PLANCHE II
Projections des veines pulmonaires sur la colonne dorsale
VI, VII, VII, IX, X. Vertébres dorsales, 1. Aorte.— 2, Atère pulmonaire droite. — 3. Veine cave supérieure.— 4. Veine pulmonaire droite (groupe supérieur), — 5. Oreillette droite. — 6. Veine pulmonaire droite (groupe inférieur). — 7. Veine cave inférieure.— 8. Ventricule gauche. — 9-10. Veine pulmonaire
gauche, — rr, Artère pulmonaire gauche, — 12, Oreillette gauche.
PLancHe lil.
(44 A tua
Thoraæ ouvert en arrière entre la à et la 9° vertèbre dorsale
1, Poumon gauche. — 1”, Poumon droit.— 2, Bronche droite.— 3. OEsophage. — 4. Veine pulmonaire droite (groupe supérieur).— #. Veine pulmonaire droite (groupe inférieur), — 5. Aorte. — 6, Oreillette droite. — 7. Veine cave infcrieure. (D’après une de nos préparations.)
es OA nous l'avons effectuée. Après lhigature des membres supérieurs à leur racine et des deux carolides, nous avons poussé l'injection par l'aorte abdominale, et, forçant les sigmoïdes aortiques et la valvule mitrale. l'oreillette gauche et les quatre veines pulmonaires s'y jetant, se sont (rouvées injectées.
Nous avons alors fixé le cœur à sa place par une fiche axillo-axillaire, ce qui nous à permis de retourner le sujet, sans que l'effet de la pesanteur ne se fasse sentir sur les rapports postérieurs de l'organe.
Le sujet étant retourné, nous avons ouvert la face postérieure du thorax, entre la 5° et la 90° vertèbre dorsale et la section des côtes correspondant à 10 centimètres de chaque côté de la ligne médiane nous a donné une large ouverture sur le médiatin postérieur (pl. IT). E
Après avoir réséqué la veine azygos et le canal thoracique et érigné légèrement le-poumon droit, nous nous sommes trouvé immédiatement sur les veines pulmonaires droites (voir la planche IIT), distantes, comme nous l'avons vu plus haut, de 1 centimètre environ de la colonne vertébrale à leur abouchement dans l'oreillette gauche et de 3 centimètres environ du sinus costo-vertébral, au niveau du hile du poumon.
Dans toute leur portion libre, c'est-à-dire entre le hile et l'oreillette gauche, les veines pulmonaires droites reposent sur la face postérieure de l'oreillette droite. C'est cette portion libre qui est, pour ainsi dire, vietime des variations de volume de l'oreillette droite et qui, lorsque cel organe se dilate, est refoulée, coudée
et finalement comprimée contre la paroi thoracique,
formée à ce niveau, par les 6°, 7°et 8° vertebres dorsales et par les articulations costo-vertébrales et les côtes correspondantes.
Nous avons fait des expériences sur trois sujets en suivant toujours le procédé que nous venons de décrire et voici les résultats obtenus :
Expérience 1. — Sujet, femme encore jeune : à l'ouverture du médiastin postérieur, nous trouvons l'oreillette droite injectée et semblant un peu dilatée. La veine pulmonaire droite du groupe inférieur est bien injectée. La veine du groupe supérieur semble un peu courbée el l'injection est moins complète que pour la précédente.
Expérience II. — Sujet, homme, âge moyen. Le cœur est bien injecté et paraît normal, l'injection a également bien passé dans les veines des deux groupes.
æpérience III. — Sujet, homme, âge moyen. Le cœur est bien injecté, les oreillettes semblent avoir été un peu distendues par l'injection.
L'oreillette droite, intimement accolée aux veines pulmonaires droites, semblent avoir exercé sur elles une certaine pression : cependant, on ne saurait affirmer une courbure véritable des deux vaisseaux.
Nous pouvons-nous demander maintement sur lequel des deux groupes veineux portera, de préférence, la compression, et quel sera le groupe le plus tôt comprimé.
Il semble découler de l'étude de ces rapports et de nos expériences mêmes, que la veine du groupe supérieur est sous l'influence plus immédiate de la dilata-
tion de l'oreillette droite, et cela pour plusieurs raisons (Expérience I) :
1° Elle est plus courte que la veine du groupe inférieur et, par conséquent, la moindre dilatation de l'oreillette se fera sentir sur sa surface.
2° Elle est moins mobile, ear elle présente des rapports plus serrés avec les organes voisins (bronches droite, artère pulmonaire droite, ete.).
3° Sa direclion même la met en rapport plus immédiat avec la face postérieure de l'oreillette : elle se dirige en elfel, en avant, tandis que la veine du groupe inféeur se dirige plutôt un peu en arrière.
Il semble done qu'à dilatation égale de l'oreillette droite le cours du sang de la veine du groupe supérieur sera plus vite influencé et retardé par la compression (peut-être même avant l'apparition d'une zone nette de matité paravertébrale), et que la localisation de l'œdème congestif se fera d’ab6rd dans le lobe correspondant. Plus tard seulement, la dilatation augmentant, le territoire 1rrigué par la veine du groupe inférieur commencera à subir les effets de la compression.
Nos observations cliniques semblent aussi nous donner raison (obs: IT, TITI, V, VIT, IX, XI). Dans la majorité des cas, l'œdème congestif est localisé plus spécialement au sommet droit. Cependant nous ne devons pas être trop absolus, el ici comme ailleurs, 1l faut tenir compte des variations individuelles.
Il résulte encore des rapports de l'oreillette droite en arrière que d’autres organes peuvent être comprimés si elle vient à se dilater : nous voulons parler de la grande
veine azygos située presque sur la ligne médiane et du
=" (68 == grand sympathique dont les ganglions sont échelonnés au niveau des articulalions costo-vertébrales (voir la planche T.
Cette compression, si elle peut se produire, donnerait lieu à des symptômes variés dont nous laissons de côté l'étude.