ACTION DE SUBSTANCES DIVERSES SUR LES CULTURES DE BACILLE COLI
L'action des plantes odoriférantes et de leurs essences sur l’évolution des maladies, leur utilisation comme cicatrisants et antiputrides, ont fait l’objet d'observations et de recherches qui remontent à la plus haute antiquité.
Il y à quatre mille ans, les Egyptiens, à l’aide de résines, de poudres aromatiques, d’essences pures, savaient admirablement embaumer leurs morts, ainsi qu’en témoignent les momies qu’on a découvertes parfaitement conservées. Leurs prêtres préparaient, non seulement les essences et aromates destinés au.culte, mais aussi les remèdes de toutes sortes, où entraient, pour une large part, des herbes fraîchement pilées et des gommes végétales d'origines diverses.
On a continué et l’on continue toujours à utiliser les plantes sous des formes nombreuses et variées. Les unes servent à panser plaies et contusions. D’autres sont destinées à être absorbées sous formes d’infusion, de décoction, de macération, en vue de défendre l’organisme et de lutter contre la maladie. D’autres encore sont employées sous forme d’essences pour guérir ou même pour prévenir certaines affections de nature microbienne. C’est ainsi qu’il est de mode aujourd’hui, en période d’épidémie, de grippe par exemple, de respirer les vapeurs de certaines essences (essence de niaouli, de thym, d’eucalyptus, etc.), afin de se préserver de la contagion. C’est ce qu’on faisait déjà vers l’an 1400. A cette époque, où essences et produits balsamiques étaient en honneur et vigueur, les médecins conseillaient, pour se défendre des épidémies et notamment de la peste, de porter une cagoule à laquelle était fixé un long nez en bec d'oiseau rempli de parfums ou d’essences.
Ainsi connaissait-on et utilisait-on depuis fort longtemps
les vertus préventives et curatives des essences et de certaines plantes ou parties de plantes.
Mais ce n’est guère que vers 4875, avec les travaux de Dorpat, puis de Bucholtz, que commença l’étude rationnelle des propriétés antiseptiques des plantes et des substances qu'on peut en retirer. En 1881, Nicolaï, Jean de la Tour, Robert Koch, multiplient les recherches et les expériences. Miquel en 1883, Chamberland en 1887, publient des travaux sur l’action antiseptique des huiles essentielles (eucalyptus, girofle, thym, origan, cannelle, angélique, géranium, etc.). En 1889, Cadéac et Meunier complètent les données déjà acquises, et les essences, sous l'influence du Professeur Bouchard, entrent définitivement dans la thérapeutique courante. |
Depuis 30 ans, les travaux concernant le pouvoir microbicide des essences et des plantes aromatiques ont été nombreux. Parmi les plus récents, il convient de citer ceux de MM. les Professeurs Morel et Rochaix, de la Faculté de médecine de Lyon, qui ont apporté sur ce sujet une forte contribution à nos connaissances.
On peut donc dire qu’à l’heure actuelle, en ce qui touche leur pouvoir antiseptique, la plus grande partie des essences et des plantes ont été l’objet de recherches diverses. Cependant, l'étude de certaines d’entre elles a donné lieu - à des conclusions différentes, parfois contradictoires, concernant leur action sur le bacille coli.
-Nous commencerons donc par examiner successivement l’action de l'ail, du tabac à fumer et du jus de citron sur les cultures de bacille coli, et nous essayerons de déterminer, le cas échéant, leur pouvoir antiseptique et infertilisant.
Puis, toujours par rapport aux cultures de bacille coli, nous ferons, avec l’étude de l’essence de moutarde, chimiquement connue sous le nom d’isosulfocyanate d’allyle, l’étude d’autres isosulfocyanates. Enfin, sur ces mêmes cultures, nous expérimenterons l’acide monobromacétique et quelques bromacétates et chloracétates organiques.
ACTION DE L’AIL SUR LES CULTURES DE BACILLE COLI ET LES CULTURES DE BACILLE TYPHIQUE