IV. La Conservation du milieu
Le milieu gélosé étant en petite quantité dans la plaque de Roux de 1 litre se dessèche assez rapidement s’il est fermé seulement par un bouchon de coton.
Pour éviter une trop grande dessiccation, on peut procéder de deux façons :
1° Faire une coiïlte avec du papier gommé que l’on collera soigneusement sur le goulot de la plaque de Roux, puis badigeonner le tout avec un pinceau imbibé de paraïfine fondue;
2° Répartir le milieu, lors de sa préparation, dans de gros
tubes à essai (20 cc. par tube). Stériliser. Puis couler de la paraffine fondue sur le bouchon de coton enfoncé au ras du tube.
Au moment de l'emploi, enlever la paraîffine avec un coueau, retirer légèrement la bourre de coton avec une pince, faire liquéfier au bain-marie et couler aseptiquement dans une boîte de Roux de 1 litre stérile.
V. — Avantages de notre procédé sur les procédés jusqu'à présent employés.
Pour simplifier, nous examinerons très succinctement notre procédé par comparaison avec trois procédés-types : 1° Avec le séro-diagnostic; 2 Avec l’hémoculture en tubes de bile; 3° Avec l’hémoculture en eau peptonée.
1° Notre procédé présente sur le séro-diagnostic deux avantages | a) Il est utilisable dès le début de l’infection; b) Il n’y a pas à tenir compte chez le sujet d'une vaccination typhique antérieure qui, souvent, rend les conclusions du séro-diagnostic inexactes ou aléatoires.
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2° L'hémoculture en tubes de bile donne des résultats excel-
lents pour les bacilles de la série typhique et para, encore
que, pour conclure, il faille se méfier, dans certains cas, des saprophytes de la peau. Mais ces résultats ne sont jamais plus sûrs ni plus constants que ceux qu’apporte la culture sur notre milieu solide. Et ce dernier offre un avantage considérable sur la bile : si celle-ci, en effet, est un milieu de choix pour l'isolement des bacilles typhiques et paratyphiques, elle ne saurait constituer un milieu de culture pour les coccus divers ou les bacilles pathogènes autres que les bacilles coliformes. Tel n’est pas le cas pour notre milieu solide.
L’hémoculture en tubes de bile a une valeur particulière.
L'hémoculture sur notre milieu solide a une valeur générale.
3° Quand, dans un ballon renfermant de l’eau peptonée (et cela est aussi vrai du bouillon de bœuf), on refoule le sang contenu dans la seringue, on peut ensemencer des microbes très différents. Nous aurons dès lors des espèces qui cultivent mieux et plus vite que d’autres, de sorte qu'au bout de 48 heures de séjour à l’étuve certains germes auront été annihilés par d'autres et ne pourront, par conséquent, être isolés du liquide de culture. C’est cette concurrence vitale qui explique que, dans la pratique courante, il arrive, par exemple, d’obtenir des résultats négatifs pour Le bacille d'Eberth avec des infections présentant tous les signes et caractéristiques cliniques de la fièvre typhoïde.
Le fait suivant, évidemment exceptionnel, mais que nous avons pu constater, est à cet égard typique :
Chez un malade, nous avons ensemencé le sang de la même ponction veineuse, faite par le médecin traitant, à raison de 5 cc. dans notre milieu solide, et 5 cc. en eau peptonée, et nous avons placé les deux milieux à l’étuve à 37°.
Au bout de 48 heures de séjour, nous avons constaté :
a) Qu'un voile épais s'était développé à la surface de la culture en eau peptonée;
CAES TE
b) Que les colonies, les unes rouges et rondes, les autres, en surface, roses et confluentes, s'étaient développées Sur notre milieu solide.
L'examen microscopique nous a montré :
a) Sur eau peptonée : Prélèvement dans la profondeur du bouillon : bacilles longs, mobiles, prenant nettement le Gram.
b) Sur notre milieu solide :
&. Prélèvement d’une colonie nettement ronde et rouge: bacilles très mobiles ne prenant pas le Gram;
B. Prélèvement d’une colonie de surface, rose : bacilles longs, mobiles, prenant nettement le Gram.
Enfin, la culture en eau peptonée, d’une part, et, d'autre part, les colonies sur notre milieu solide ont été repiquées sur gélose simple et sur gélose au plomb.
Pas de doute possible : la culture sur eau peptonée nous a donné uniquement du B. subtilis, la culture sur notre milieu solide nous a donné du bacille typhique et du B. subtilis.
Ajoutons, pour plus de précision, qu'au bout de 3 jours notre milieu solide a eu sa surface complètement envahie par le B. subtilis (colonies roses à bords bleutés) qui a poussé abondamment grâce à l’auto-ensemencement par l’eau de condensation du milieu. ;
Le cas que nous venons de rapporter montre clairement et le danger de l’hémoculture en eau peptonée et l’avantage de notre procédé.
Sur notre milieu solide tous les germes ensemencés sont isolés, ils poussent séparément, à l’abri de toute concurrence vitale, et souvent en colonies de forme et de couleur caractéristiques. Certes, notre milieu, du fait de sa composition et notamment de la forte teneur en peptone, qui le rend très nutritif, est un milieu de choix pour la culture des principales bactéries pathogènes, mais c’est surtout l’absence de con-
currence vitale qui donne aux résultats la sûreté, la fidélité et la généralité.