TESTS BASÉS SUR LES MODIFICATIONS DES ÉCHANGES NUTRITIFS
On a cru, après l'étude des échanges gazeux, pouvoir tirer d’utiles renseignements de l'examen de chaque métabolisme séparément. Différents auteurs se sont donc attachés à étudier de près les modifications de ces métabolismes au cours des dysthyroidies.
a) Métabolisme glucidique.
C'est à ALTHAUSEN (86) que nous devons la première étude approfondie des « troubles du métabolisme des hydrates de carbone dans l’hyperthyroïdisme ».
Il montre dans ce travail qu'il existe chez les hyperthyroïdiens une nette accélération du processus intestinal d'absorption du galactose. En 1941, Rivorre (87), se basant sur ces travaux, propose le test de la galactosémie provoquée, selon une technique actuellement bien connue. Chez le sujet normal, une heure après l'ingestion de galactose, le taux de celui-ci dans le plasma est voisin de 15 cgr. par litre. Chez le sujet hyperthyroïdien, on note une augmentation très importante de ce taux de galactose plasmatique atteignant 50 c£r., Ï gr. et même davantage. Selon l'auteur, ce test serait Hedique et |’ augmentation du taux de galactose serait même proportionnelle à la sévérité du processus hyperthyroïdien dans la mesure où une insuffisance hépatique, même mineure et inconnue, ne vient pas fausser les résultats de cette épreuve.
Nous ne ferons que citer ici les {tests » de l’hyperglycémie et de la tolérance aux hydrates de carbone dont on ne peut faire en réalité des « tests » de dysthyroïdie, de nombreux facteurs autres que le facteur thyroïdien intervenant dans ces processus et pouvant modifier de façon parfois considérable les résultats de ces épreuves.
D 40 b) Métabolisme protidique.
L'étude du métabolisme azoté se résume dans le cadre des affections thyroïdiennes à deux procédés : l'étude de . l'élimination azotée urinaire et le dosage da glutathion oxydé. La mesure du taux de créatine urinaire ou sanguine, le dosage de l'amino-acidurie, sont actuellement abandonnés.
L'épreuve du glutathion oxydé du sang a été proposée en 1937 par RIVOIRE et BERMOND (88). Ces auteurs écrivent à ce sujet que « la disparition du glutathion oxydé du sang, ou tout au moins une forte diminution du quotient glutathionémique, s’observe dans la quasi-totalité des cas d’hyperthyroïdie, et pratiquement jamais en dehors de cette maladie »..
Ce test semble effectivement sensible, mais nous relevons contre lui un inconvénient majeur : le taux du glutathion oxydé tombe assez bas pour n ‘être plus dosable, aussi bien dans les affections sévères que dans les formes frustes d'hyperthyroïdisme. Il serait préférable que la réponse obtenue fut en même temps quantitative. Or, elle est strictement qualitative.
c) Métabolisme lipidique.
Le métabolisme des lipides s’étudie en pathologie thyroïdienne à travers les modifications du cholestérol sanguin. On a, en effet, montré que la cholestérolémie subissait certaines variations en relation avec le fonctionnement thyroiïdien du sujet. Expérimentalement, le taux de cholestérol sanguin monte chez les animaux thyroïdectomisés, tandis qu'il diminue, au contraire, sous l'influence de la thyroxine.
En clinique humaine, on a constaté l'élévation de la cholestérolémie dans les cas de myxœdème et son abaissement dans les cas d’hyperthyroïdie (EPSTEIN et LANDE Ke = Guy LarocHE (90).
Ce dernier auteur, dès 1929, montre que ces modifications sont par trop inconstantes et modérées pour qu’on leur