Archives Nationales F
Le 4 messidor an X, enfin, Michel Aimable Cabart, né à Etrépagny (Seine-Inférieure), ayant travaillé 6 ans chez MOoNTIER aux Andelys, DELAPLANCHE et LUNEL à Paris, ayant suivi les cours de Bouillon Lagrange, Nachet, Foureroy et Lacépède pendant l’an IX, se présente à Pontoise. Il passe les examens les 12 et 23 messidor et le 2 thermidor :
— Sirop d’erysimum,
— électuaire lénitif fin,
— Onguent d'Arceus,
— Emplatre diapalme,
— L'ammoniaque,
— Le sel de Seignette ou tartrite de soude.
Reçu, il vient s'installer à Magny.
Mantes. — Les Registres du Conseil privé du Roy, dont la Faculté de Pharmacie possède des extraits signalent en 1653 l'existence de quatre apothicaires à Mantes : Louis Santerre, Simon de Mante l’aisné, Jacques Moriencourt et Simon de Mante. Il s’agit d’un différend survenu entre ces apothicaires et Jean Regnault, apothicaire de Sa Majesté en la Grande Escurie ? :
« Copie collationnée, de l’Arrest du Conseil privé du Roy, rendu entre Louis Santerre, Simon de Mante l’Aisné, Jacques Moriencourt et Simon de Mante, tous apoticaires en la ville de Mante, demandeurs, en règlement de juges d’entre ledit Parlement de Paris et le grand Conseil d’une part ; et Jean Regnault, l’un des apoticaires de Sa Majesté en la Grande Escurie d’autre ; par lequel les parties auroient été renvoyées audit Parlement pour y procéder entre elles sur leurs procès et différents, circonstances et dépendances, suivant les derniers errements, despens réservés du neufième décembre 1653 ».
Les deux parties ayant été renvoyées dos à dos devant le Parlement de Paris, celui-ci rendit l’arrêt suivant, copié dans le même recueil ? :
« Copie arrest du Parlement de Paris rendu entre Jean Regnault, appelant, d’une part ; et Simon de Mante, Louis Santerre et Jacques
1. Faculté de Pharmacie de Paris, Registre 27, 1re partie, Extraits des registres du Conseil privé du Roy p. 29 (1628).
2. Faculté de pharmacie de Paris, Registre 27, 1re Partie, Extraits des registres du Conseil privé du Roy, p. 30 (1628).
de Morancourt, Maistres apoticaires à Mante, intimés, d’autre ; par lequel auroit été ordonné qu'avant de proceder au jugement du procès, ledit Regnault seroit examiné par lesdits Maistres et gardes de Paris, en présence du doyen de la Faculté de Médecine de ladite ville, et l’un desdits apoticaires de Mante, si bon leur sembloit ; auquel examen seroit procédé, et aux opérations nécessaires pour parvenir à la maistrise du dit art d’apoticairerie, et estre, par lesdits Maistres et Gardes, baillé rapport de la capacité ou incapacité d’iceluy Regnault pour ce fait, rapporté, communiqué au Procureur Général, estre ordonné ce qu il appartiendroit.
Du 30 may 1654.
Signifié le 2 juin dudit an ».
Plus d’un siècle se passe avant que l’on rencontre à nouveau un apothicaire de Mantes dans un document subsistant dans les Archives et qui ait été trouvé par nous. En 1769, une requête de Pierre Epinard sollicite des Apothicaires parisiens, la ville de Mantes ne possédant « ni collège de médecine, ni nombre d’apothicaires suffisant pour s’y faire recevoir » l’autorisation de se présenter à Paris.
L'examen a lieu et le candidat est reçu pour Mantes le 21 mai 17721.
« À tous ceux qui ces présentes verront, Me Louis Pierre Felix René Le Thieullier, Docteur Régent et Doyen de la Faculté de Médecine en l’Université de Paris, Me Pierre Bercher et Me Florent Charles Bellot, Docteurs Régents et professeurs de pharmacie de ladite Faculté et députés d’icelle, Adrien Henry Charas, Edmond Nicolas Roulx, Louis Guillaume Laborie, gardes en charge du corps des apoticaires de Paris. Salut.
« Scavoir, faisons que, vue la requeste à nous présentée par Pierre Epinard, natif de Querré en Anjou, paroisse du diocèse d'Angers, étudiant en pharmacie depuis douze ans et plus, comme il appert par les différents certificats qu’il nous a présentés, le premier en date du 9 mai 1769, signé Du Thier et Etienne Renon apoticaires, portant que ledit Pierre Epinard est resté chez le Sr Dutier, marchand maitre apoticaire de la ville de Chateau Gontier en Anjou l’espace de dix années consécutives en qualité d’apprenti et de garçon apoticaire, qu’il s’y est comporté pendant tout ce tems avec probité, fidélité et la plus exacte assiduité ; autre de Pierre Philippe Guerin, seigneur de Charé, Conseiller d'honneur et de police en la sénéchaussée et siège présidial de lad. ville de Chateau Gontier, et premier Echevin de l'Hotel commun, qui atteste que led. Sr Pierre François Epinard a
