CHAPITRE IV
Différentes hypothèses sur l’action du vaccin T.A.B.
employé dans le traitement des manifestations chancrelleuses
Pasteur, le premier, a eu l’idée d’immuniser l’organisme contre les maladies infectieuses dont on peut cultiver les microbes. Ses travaux, sur la vaccination préventive au moyen des virus atténués (choléra des poules, charbon), ont été le point de départ de toutes les vaccinations microbiennes. A.-E. Wright, directeur des laboratoires de Saint-Mary’s Hospital, compléta les travaux de Pasteur en étendant le domaine de la vaccination au traitement des infections et fut le promoteur de toutes les recherches relatives à la vaccinothérapie. «L'idée qu’une région de l’organisme non encore infectée et par conséquent inactive, peut, sous l'influence d’un vaccin, être amenée à porter secours aux régions infectées, est l’idée qui a conduit à la vaccinothérapie. » (Wright). Les méthodes vacci-
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nales appliquées à l’homme dans un but thérapeutique sont nées de la conception qu’on se fait de la spécificité des antigènes, ceux-ci Ctant considérés, dans la majorité des cas, comme constitués par le germe infectieux lui-même ou ses toxines. Un pareil antigène spécifique, inoculé dans des conditions voulues pour ne pas être nocif, ferait naître ou accroître dans l’organieme des substances antagonistes ou anticorps qui seraient jusqu’à un certain point spécifiques vis-à-vis de cet antigène.
Et, en effet, dans quelques-unes de leurs applications, la vaccinothérapie et la sérothérapie semblent bien reposer sur des propriétés thérapeutiques spécifiques (ex. : sérum diphtérique). Malheureusement, il n’en est pas toujours ainsi; dans certains cas, il ne s’agit pas d’immunité vraiment spécifique, mais d’immunité collatérale, pourrait-on dire, procurée par des germes de parenté très voisine. Ailleurs, la spécificité paraît faire complètement défaut dans le processus défensif. Dernièrement Netter a obtenu contre les manifestations streptococciques et pneumococciques de la grippe des résultats aussi heureux avec du sérum de cheval ordinaire ou du sérum antidiphtérique qu'avec du sérum antistreptococcique ou antipneumococcique. On a publié, d'autre part, des observations prouvant l’action favorable d’un vaccin non spécifique dans des maladies (typhoïde) contre lesquelles on avait essayé sans succès la vaccinothérapie spécifique. Les essais, faits à l’Antiquaille au sujet du traitement des manifesations chancrelleuses, fournis-
sent une nouvelle preuve à l’appui de cette thèse.