TABLEAU N0 XXXI
- Localisation du benzène dans l’intoxication chronique
. Chien V | 5 Taux | a VESTE MAN ee | POIDS de Here | TAUX te :
ORGANES OÙ TISSUS du SO | rene pau rapport PRÉLEVÉS prélévement | dans | eti ing. | Rares | en grammes l'échantillon pour 400 g. | Su nt | | HO An te OT 20 Re 3,6 Poumon cree | 71 2 | DS 1,6 RÉINS Ru memes 73,5 00 4,8 2,8 RAR TAC TAUE PEL 1 5,5 3,1 COEUR AN ENT Ier 60,5 4 | 6,6 3,8 (AE DI ENS ER | 65,5 3 | 4,6 | 2,6 Moëlle osseuse...... 1,7 | 0,5 | 29,4 | 16,8 Surrénales ......... 1,4 | 0,1 | vel 4 OVAITE Er en | 0,85 | 0,05 5,9 | 3,4 Tissu adipeux...... | 88 80 9,1 | 5,2 PIERRE T elec | 18 185 8,3 4,7 DA NT ie 74 | 5 17 Il
Ÿ 5 s fai e € e tous les autres La teneur du sang est plus faible que celle de tous les au: tissus. C’est, nous le pensons, un bon critère des imtoxications
chroniques.
Le taux dans la moelle osseuse se détache nettement des autres. Cette localisation élective correspond aux modifications de la formule sanguine, trouvées chez ce Chien, modifications qui constituent l'élément principal et caractéristique de l’intoxication chronique.
Le taux du tissu adipeux est élevé, mais à un degré moindre que lors de l’intoxication subaiguë.
La haute teneur de la bile indique l’élimination du toxique par cette vole.
Le benzène a été décelé, en quantités appréciables, dans les surrénales et les ovaires, mais nous n’en avons pas trouvé dans les thyroïdes.
Cette étude de la localisation du benzène nous permet de tirer des conclusions très intéressantes et qui, par leur généralité, dépassent le cadre de l’intoxication benzénique. Si nous comparons les trois intoxications :suraiguë, subaiguë et chronique, nous constatons que, dans la première où la dose massive tue rapidement l’animal, le taux dans le sang est élevé. Dans le second cas, le benzène du sang circulant a eu le temps de se fixer sur les viscères où l’on en trouve des taux déjà importants.
Dans l’intoxication chronique cette fixation sur les organes s’est accentuée et ils en renferment des quantités plus fortes que le sang lui-même.
Un second point doit être souligné, c’est le rapport étroit existant entre la localisation du benzène et les effets toxiques constatés.
Dans l’intoxication aiguë, où les symptômes nerveux tiennent la première place, on voit le toxique se fixer électivement sur le cerveau. Dans l’intoxication chronique par contre, la moelle osseuse est de très loin la plus riche en benzène, ce qui cadre admirablement avec le fait que les modifications de la formule sanguine caractérisent cette intoxication.
B. — Elimination
Si nous retrouvons des quantités notables de benzène dans les viscères après les intoxications relatées précédemment, il n’en est pas de même lorsque la recherche du toxique est pratiquée chez un animal tué plusieurs heures après inhalation, même si celle-ci avait été reproduite quotidiennement depuis plusieurs mois.
Le benzène s’élimine done. Nous avons en effet noté, lors de toutes nos expériences, l’odeur caractéristique de l’air expiré par l’animal, odeur qui persiste plusieurs heures après la sortie de la cage.
L’élimination par voie respiratoire est, en effet, la plus importante, mais l'évacuation d’une partie du toxique par les excrétats n’est cependant pas négligeable. C’est un fait, établi depuis longtemps, que le benzène est oxydé dans l’organisme en phénol et diphénols (pyrocatéchine et hydroquinone), ces produits étant éliminés par les urines, à l’état conjugué avec l’acide sulfurique ou l’acide glycuronique. Nous avons, en effet, constaté que, chez tous nos animaux intoxiqués, les urines prenaient à l’air une coloration foncée due à la formation de dérivés quinoniques.
