‹ Contribution à l'interprétation pathogénique des localisations spéciales de l'œdème et de la congestion pulmonaires dans les affections cardiaques: rôle de la compression ou de la courbure des veines pulmonaires droites par l'oreillette droite dilatéeChapitre 17 sur 18 · PREUVES. ANATOMO-PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

PREUVES. ANATOMO-PATHOLOGIQUES

Nous aurions voulu répéler nos expériences avec injecüion préalable des cavités cardiaques et des veines pulmonaires sur des sujets atteints d’une grosse dilatation de l'oreillette droite comme celles que nous avons eu souvent l’occasion de constater dans les autopsies : cela nous a été malheureusement impossible.

Les quelques observations que nous avons pu recueillir suivies d'examen nécrostopique nous donnent cependant des preuves suffisantes de la compression possible des veines pulmonaires droites par l'oreillette droite dilatée. |

A l’ouverture du thorax de nos sujets, nous avons trouvé généralement un peu de liquide dans les plèvres (obs. VI et IX).

Le cœur est le plus souvent hypertrophié dans sa totalité et dilaté (obs. VI, IX, VIT), mais si les cavités gauches présentent un certain degré de dilatation, nous trouvons les cavités droites énormes, très distendues et pleines de eaillots. Cette dilatation est surtout apparente quand le cœur est détaché, car sur le cœur en place on ne peut guère conslaler que la dilatation

po du ventricule droit, celle de l'oreillette droite se faisant en arrière. L'oreillette droite est donc très dilatée, ses parois sont amincies et flasques lorsqu'on en a retiré les caillots.

Quelle est la position de cette oreillette sur le cœur en place? Elle est dans une situation très postérieure au ventricule droit et va se mettre en rapport avec le plan osseux sous-jacent ; elle se trouve par conséquent couchée dans l’angle costo-vertébral à droite de la colonne comme dans les observations VI, XITet IX.

Que deviennent à ce moment ses rapports avec les veines pulmonaires droites? Ils n'ont pas varié, les veines sont toujours accolées à la face postérieure de l'oreillette, mais le faible espace qui les séparait du plan osseux n'existe plus, et, refoulées par l'oreillette droite, elles se trouvent comprimées entre cet organe el la paroi postérieure du thorax (obs. VIT et XIT).

Le poumon droit séparé du cœur montre au niveau du hile les veines pulmonaires dilatées, il est hyperhémié et tendu, tantôt dans sa totalité (obs. XII, XI), tantôt plus spécialement au sommet (obs. XI, IX), lantôt à la partie moyenne (obs. VI); 1l est en général augmenté de volume et de poids. Il est résistant à la pression dans les points congestionnés, il crépite moins, surnage moins et même {tombe au fond du vase où on l’immerge. Sa coloration est bleuâtre, d’un rouge livide plus ou moins violacé (obs. VIT, XIT).

La coupe du poumon est plane et lisse et laisse sourdre à la pression tantôt du sang noir si la congestion domine {obs. XIT), tantôt une sérosité rosée abondante si c'est l’œdème qui, au contraire, prédomine, Nous

/ avons rencontré aussi (obs. XIT), au milieu de l'œdème congeslif localisé au sommet, un foyer hémorragique de la grosseur d'une petite noix.

Enfin, le poumon gauche présentait parfois un léger degré de congestion à la base. Le sommet gauche fut toujours trouvé indemne.

En résumé nous avons trouvé dans toutes nos autopsies l'énorme dilatation de l'oreillette droite comprimant les veines pulmonaires droites coïncidant avec l'ædème congestif localisé au poumon droit.

C'est d'après ces contestalions anatomiques et cliniques que nous allons formuler nos conclusions.

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