répartition du benzène dans l’organisme sont dues à G. JoacHimoGzu [107], en 1915. Cet auteur à mis au point une méthode de dosage du benzène dans le sang et les organes et réalisé, sur trois Chats et un Chien, des intoxications aiguës par voie respiratoire et, sur un Cobaye, une intoxication par voie gastrique. Les Chats, placés dans une atmosphère renfermant 55 à 60 mg. de toxique par litre, sont morts en moins de 2 heures.
Le benzène était surtout localisé dans le cerveau, 70 mg. p. 100 g., dans le foie, 25 mg. et dans le sang, 12 mg. Le tissu adipeux, examiné dans un cas, s’est montré très pauvre en benzène, 1 mg., 5 p. 100 g. Chez le Chien, mort en 2 heures 1 /2, G. JoAcHIMOGLU [107], trouve la moelle épinière très riche en
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toxique, 27 mg. p. 100 g., puis vient le cerveau, avec 18 mg., 2, le foie, 12 mg., 6 et le sang, 6 mg., 6.
Dans le cas du Cobaye ayant reçu 15 em° de benzène, par voie gastrique à l’aide d’une sonde, le cerveau se montre le plus riche, avec 31 mg., puis le foie, avec 13 mg. p. 100 g. de tissu frais. Cet auteur a eu le grand mérite de montrer que le benzène avait une grande affinité pour les lipides du cerveau et de la moelle épinière, fait expliquant les accidents nerveux constatés lorsque la dose toxique est assez élevée.
Des recherches sur la localisation du benzène dans l'organisme ont été effectuées par A.0. GeTTLer [79], en 1923, puis par G.F. KoPPENHÔFER [116], en 1935, chez des individus ayant succombé à des intoxications aiguës, dans un cas, par
inhalation d’une mixture à base de benzène, dans l’autre, à la suite d’un accident s'étant produit au cours du nettoyage, au moyen de benzol, d’une cuve ayant contenu de l’asphalte. Ces auteurs, utilisant la méthode de G. JoaAcHIMOGLU [107] qu'ils avaient légèrement modifiée, ont pu doser le benzène dans les viscères et en retrouver des quantités appréciables.
La recherche du benzène dans le sang et les organes est donc une confirmation précieuse pour le diagnostic médico-légal.
Ces travaux ne nous permettent pas de tirer de conclusion intéressante au point de vue de la localisation. Les intoxications semblent s'être déroulées dans des conditions analogues et cependant, les teneurs en benzène des organes sont tout à fait différentes.
Il nous à semblé intéressant de préciser certaines notions et de rechercher, non seulement la teneur en benzène des principaux viscères, mais aussi, d'étudier, grâce à la méthode très sensible que nous avons mise au point, sa localisation dans certains organes de volume restreint, mais dont l’importance physiologique est primordiale, nous voulons parler des glandes à sécrétion interne.
Dans ce but, nous avons effectué nos expériences sur le Chien dont les organes ont une taille suffisante pour être facilement séparés et nous avons étudié la localisation du benzène dans l’intoxication aiguë ou chronique.
Dès la mort de l’animal, le sang et les principaux organes : foie et bile, poumons, reins, rate, cœur, pancréas et une quantité suffisante (80 g. environ) de tissu adipeux, étaient prélevés, ainsi que les glandes endocrines. Le cerveau et le cervelet ont été recueillis soit en bloc, soit séparément. Nous avons prélevé la moelle osseuse : les os longs étaient débarrassés du tissu musculaire qui s’insérait sur eux, puis sciés perpendiculairement à leur grand axe, la moelle était aspirée à l’aide d’une pipette effilée. Tous ces tissus étaient introduits immédiatement dans des flacons préalablement refroidis, de taille en rapport avec le volume de lorgane. Ces flacons hermétiquement fermés étaient portés aussitôt à la glacière. Les dosages étaient effectués dans
les 24 heures suivant le prélèvement, selon notre technique décrite précédemment.
Nous avons toujours vérifié que le benzène était extrait en totalité des viscères, et, dans ce but, nous faisions une seconde extraction à partir du résidu. Pour les moyens et les petits organes, nous n'avons Jamais décelé de trace de benzène dans le distillat ainsi obtenu. Pour les gros organes, tels que le foie, nous avons parfois trouvé, dans ces conditions, de faibles quantités de benzène, ne dépassant pas 5 p. 100 du total. Pour le sang et le tissu adipeux nous avons opéré avec les précautions indiquées dans la technique et nous avons obtenu ainsi de bons résultats.
Rappelons que notre méthode de dosage nous permet d’apprécier des quantités de benzène comprises entre 2 et 5 mg. Cette sensibilité a suffi dans la plupart des cas, cependant, il nous à fallu parfois évaluer des teneurs plus faibles, nous y sommes parvenu en comparant les spectres d'absorption obtenus à ceux de dilutions croissantes de benzène dans l'alcool; l'erreur, dans ce cas, est inférieure à 10 p. 100.