Chapitre VI. De la collation du grade de Pharmacien
Après avoir rempli avec succès les conditions prescrites ci-dessus les assistants pharmaciens peuvent acquérir le grade de pharmacien en soutenant avec succès un examen public en présence des professeurs et des membres du Collège (269). — L'examen public... consiste à soutenir trois thèses pour chacun des traités de minéralogie et de botanique et quatre pour chacun des traités de chimie et de pharmacie théorico-pratique. Ces thèses sont tirées au sort... Quatre membres du Collège désignés par le sort doivent argumenter contre les candidats sur les thèses sus-mentionnées. — Un diplôme délivré par le président de l’Université ensuite du susdit examen public subi avec succès, confère au candidat la faculté d'exercer la pharmacie dans toutes les provinces du Royaume.
Chapitre VII. Dispositions particulières pour les étudiants des provinces de Nice et de la Savoie.
Les jeunes gens des provinces de la Savoie et de la Division administrative de Nice, qui désirent suivre le cours de pharmacie ouvert dans les écoles universitaires secondaires de Chambéry et de Nice pour y être approuvés pharmaciens assistants et ensuite pharmaciens, doivent se conformer à ce que prescrivent les chapitres IT, IV et V du présent règlement, sauf les dispositions des Décrets Royaux des 19 mai et 3 décembre 1850 (270), en ce qui concerne les examinateurs et la présidence des examens, les matières de l’enseignement et leur distribution. Les pharmaciens approuvés comme dessus ne peuvent cependant exercer
(269) Ce même décret du 7 septembre 1856 instituait dans chaque université un Collège de pharmaciens agrégés, (270) Décrets du 3 décembre 1850 et 19 mai 1851.
dans les provinces de l'Etat autres que celles de la Savoie et de la Division de Nice s'ils n'ont préalablement subi avec succès dans une des Universités du Royaume l'examen de pratique et l’examen public établis par les articles. qui précèdent ».
Le 9 avril 1857, un arrêté ministériel revient sur les conditions d'admission au cours de pharmacie.
« Les examens spéciaux d'admission au cours universitaire de pharmacie se donneront en deux sessions distinctes, dont l'une aura lieu dans la seconde moitié de juillet et l’autre dans la seconde moitié d'octobre... — Les aspirants aux susdits examens devront faire leur demande par écrit au proviseur royal des études de leur province respective dans le mois de mai ou dans le mois d'août... — La demande devra être accompagnée : 1° du certificat constatant que l’aspirant a suivi régulièrement pendant deux ans la pratique pharmaceutique dans le laboratoire d'une pharmacie..…., 20 de l'acte de naissance dûment légalisé d'où il résulte que l'aspirant a commencé sa pratique après avoir accompli l’âge de quatorze ans... — Les examens d’admission se composent de deux parties, d’une épreuve écrite et d’une épreuve orale. — L'épreuve écrite consiste dans une composition italienne et dans la solution d’un problème d’arithmétique qui devront se faire dans une seule séance. Le temps fixé pour ces compositions ne doit point outrepasser cinq heures après la dictée des thèmes... — L'épreuve orale aura lieu dans les jours de travail immédiatement successifs à celui de l’épreuve écrite ; elle est donnée à un seul candidat à la fois et elle porte sur l’examen des compositions ainsi que sur les matières indiquées dans le programme annexé au présent règlement (271). — L'examen des deux compositions est fait en présence du candidat par les trois examinateurs réunis et il ne doit pas durer plus d'un quart d'heure. De suite après le candidat est interrogé pendant un quart d'heure par chacun des trois examinateurs sur la partie d'examen qui lui est assignée. A peine terminée l'épreuve orale pour chaque candidat, les examinateurs procèderont au vote par points. Le vote embrasse l’ensemble de l'examen oral et des compositions... » (272).
Le 13 août, un décret fixe le tarif « des dépôts et émoluments pour les examens de pharmacie :
(271) Langue italienne ou française, langue latine, arithmétique et algèbre, géométrie, physique.
(272) Arch. dép. Sav. Fonds Sarde. Actes du gouvernement, 26, 1857, NVP2T20/D 107.
Examen Examen Examen
de la Examen Dépôt ’ de la de :
HP, 1'°année Le année pratique PepEs de cours Pour l’Université de Turin 50 50 60 . 60 … Pour les Ecoles Universitaires de Chambéry et HeiNICE MA RATER 40 . 40 47
… Emoluments pour chaque examen donné dans les Ecoles Universitaires secondaires de Chambéry et de Nice :
ALU D'OVISCUTITO VA IE ET ET A 3.50 Au docteur délégué et à chacun des deux AULreS EKAMINAlCULS MER EEE SE AU SéCTÉtAITE RS ER CT EE 2 AU: DEAN PTS AR EN SEE 1.35 » (273)
Pierre Antoine Bébert assure toujours l’enseignement pharmaceutique. Au début de chaque année scolaire, le Conseil supérieur de l’Instruction publique approuve ou refuse le pro-
gramme de ses cours (274).
Charles Calloud, jeune pharmacien chambérien dont les
travaux «font concevoir de grandes espérances », est depuis le 20 juin 1851 troisième examinateur. Nommé en mars 1856 professeur suppléant de chimie, les difficultés de son élocution le contraignent l’année suivante à laisser son poste à Laurent Sevez, préparateur de chimie (275).
(273) Arch. dép. Sav. Fonds Sarde. Actes du gouvernement, 26, 1857, n° 2383, p. 989
(274) RATChAdép SAV EondSSarde Per ETES:
Le 26 novembre 1850, Pierre-Antoine Bébert a été nommé professeur de chimie des Cours publics de chimie et de mécanique « fondés en 1848 par le Gouvernement Sarde pour récompenser les habitants de la ville de leur noble conduite dans l'expulsion des Voraces le 4 avril de cette même année », et ouverts du fait des embarras de la première guerre d'Italie» le rer janvier 1851. (Arch. dép. Sav. Fonds Sarde, I. P. 48).
(275) Arch. dép. Sav. Fonds Sarde, I. P. 4, folio 155 ; I. P. 20, n° 1302, 1300, LAP 27 10867 4040103 0500 SFR
En un long mémoire, la Société médicale de Chambéry «avait fait connaître au Gouvernement les institutions qu'elle jugeait les plus adaptées aux besoins et les plus favorables au progrès de la médecine savoisienne », en particulier l'établissement d’une troisième année de médecine à Chambéry.
Devant le rejet de ses demandes, le 15 juillet 1852 par le Conseil supérieur de l’Instruction publique, la Société manifeste son mécontentement par la plume de son président, le docteur médecin Revel :
La principale objection à l'établissement de la troisième année de médecine est la nécessité de créer trois nouvelles chaires : matière médi-