I. — Action de l'ail sur la culture de bacille coli
Dans la plante fraîche, les bulbes, seuls, ont été utilisés.
Ils furent épluchés, coupés en menus morceaux, pesés et répartis en 4 ballons d’eau peptonée simple à raison de 1 gramme, 5 grammes, 10 grammes et 15 grammes.
Le tout, plus un ballon-témoin, a été stérilisé à 105° pendant 1/2 heure. Chaque bouillon fut ensuite ensemencé avec une trace de culture pure de bacille coli de l’Institut Pasteur.
Donc, le 21 avril 1932, ensemencements :
Ballon témoin : eau peptonée 100 cc. + culture pure Brcobt P:-
2° ballon : eau peptonée 100 cc. + 1 g. ail + culture pure B. coli [. P;
3° ballon : eau peptonée 100 cc. + 5 g. ail + culture pure B. coli I. P.;
4 ballon : eau peptonée 100 cc. + 10 pure B. coli L P.;
5° ballon : eau peptonée 100 cc. + 15 g. ail + culture pure B. coli I. P.;
Mise à l’étuve à 36°.
. ail + culture
OR
Le 22 avril 1932, premiers résultats :
Ballon témoin : aspect très trouble; réaction de l’indol fortement positive; 2 ballon : aspect très trouble; réaction de l’indol fortement positive;
3° ballon : aspect louche; réaction de l’indol négative; 4° ballon : aspect louche; réaction de l’indol négative; 5° ballon : aspect clair; réaction de l’indol négative;
Immédiatement après les essais de recherche de l’indol, tous les ballons ont été remis à l’étuve à 36°.
Le 23 avril 1932, seconds résultats :
Ballon témoin : aspect très trouble; recherche indol très fortement positive;
2° ballon : aspect très trouble; recherche indol très fortement positive; |
3° ballon : aspect trouble; recherche indol fortement positive;
4 ballon : aspect trouble; recherche indol positive;
5 ballon : aspect louche; recherche indol faiblement positive.
À noter que la teneur en indol décroît dans les bouillons à mesure que la quantité de l’ail incorporée est plus forte : en effet, la coloration des tubes de recherche de l’indol a diminué nettement et graduellement de 1 gramme à 15 grammes d'ail, et nos différents tubes nous offrent un gamme de couleurs du rouge vif au rose pâle.
Ce même jour, repiquage de ces 3 bouillons troubles ayant donné de l’indol sur gélose lactosée tournesolée.
Le 25 avril 1932, troisièmes résultats :
Ballon témoin : forte fermentation et virage au rose très
net; 2° ballon : forte fermentation et virage au rose très net; 3° ballon : forte fermentation et virage au rose très net; 4° ballon : forte fermentation et virage au rose très net; 5° ballon : forte fermentation et virage au rose très net.
L'aspect macroscopique de la culture dans les 5 tubes d’essai a été identique : fortes bulles divisant le milieu, légères bulles venant crever à la surface. Couleur générale : rose vif très net.
A dde PNR SEE
IT. — Action de l’aïl sur la culture du bacille typhique.
Nous avons exactement renouvelé la même expérimentation.
. Dans 4 ballons contenant 100 cc. d’eau peptonée simple, nous avons introduit respectivement 1 gramme, 5 grammes, 10 grammes et 15 grammes de bulbe d’ail frais, épluché et coupé en menus mOrCeaux.
Ces 4 ballons et 1 ballon témoin ont été ensuite stérilisés à 105° pendant 30 minutes.
Le 26 avril 1932 :
Ensemencement de ces 4 ballons et du ballon témoin avec une trace de culture de bacille typhique de l’Institut Pasteur sur gélose simple.
Le tout a été porté à l’étuve à 37° pendant 24 heures.
Le 27 avril 1932 : |
Ballon témoin : nettement trouble;
Ballon ail 1 gramme : nettement trouble; Ballon aïl 5 grammes : nettement trouble; Ballon ail 40 grammes : nettement trouble; Ballon aïl 45 grammes : nettement trouble.
L'examen microscopique direct entre lame et lamelle des cultures des 5 ballons a montré des bacilles nettement mobiles, donnant l'impression dans les 5 essais d’une égale et belle vitalité. ;
La réaction de l’indol dans les 5 cultures a été négative.
Ce même jour, repiquage des 5 cultures sur gélose au plomb pour l’épreuve-contrôle de noiïrcissement.
Le 29 avril 1932 :
Résultats également positifs pour les 5 cultures.
CONCLUSION
a) Aux doses où nous l'avons employé et suivant notre manière d'opérer, l'ail est indifférent aux cultures de bacille typhique.
FLEURY. Bi 8
b) Aux mêmes doses et suivant le même modus operandi, l’ail tend à retarder la culture du bacille coli (5 grammes d’ail retardent la culture de 24 heures, ainsi qu'il apparaît dans les premiers résultats constatés le 22 avril 1932), et cette culture se fait d'autant moins bien et le bacille coli a
un pouvoir indologène d'autant moins grand qu'il y a davan-
tage d’ail (V. seconds résultats du 23 avril 1932).
c) Le bacille coli est donc beaucoup plus sensible à l’action de l’ail que le bacille typhique.
Or, depuis près d’un demi-siècle, l'observation et l’expérimentation ont toujours mis en évidence un fait : la résistance considérable du bacille coli comparativement à celle du bacille typhique. A titre d'exemple, et pour ne citer entre cent autres que la plus récente expérience que nous connaissions, MM. A. Morel, A. Rochaix et C. Mathais ont montré à la Société de biologie de Lyon (séance du 16 nov. 1931) que le bacille d’Eberth ne saurait pousser dans un bouillon peptoné renfermant 0 g. 55 de toluène pour 1.000 cc., tandis que le bacille coli y pousse jusqu’à une dose de 3 grammes pour 4.000 cc.
Si l’ail devait avoir une action sur les bacilles coliformes, il était donc à priori naturel et légitime de penser que cette action serait plus puissante et plus complète vis-à-vis du bacille typhique que vis-à-vis du bacille coli. Or, c’est l’inverse qui à eu lieu : le bacille coli, bacille à vitalité exceptionnelle, se trouve, dans le cas particulier que nous avons exposé, plus sensible que le bacille typhique.