LES APOTHICAIRES DE SEINE-ET-OISE ET L'ASSISTANCE
Dans presque chaque ville ou bourg important de Seineet-Oise, se rencontre un Hôtel-Dieu. Celui de Beaumont reçoit malades et vieillards et porte secours à domicile, celui d’Etampes reçoit malades, femmes en couches et malades de passage, celui de Gonesse les pauvres des paroisses du comté d’'Arnouville et de celles où l’hôpital a des biens à l’exclusion des maladies incurables et maladies chirurgicales, des femmes enceintes ou en couches, qui sont soignées à domicile par le médecin de l’Hôtel-Dieu. Ceux de La Ferté-sous-Jouarre, Meulan, Montlhéry, Pontoise accordent également des soins à domicile et l'hôpital de Marly fait de même excluant seulement « ivrognes, débauchés, jureurs, gens de mauvaises mœurs, femmes enceintes, gens attaqués de maladies provenantes de l’impureté, ceux qui n’assistent pas aux offices, n’envoient pas leurs enfants aux écoles et aux catéchismes ».
A la fin du xvire siècle, en 1775, s’organisa dans les campagnes un service de santé publique et d’assistance médicale : distribution gratuite des remèdes, service des épidémies et enseignement de l’art d’accoucher. Déjà au xvir® siècle, se distribuaient des remèdes gratuits dans les campagnes (œuvre de PÉLISSON, directeur des économats en 1680, de d’AGUESs- SEAU en 1693...) Adrien Helvetius (père du philosophe), son cousin Diest, et en 1769, De Lassonne, préparent pour la province des boîtes de remèdes du Roi, Ces remèdes, réduits au plus petit volume, pour le transport, combattent les fièvres inflammatoires ou intermittentes, les fluxions de poitrine, les catarrhes, les maux d'’intestin, l’hydropisie, les fluxions des yeux, les rhumatismes.
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De 1721 à 1734, 100.000 prises ou doses furent distribuées aux frais des fermiers généraux, 126.910 de 1735 à 1768: en 1769 : 937.136 furent envoyés en 742 petites boîtes et 32 grandes, préparées par de Lassonne. Turgot augmentera encore ces nombres ?.
Pourtant cela ne pouvait suffire, et chaque Hôtel-Dieu ou presque devait s'adresser à un apothicaire pour la fourniture de ses drogues et médicaments ?.
Il en est ainsi pour l'Hôtel-Dieu de Pontoise dont nous possédons les Archives. Ces Archives de l’Hôtel-Dieu de Pontoise contiennent un certain nombre de comptes des apothicaires de la ville, particulièrement précieux pour les détails qu'ils fournissnt sur les préparations d’alors et sur leur coût.
On y voit, en 1695, l’apothicaire, EscouverTe facturer ainsi son Eau impériale :
« Pour l'Eau Impériale 1695 Aron de tanpille ss MAS Le. 4 be HUBOS 0e PIPORELL AM ES re Len aa 1 2 ONEPS GE DAC HIS TR MR IT 165.
D'OES COTÉES 25 LR STE TDi nes sa | D 'ONCOÉSUE PHARE EE Tue dore 12 AORES de MÉBEMRR IL Eee AT ES 1 roucesdie bois d'Aoste res re ee 2
1 once de Furby blanc et gommeux
1 livre de miel de Narbonne
5 onces de Thérébenthine de Venize ...... 5 2 pintes d’esprit de vin
Total LS PR
extrait du compte d’Escouvette du 2 juin 1693 au 26 janvier 1694 »3.
On y voit également des mémoires de chirurgiens qui vendent, concurremment aux apothicaires, emplâtres, onguents poudres. Ainsi MEsTivier, chirurgien de S.A.R. Mgr. le Duc d'Orléans, et de l’Hôtel-Dieu, dressera le :
1. LAFOND (L.), La dynastie des Helvetius. Les remèdes du Roi, Paris, 1926.
2. G. Boca (Camille)L’assistance et l'Etat en France à la veille de la Révolution {Généralités de Paris, Rouen, Alençon, Orléans, Châlons, Soissons, Amiens) 1764-1790, Paris, 1908. in-8°.