‹ Contribution à l'histoire de l'equitatus romainChapitre 1 sur 13 · CONTRIBUTION A L’HISTOIRE · texte numérisé non relu

CONTRIBUTION A L’HISTOIRE

DE

L’EQUITATUS ROMAIN

Par M. W. HELBIG

ASSOCIÉ ÉTRANGER DE l’aCADÉMIE

Dans un travail publié dans les Mémoires de V Académie , tome XXXVII (1902), p. 157 et suiv., j’ai exposé mon opinion sur les tTnuetç dans les Etats grecs des viic et VIe siècles av. J.-C. C’étaient des citoyens qui entraient en campagne non pas comme soldats de cavalerie, mais comme hoplites montés; ils ne faisaient à cheval que les marches et combattaient généralement à pied. Iis se divisaient en deux catégories. Chaque hoplite de l’une de ces catégories entretenait deux chevaux, dont l’un était monté par l’hoplite luimême, l’autre par son valet. Chacun des hoplites appartenant à la seconde catégorie ne disposait que d’un seul cheval qui, selon les circonstances, servait comme moyen de transport soit à l’hoplite, soit à son valet, soit à tous les deux. Les hoplites , une fois arrivés à cheval au champ de bataille, mettaient pied à terre, donnaient les montures à garder à leurs valets et se rangeaient dans la phalange dont le choc devait décider du sort de la journée. Lorsque

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les États grecs abolirent les hoplites montés et organisèrent une cavalerie dans le sens précis du mot, le mot êtct rsïç, qui jusqu’alors avait servi à désigner la première troupe, fut appliqué à la dernière. C’est pourquoi les générations suivantes oublièrent bientôt le caractère de la troupe qu’anciennement avaient formée les fouTueîç, et commencèrent à croire que les nuiueiç, dès le début, avaient été des soldats de cavalerie. Aristote lui-même1 commet cette erreur. 11 dit qu’après l’abolition de la royauté, dans la plupart des États grecs, le gouvernement échut d’abord aux braeïç. Cela veut dire que les bnueïç seuls y jouissaient de tous les droits politiques. Il résulte des monuments grecs des ^ie et VIe siècles que ces îtctusTç entraient en campagne comme hoplites montés. Aristote supposait qu'ils faisaient leur service militaire comme soldats de cavalerie.

Dans la note que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie, je démontrerai que les équités romains passèrent par les deux mêmes phases que les buTüetç grecs. Originairement , c’étaient des fantassins montés. Ce ne fut qu’à l’époque des guerres samnites que les Romains organisèrent une véritable cavalerie, c’est-à-dire une troupe capable de combattre indépendamment de l’infanterie, en mettant à profit, selon les circonstances, soit la vitesse, soit la pesanteur des chevaux. De même que l'ancienne troupe de fantassins montés, la nouvelle troupe était appelée equitatus. Avec le temps , les Romains oublièrent qu’il y avait une différence considérable entre les deux troupes et, habitués qu’ils étaient à appliquer le nom d 'équités à des soldats de cavalerie, ils supposèrent que Y equitatus, dès le début, avait été composé de pareils soldats. Cette erreur est tout à fait analogue à celle des Grecs quant aux bnr£Îç.

Les annalistes, dans lesquels Tite-Live et Denys d’Halicarnasse puisèrent les descriptions qu’ils donnent des

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