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Les conditions essentielles sont, avons-nous vu, que l'individu soit à jeun, qu'il soit à un optimum thermique et qu'il soit dans des conditions idéales de repos physique et moral. La première de ces conditions, le jeûne, est aisée à réaliser. Les sujets acceptent facilement de se présenter au jour convenu sans avoir absorbé la moindre nourriture. Il est bon cependant de se rappeler que les repas de la veille peuvent avoir une certaine influence, modifiant parfois de façon considérable les échanges gazeux, ainsi que l’a montré KLEITMAN (73) (1926), qui obtint, par vingt-quatre heures, des variations de l’ordre de 430 grandes calories, selon que la veille il soumettait ou non son patient à un régime hyperprotidique. Il semble que ce soient surtout les protides qui produisent de telles variations ; l'expérience de DENEL
(1928) le prouve, qui obtient un abaissement du métabo-
lisme basal après absorption d'un régime riche mais sans protides pendant deux mois.
Quant aux conditions relatives à la température, elles sont encore moins observées. L'optimum thermique pour l'homme a été déterminé comme oscillant aux environs de 25-27 degrés centigrades, température à laquelle le sujet nu est en parfait équilibre thermique. Or, la mesure se fait généralement à une température plus courante, voisine de 18-20° ; le sujet n'est plus alors nu, mais légèrement vêtu, ce qui permet de comprendre qu'il puisse exister des variations importantes selon la façon dont le sujet est vêtu et aussi et surtout selon la façon dont se fait sa régulation thermique ; et l’on sait que cette dernière fonction est éminemment variable selon les individus.
En plus, il est intéressant de rapporter ici les expériences
de KLOTZ relatives aux modifications du métabolisme basal
sous l'influence du froid. Cet auteur a démontré qu'un abaissement de la température à + 5° C. provoquait chez tout le monde une augmentation du métabolisme basal, mais le pourcentage de cette äugmentation n'est pas le même selon que le sujet est normal (+ 33 %), hyper-
thyroïdien (+ 50 %) ou hypothyroïdien (+ 25 %).
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Le repos physique peut s’obtenir facilement, mais il est loin d'en être de même pour le repos psychique et moral. [Il n'est pas tenu compte le plus souvent de cette dernière condition et cependant elle joue un rôle essentiel dans les échanges gazeux. Il ne faut pas perdre de vue que cette condition est d'autant plus importante que la mesure du métabolisme basal s'applique en général à des gens suspects d'hyperthyroïdie, c’est-à-dire à des sujets déséquilibrés, hyperexcitables. Nombreux sont les auteurs qui se sont attachés à montrer l'importance du facteur psychique dans la réalisation de ce test. LAROCHE (74), dès 1921, notamment, insiste sur l'importance de ce facteur psychique comme élément d'erreur. Plus récemment, ERFMANN (75), en 1947, publie le résultat de ses études sur ce sujet et 1l confirme pleinement l'opinion de LAROCHE. Le psychisme peut être dans une certaine mesure responsable des modifications du rythme respiratoire. Or, l'on sait que si le métabolisme basal est diminué, abaissé par une respiration insuffisante, il est par contre nettement augmenté par l’hyperpnée. Et l’on comprend aisément que la simple application du masque puisse provoquer une émotion et partant un trouble respiratoire ; même chez le sujet sain de contrôle, 1l est malaisé d'obtenir qu'il conserve un rythme respiratoire normal et constant. Certains auteurs (76) pensent que pour éviter les émotions, il serait bon que l'opérateur, en général un médecin pressé, soit remplacé par une infirmière qualifiée, pleine de prévenances et disposant du temps nécessaire pour rassurer le patient et lui laisser le temps de s’accommoder.
Le métabolisme basal étant rapporté au mètre carré de surface corporelle, cet élément intervient encore dans le coefficient d'erreurs de l’examen. Si l’on peut admettre que les tables donnant la surface d’un individu déterminé en raison de sa taille et de son poids, sont, grosso modo, exactes pour des sujets moyens, il n’en est pas de même dès que l'on s'écarte de cette moyenne. Deux exemples sont typiques : celui de l'enfant et celui de l’obèse ou du sujet œdématié.
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Compte tenu des différentes causes d'erreurs que nous venons de relater brièvement, l'épreuve du métabolisme basal peut-elle être considérée comme un moyen de tester l’activité thyroïdienne, l'augmentation de ce métabolisme peut-elle même être considérée comme un reflet, un signe spécifique de l’hyperthyroïdie ?
On a trop facilement tendance, avons-nous déjà dit, à
considérer « l’évolution du métabolisme basal comme un
procédé fidèle de mesure de l'activité thyroïdienne » (SERGENT, 1947, p. 929). Or, s’il est exact de reconnaître à la thyroïde une active participation dans l'équilibre des échanges gazeux, il est par contre inexact de considérer que seule elle intervient dans ce domaine. Qu'il nous suffise de rappeler les principales causes de variation du
métabolisme basal en dehors du dysfonctionnement thy-
roïdien, pour montrer rapidement l'absence de spécificité de ce test. On peut les classer sous trois grandes têtes de chapitres : les variations physiologiques, celles dues aux endocrinopathies, et celles survenant en dehors des états endocriniens.
= Dans la première catégorie, rappelons que le métabolisme basal augmente sous l'influence de la nutrition lorsqu'existe
une suralimentation en protides. L'influence du sexe se fait.
également sentir : normalement, à partir de 12-15 ans, le métabolisme basal de l’homme est supérieur à celui de la
femme, sauf au cours de la grossesse, et plus précisément
après le cinquième mois, où l’on note une augmentation de l'ordre de + 15 à + 18 %. Enfin, les modifications de la respiration, comme nous l'avons déjà vu, sont susceptibles de produire une augmentation du métabolisme basal : les dyspnées de quelque origine qu'elles soient et quelquefois même seulement le simple accroissement de l'amplitude
des mouvements respiratoires. Par opposition, nous notons:
un abaissement dans les états de dénutrition et même chez les végétariens apparemment florides.
La menstruation produit le même effet, mais il est plus vraisemblable que cette diminution soit due aux différents