1. Bibliothèque Nationale. Manuscrits français 14821 f 19 V, et Faculté de Pharmacie de Paris, Registre 74, p. 19 V.
demeuré en ladite ville pendant dix années comme apprentif ou garçon apoticaire et s’y est bien comporté, led.certificat datté du 18 may 1769 ; autre du 9 may de la même année du Sr Morin, curé de St Rémy, qui atteste que ledit Epinard a résidé dans la même maison de sa paroisse l’espace de dix ans et s’y est conduit avec sagesse, remplissant exactement les devoirs de la religion catholique, apostolique et romaine ; autre certificat du Sr Treves, maitre apoticaire de Paris, en date du 28 aoust 1770, lequel dit que le nommé Epinard a demeuré chez lui comme étudiant en pharmacie environ cinq mois consécutifs et s’est conduit avec sagesse et fidélité ; autre de la Vve de Saint Vincent daté du 15 avril 1772, disant que led. Epinard est resté chez elle à Mante sur Seine, l’espace de 19 mois, en qualité de garçon apre, qu’il en a rempli les devoirs avec capacité et fidélité ; autre du Sr Peltier. Me apoticaire de Saumur, en date du 17 mars 1770 disant que led. Epinard est resté chez lui l’espace de neuf mois en qualité de garçon apoticaire et en a rempli les devoirs avec capacité et fidélité.
La d. requeste disant que led. Pierre Epinard désirant s’établir dans la ville de Mante, où il n’y a ni collège de médecine, ni nombre d’apothicaires suffisant pour s’y faire recevoir, il n’a pas trouvé de moïen plus sur pour se procurer la confiance du public que de faire preuve de sa capacité par devant les doyen et professeurs de la Faculté de Médecine de Paris et Messieurs les gardes en charge de la compagnie des Messieurs les apoticaires de Paris.
Ce considéré, il nous plaise admettre le suppliant à subir les examens et faire le chef-d'œuvre qu'il nous plaira lui prescrire, et après leds. examens et chef-d’œuvres, lui accorder, s’il est trouvé suffisamment capable, toutes lettres de provision nécessaires pour exercer l’art de pharmacie dans la ville de Mante.
A ces causes, led. Pierre Epinard nous aiant requis notre jour et heure pour ce faire, nous nous sommes assemblés en la maison du Sr Adrien Henry Charas, premier garde en charge de la compagnie de MM. les apoticaires de cette ville, le jeudy 23 du présent mois de may 1772, depuis neuf heures du matin jusqu’à midy, et depuis 3 heures de relevée jusqu’à six, pour, conjointement et en présence du Sr Trevis que nous lui avons donné pour conducteur, interroger led. Pierre Epinard sur l’une et l’autre pharmacie et les différentes opérations de cet art. Et led. Pierre Epinard aiant satisfait aux interrogations qui lui ont été faites, nous lui avons prescrit d'exécuter les compositions suivantes, scavoir :
le syrop de capillaire,
l’élixir de Garus,
l’onguent d’althaea,
l'huile de mucilage,
le sel de Seignette,
le catholicum double,
la liqueur anodyne minérale, d’Hoffmann, les tablettes de guimauve.
Lesqueles compositions aiant été par led. Pierre Epinard exécutées en notre présence, nous les avons bien et duement examinées ; et après que les suffrages ont été recueillis par Me Pierre Bercher, l’ancien des Professeurs en Pharmacie, tant sur les réponses dudit Epinard que sur l’exécution et les opérations de son chef-d'œuvre, et aussi après qu’il nous a paru, tant par son extrait baptistaire, que par les certificats cy-dessus mentionnés, que led. Pierre Epinard est de la religion catholique, apostolique et romaine et qu’ilest de bonnes mœurs ; ce tout considéré nous l’avons unanimement jugé capable d’exercer la fonction d’apoticaire dans la ville de Mantes et toute autre où il n’y aura ni collège de médecine, ni jurande d’apoticaire en règle, ni un nombre suffisant d’apoticaires pour former communauté, et d’y tenir boutique ouverte.
C’est pourquoy nous l’avons reçu et recevons en cette qualité, après lui avoir fait prester le serment accoutumé et requis en pareil cas.
« Dont, et de ce que dessus, nous lui avons donné acte par ces présentes scellées du petit sceau de la Faculté de Paris, dans les Ecoles supérieures de lad. Faculté et du sceau des Maïtres apoticaires en leur bureau, Cloitre Ste Opportune, le jeudy Vingt unième jour du mois de may de l’année mil sept cent soixante et douze. Et ont signé.
P. Bercher ».
Par contre le nombre des apothicaires établis à Mantes se trouvait sans doute suffisant, une fois Pierre Epinard admis, puisque c’est à Mantes même que Nicolas-François Perrin est reçu le 20 août 17771. Il en est de même de Pasquin, reçu à Mantes le 7 janvier 1786.
Que se passa-t-il au moment de la Révolution française ? On ne peut préciser s’il s’agit d’une diminution de ce nombre, ou des circonstances particulières aux candidats, mais un nouveau pharmacien, François Joannes, se fait recevoir à Pontoise le 20 floréal an IX.
Le 5 floréal, il pose sa candidature, il demeure alors à Paris. Il passe les épreuves les 11, 18 et 20 floréal :
Liqueur d’Hofmann.
Alcali volatif,
Précipité blanc,
Emplatre divin, Confection alkermès, Sirop d’althaea de Fernel, Onguent de Tuhie.
Il s’installe à Mantes ?.