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sons violents, une demie-heure, d’autres fois deux heures, après l’injection, avec son maximum huit à dix heures après ; le malade a une grande sensation de froid, réclame des bouillottes et des couvertures; il claque des dents ; ceci est suivi d’une période de sueurs profuses ; généralement, dès le lendemain, la fièvre est tombée; en même temps une courbature généralisée s'établit, le malade est comme brisé: il se plaint d’arthralgie, de céphalée, d’inappétence.
D'autre part, nous trouvons les manifestations du choc vaccinal : dyspnée légère, tendance aux lipothymies, nausées, vomissements (nous n’avons jamais remarqué de cyanose, anurie, albuminurie), et enfin l’herpès qui ne semble pas être une manifestation spéciale au vaccin T.A.B., d’autres auteurs l’ayant signalé après des injections de produits divers, faites dans le but soit de protéinothérapie, soit de pyrétothérapie. Dans la plupart de cas, la durée du malaise ne dépasse par 24 ou 36 heures, arrivant rarement à 48. Voilà le tableau des réactions ressenties par le malade après la première injection.
La réaction qui suit la deuxième, peut être aussi violente, mais elle est toujours plus brève. Pour les suivantes, les réactions sont nettement plus faibles. On ne rencontre pas ici les phénomènes d’anaphylaxie, avec sensibilisation de l’organisme par une première injection; au contraire, il semble qu’une accoutumance s’établisse. De même que les réactions générales deviennent moins intenses, de même l'efficacité du vaccin diminuerait légèrement. Les chocs seraient plus faibles ; peut-être, si l’on admet que l’hyperther-
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mie est un agent thérapeutique, cette moindre efficacité est-elle due à la moindre élévation thermique qui suit les dernières injections.
Au cours des traitements des chancres mous effectués à l’Antiquaille, nous n’avons jamais vu d’accidents graves, à plus forte raison mortels. Il ne faut pourtant pas oublier que les réactions générales rendent cette thérapeutique assez sévère et par consé. quent il ne faut l’appliquer qu’à bon escient, en tenant pour contre-indications formelles : les sujets déprimés, les cachectiques (tuberculeux - asystoliques), les accidents pulmonaires aigus, les lésions orificielles ; on ne l’emploiera qu'avec prudence chez ceux dont l’équilibre colloïdo-clasique est mal assuré, comme les asthmatiques et les migraineux.
I nous reste à parler des poussées d’herpès qui surviennent dans le traitement des manifestations chancrelleuses par le vaccin T.A.B., ainsi qu’assez souvent à la suite de vaccination antityphoïdique banak. C’est en général un simple herpès labial ou labiomentonnier qui a revêtu pourtant dans certains cas une intensité et une étendue tout à fait exceptionnelles. Si l’herpès de la vaccination n’avait été observé qu’à la suite de la vaccination triple (Typhique - para À et B) on aurait pu penser qu’il relevait de l’intoxication produite par les poisons paratyphiques ; car l’herpès n’est pas rare au cours des fièvres paratyphoïdes.
Or, on le voit apparaître également chez des sujets soumis seulement à la vaccination par le simple bacille d’'Eberth et son apparition a, dans ces condi-
tions, quelque chose de paradoxal ; car on sait que l’herpès ne s’observe pas dans la fièvre typhoïde légitime. L’herpès, dans ce cas, est une manifestation non d'infection mais de choc albuminoïdique.
Parfois, on voit une fièvre brusque et intense de quelques jours se terminer par une éruption d’herpes, ce qui a conduit à admettre l’existence d’une fièvre herpétique ; celle-ci n’est sans doute que la manifestation d’une infection légère, telle que celle provoquée artificiellement par les injections d’émulsions microbiennes diverses. Pourquoi ces poussées herpétiques se produisent-elles chez certains individus et en épargnent-elles d’autres ? Faut-il voir en elles un élément favorable de pronostic ? D’autres auteurs les ayant signalées parmi les manifestations de choc protéinique ou dans celles de la pyrétothérapie, il semble logique, jusqu’à nouvel ordre, de les considérer comme telles. Au cours de nos observations, nous avons constaté 14 fois cette réaction particulière de l’organisme : 7 fois l’herpès apparut après la première in- jection ; 6 fois après la deuxième ; il n’y a qu’une seule fois où l’herpès se manifesta après la troisième injection. Dans tous ces cas, le phénomène a rapidement rétrocédé.
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