‹ Contribution à la biologie du bacille coliChapitre 15 sur 84 · ENSEMENCEMENT EN STRIES · texte numérisé non relu

ENSEMENCEMENT EN STRIES

Le procédé que nous avons exposé plus haut peut parfaitement convenir à l’ensemencement-en stries.

Pour cela, au lieu de se servir de plaques de Roux, il suffit tout simplement de répartir notre milieu en boîtes de Pétri, à raison de 15 cc. pour une boîte de Pétri de 9 centi-

mètres de diamètre, et en ayant soin de garnir intérieurement le couvercle de la boîte d’une rondelle de papier-filtre.

Sur ce milieu, les colonies de bacilles coli apparaissent très nettement sous forme de taches d’un beau bleu clair, sur fond rouge groseille, soit au bout de 8, 10 ou 12 jours si le milieu est abandonné à la température ambiante, soit au bout de 24, 48 ou 60 heures s’il est placé à l’étuve à une température de 25 à 30°.

Applications.

Sous ce nouvel aspect, notre procédé ainsi adapté à l’ensemencement en stries nous a rendu de grands services, et nous en faisons des applications nombreuses :

1° Urines.— Nous ensemençons en stries le sédiment obtenu par centrifugation. Mise à l’étuve à 25-30°. Les colonies se montrent 48 heures après. Le bacille coli, notamment, apparaît sous forme de taches d’un beau bleu clair sur fond rouge eroseille.

2° MATIÈRES FÉCALES. — Ici, notre méthode offre un intérêt plus grand : c’est que l’ensemencement permet de cultiver et de différencier du même coup le bacille coli et le bacille typhi-

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que. Sur notre milieu, la différenciation se fait aisément, même dans les fèces, à condition d’ensemencer successivement, avec le même fil de platine porteur de matière fécale, trois où quatre boîtes de Pétri, de façon à favoriser l’isolement des différentes colonies. À côté du bacille coli bleu chair, on verra les colonies de bacille typhique en rouge foncé, plus petites que les colonies de bacille coli. Or, au début d’une fièvre typhoïde, réelle ou supposée, soit qu’on recherche les bacilles coliformes par hémoculture, soit qu'on emploie la méthode du séro-diagnostic, il peut ne pas être sans intérêt, dans certains cas, de rechercher, en outre, le bacille d’Eberth dans les matières fécales.

3° CONTENU INTESTINAL DES ANIMAUX. — Nous nous sommes continuellement servi de notre procédé pour rechercher le bacille coli dans l'intestin de très nombreux animaux : animaux marins, d'eau douce, terrestres, étc.

Notre milieu et notre méthode semblent comporter une utilité particulière pour l'examen bactériologique des huîtres et des coquillages. a

L’huître, en effet, a pour l’hygiéniste une valeur particulière. Le temps n’est pas si éloigné où l’on parlait encore de typhoïdes « ostréaires ». Actuellement, il semble bien établi :

a) que la contamination par l’huître insalubre est un fait incontestable ;

b) que, dans cette contamination, l’huître ne joue que le rôle de simple véhicule.

L'huître est l’objet d'une réglementation sérieuse. Elle est notamment examinée à la production au point de vue bacille coli. Les recherches se faisaient toujours, jusqu’à ces derniers temps, par la méthode de Vincent. Cependant, au cours de l’année 1931, la Direction centrale de l'Office des Pêches portait officiellement la méthode de MM. Diénert et Etrillart à la connaissance de ses inspecteurs régionaux chargés de veiller sur la salubrité des huîtres et de surveiller bactériologiquement l’eau de mer dans laquelle elles vivent.

Or, notre méthode, modifiant et complétant celle de MM. Diénert et Etrillart, nous semble mieux adaptée au but qu'on se propose. Son avantage, ici, n’est pas tellement sa moindre difficulté de mise en œuvre, ni sa précision plus grande : c’est surtout, là encore, de pouvoir déceler simultanément le bacille.coli et le bacille d’Eberth. C'est là une supériorité dont on peut tirer profit, non seulement pour les huîtres, mais pour les coquillages, car il est trop certain qu'il existe des typhoïdes dues à des infections coquillères, et principalement d’origine moulière. Souhaitons que la réglementation qui joue présentement pour les huîtres s’étende à tous les coquillages, et notamment aux moules.

CONCLUSION

Ces diverses applications de notre procédé montrent :

1° qu'il a une valeur générale; | 2° que, vu l'intérêt qu'il peut y avoir à cultiver et à différencier, sur un même milieu, le bacille coli et le

bacille typhique, il peut rendre d’utiles services.

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