OBSERVATION II
GROSS. —— Luzralion bilatérale de la rotule. In thèse Paiippe (Nancy).
La nommée C.….. Joséphine, 37 ans, couturière, entre à la clinique, le 15 avril 1891.
Antécédents héréditaires. — Une sœur morte de tuberlose pulmonaire ; parents morts âgés.
Antécédents personnels, — N'a jamais été malade. A eu
de la blépharite ciliaire dans son jeune âge. La malade marchait très bien, dit-elle, et ne souffrait nullement du côté du genou, lorsqu'il y à un an, venant de faire une course à la montagne, elle descendait rapidement la côte quand tout à coup, elle tomba sur les deux genoux, la jambe gauche et le pied tournés en dehors. Elle prétend qu’au moment de la chute, elle a entendu un craquement dans le genou gauche, mais elle n’a éprouvé que peu de douleur. - Elle peut se relever et continuer son chemin jusqu'à la maison, mais en boitant.
Elle se contente d’envelopper le genou dans une flanelle et continue à travailler comme avant.
La marche est assez pénible, douloureuse, et se fait en
boitant.
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Etat actuel. — En plaçant les membres inférieurs en position normale, on constate que la jambe gauche est très déviée en dehors en genu valgum.
L’inspection du genou montre une saillie régulière et aplatie sur la partie externe de l'articulation.
Cette saillie est formée par la rotule ; à la palpation, on sent tout le condyle externe du fémur et à la place normale de la rotule, la dépression intercondylienne ; en dehors la face antérieure du condyle externe.
La rotule déplacée en dehors est presque complètement immobile ; son bord externe est devenu postérieur.
Les mouvements de flexion du genou sont possibles, mais douloureux, et on perçoit quelques craquements d’arthrite sèche. L'extension complète est impossible.
A droite, on note un genu valgum un peu moins prononcé qu'à gauche. L'examen du genou montre que la rotule droite est aussi déplacée que la gauche. Mais elle est plus mobile et plus facile à ramener en position que la gauche.
21 avril 1891. — Chloroformisation. — Tentative de réduetion de la rotule à droite : malgré la mobilité plus grande de la rotule, il est impossible de la ramener à sa place normale et surtout impossible de ly maintenir.
A gauche, on étend d’abord la jambe, ce qui était impossible avant l’anesthésie ; l'extension s'obtient avec quelque peine et sensation de craquements.
On essaie en même temps de ramener la rotule à sa place, on n’y parvient pas.
Pendant toutes ces manœuvres, on entend des craquements dans l'articulation, et les surfaces osseuses frottent l’une contre l’autre, On se contente de maintenir la jambe en bonne extension en Corrigeant un peu la déviation en genu valgum. La rotule semble aussi un peu rapprochée de sa place normale.
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Le membre est immobilisé dans un appareil plâtré.
La malade conserve l'appareil pendant quelque temps, se trouvant sensiblement soulagée par son application.
Elle quitte l'Hôpital, le 6 mai 1891, se représente au bout d’un mois et demande à conserver son appareil qui la soulage. Depuis, elle n’a plus été revue.