I. — Etude du Noyau
A. Fixation. — Cette opération a été, à peu près constamment, faite sur place et à un moment aussi rapproché que possible de celui de la récolte. La fixation doit être très rapide ; c’est une nécessité qu'il ne faut Jamais perdre de vue si l’on ne veut pas s’exposer à de graves mécomptes et à des pertes de temps et de matériel. Il faut varier les méthodes suivant les objets à fixer.
En général, les fragments provenant des Champignons charnus tombent au fond des tubes contenant les liquides fixateurs au bout de quelques minutes ou même de quel-. ques secondes. Dans ces conditions, nous nous sommes servi des fixateurs ci-après :
Liquide de Bouin :
Solution aqueuse saturée d'acide picrique ......... 30 cm$ Fôétmol à 40 AUS MR SRE Prin Acide acétique cristallisable. ........ ESS Loc .. 1 —
Liquide de Nawaschin :
Solution aqueuse à 1 % d'acide chromique ........ 10 cm Formol à 40 SÉRIE SERRE 4 — Acide acétique cristallisable.. ... AT Red le RS RC UNS
Mélange de Flemming :
{ Solution aqueuse à 1 % d'acide chromique.... 25 em$ :
À. Acide acétique cristallisable ..4:.. 20 10 — Mais till PNR RMS See en ERA OO
B. Solution aqueuse à 1% d'acide osmique...... 10 em3
Se On mélange les liquides À et B au moment de s’en Servir.
Le matériel était laissé pendant vingt-quatre heures
dans les deux premiers fixateurs et de vingt-quatre à
quarante-huit heures dans celui de Flemming.
Ce dernier fixateur donne des différenciations nucléaires d’une netteté que n'atteignent pas tout à fait les deux autres ; en outre, 1l met remarquablement en relief les membranes cellulaires. Par contre, il brunit fortement
les matériaux riches en substances osmioréductrices :
> TUE , cest le cas, par exemple, pour les périthèces jeunes des Erysiphées. Les bains ultérieurs dans l’eau oxygénée, même prolongés, ne parviennent à faire disparaître cet
; Brie .
inconvénient qu'en partie, de sorte que, dans bien des cas,
il devient difficile, sinon impossible, de se rendre nettement compte de l’architecture du noyau, ce dernier se trouvant plus ou moins masqué par les corpuscules lipidiques noircis placés à proximité. Pour ces raisons, nos préférences vont aux deux premiers fixateurs et plus particulièrement au Bouin.
Pour les échantillons difficiles à fixer, ce qui a été préeisément le cas pour les Ervsiphées, il y a lieu de distinguer. Sur le lieu même de la récolte, alors qu’il nous était impossible de recourir à l’apparel à faire le vide, nous avons utilisé le fixateur de Duboscq-Brasil (— Bouin alcoolique) :
Solution à 1 %, d'acide picrique dans l'alcool à 800... 150 em° DORMOlPAMAO EEE EL EE ere eR LE ei es 60 — Nceideracétique cristallisable Lu ROSE 15, —
Dans cette liqueur, les frazments de feuilles parasitées descendent au fond des tubes au bout de quelques minutes. L'alcool que contient cette liqueur provoque une contraction, plus ou moins grande, suivant les espèces, du cytoplasme, mais celle-ci n’a paru troubler en rien les dispositifs mitotiques dans les asques, ce qui était pour nous
l'essentiel.
Nous ne nous sommes servi des fixateurs sans alcool que lorsque la fixation a eu lieu au laboratoire où sa r'apidité nécessaire était assurée grâce à l'intervention de la trompe à eau.
Du reste, même pour les pièces charnues, très RP fixer, nous n’avons pas négligé, chaque fois que nous l’avons pu, un court passage à la trompe.
Pour les opérations ultérieures de lavage, de déshydratation et de désalcoolisation, nous avons suivi à la lettre les indications contenues dans les traités de LANGERON
[1121 et de Dor et GauTiÉé [60].
B. Inclusion. — Le bain de parafline doit être renouvelé quatre ou cinq fois et les pièces doivent y séjourner jusqu'à ce que l’imprégnation soit parfaite. Ici, l'expérience person-. nelle guide beaucoup mieux que ne le font les ouvrages de. technique microscopique. En général, vingt-quatre à quarante-huit heures de séjour sullisent quand on à affaire à des objets charnus. Mais pour les espèces parasites et saprophytes, croissant sur des substratums renfermant des tissus lignifiés ou cutinisés, donc très dilliciles à se laisser pénétrer, la durée du bain doit être de quatre ou cinq jours et même parfois plus. Le cas s’est présenté, par exemple, pour nos fragments de feuilles de Chêne attaquées par M. quercina, qu’il nous a fallu laisser plus de six jours dans la parafline fondue pour obtenir une imprégnation complète et, partant, de bonnes coupes. C’est un stade très important de la technique sur lequel, selon nous, l’attention des débutants ne saurait être trop atüurée.
C. Coloration. — Les coupes, d’une épaisseur de 2,5 u, oule plus souvent, et 10u, selon les objets à étudier, collées en séries sur lames puis déparaffinées, ont été plongées dans un bain à 4% d’alun de fer ammoniacal pendant vingt-quatre heures, puis transportées, après lavage rapide à l’eau distillée, dans l’hématoxyline de Heidenhain, de formule :