L’oxydation peut être plus profonde avec ouverture de la chaîne et formation d’acide muconique, suivant l’équation
+ 20, — HOOC — CH = CH—CH = CH — COOH
M. Jarré [104], puis D. Fucus et A. V. Soos [73], ont pu démontrer sa présence en très faible quantité, 0,2 à 0,3 p. 100
du benzène ingéré, dans les urines d’animaux ayant reçu ce produit per os et chez des leucémiques en traitement.
Le pourcentage et la vitesse d’oxydation sont très variables suivant l'espèce considérée et la voie d'introduction et sont à peu près constants pour un même individu.
La proportion de phénol formé dans l'organisme à partir du benzène est, pour M. Nencxt et N. SIEBER [155], un test de l'intensité des phénomènes d’oxydation.
A partir des mêmes quantités de benzène, le Chien forme moins de phénol que l'Homme et le Lapin. Ceux-e1 oxydent 1/4 à 1/3 du benzène absorbé et le Chien 1/7 seulement. L’élimination urinaire des phénols, chez le Lapin, au cours de l’intoxication benzénique par voie respiratoire, à été étudiée par F. Sarrorius et M. SUDHUES [178]. Ils ont montré que, pour une dose de 13 mg., 6 de benzène par litre, administrée quelques heures par jour, le taux des phénols urinaires éliminés, normalement de 2 mg. par litre, augmente fortement dès le début de l’intoxication, il peut atteindre 50 fois le taux normal. Si l’on arrête l’intoxication, la quantité de phénols éliminée. diminue progressivement, le retour au chiffre normal n'a leu qu'après D Jours.
Le phénol ne s’élimine pas à l’état libre, mais combiné à l'acide sulfurique et à l'acide glycuronique, d’où des modifications du rapport du soufre minéral au soufre neutre ou conjugué, ce dernier augmentant considérablement.
I. Son [194], puis H. BoruTrTaU et E. STADELMANN [18], signalent ce fait, dans l’urine des leucémiques traités par le benzène, en même temps que la diminution du rapport azoturique et la présence d’albumine.
E. H. CazLow et T. S. HeLe [24] retrouvent, chez des Chiens recevant le benzène par voie buccale, l'augmentation dans l'urine du soufre neutre et pensent qu'il y a formation d’acides mercapturiques. De plus, W. P. Vanr et ses collaborateurs [217], dans des expériences sur le même animal, trouvent que la modification du rapport semble parallèle à la concentration du benzène
pee ur AA DR :
dans l’air respiré et pouvait être utilisée comme signe précoce du benzénisme chronique [216] [217].
$ , ne Enfin, H. Josr [109] note, chez des ouvriers intoxiqués, l'augmentation du soufre neutre urinaire ainsi qu'une élévation du taux de l’acide glycuronique excrété.
Les auteurs ont étudié le mécanisme intime de la transformation du benzène dans l'organisme et ont recherché où se faisait l'oxydation. M. PÉRONNET [169], en particulier, a étudié les variations des phénols sanguins, chez le Lapin, au cours de l’intoxication par voie respiratoire.
Il n’a pu trouver d'augmentation de ces phénols, en raison du manque de sensibilité des méthodes de dosage.
Nous avons, chez nos animaux en expérience, recherché la présence de phénols dans l’urine. Celle-ci, préalablement acidifiée par l’acide phosphorique, était soumise à la distillation. Dans les premières portions, nous avons effectué les réactions classiques des phénols : précipitation par l’eau de brome, réaction de Miccon…. L'intensité des réactions obtenues surpassait nettement celle donnée par les urines normales, qui ne contiennent que des traces de phénols.
Le benzène s’élimine done par trois voies principales : voie respiratoire, la plus importante; voie urinaire, après oxydation en phénols et enfin par les fèces comme nous le montrent les quantités importantes de benzène trouvées dans la bile après
intoxication.