‹ Contribution à la connaissance de la cellule nerveuse: La cellule nerveuse d'Helix pomatiaChapitre 5 sur 23 · APERCU BIBLIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

APERCU BIBLIOGRAPHIQUE

Les Mollusques ont peu servi jusqu'ici aux recherches de cytologie nerveuse. La plupart des travaux de ce genre ont été faits sur l'Homme et les Vertébrés supérieurs, les Vertébrés inférieurs et les Invertébrés sont encore peu connus.

Pour les Gastéropodes pulmonés, qui seuls nous occupent ici, l’énumération des travaux dont j'ai eu connaissance sera très courte.

Les recherches anciennes ont surtout porté sur l'anatomie topographique, macroscopique et microscopique, et ce n'est qu'incidemment que les auteurs se sont occupés des relations

des cellules entre elles ou des détails de leur structure. On trouvera des résumés très complets de ces travaux dans les mémoires de Solbrig (1870), Hermann (1815), W. Vignal (1883), Nansen (1887), Retzius (1890) et de Nabias (1894).

Depuis la thèse de de Nabias parue en 1894, on a délaissé les recherches d'anatomie pour se livrer à des études purement eytologiques, en employant les nouvelles méthodes techniques découvertes par l'étude d'autres types, et en cherchant le plus souvent à vérifier chez les animaux étudiés les théories émises à propos des Vertébrés supérieurs.

Le travail de de Nabias montre bien cette transition. Il est en effet divisé en deux parties, l’une traitant de l'histologie, l’autre de l’organologie des centres nerveux des Gastéropodes. Dans la première, de Nabias décrit la structure des cellules nerveuses, étudiée par les méthodes techniques ordinaires et surtout par la méthode de coloration à l'hématoxyline cuivrique de Vaillanes; il essaie déjà deux méthodes d’imprégnation, celle de Golgi et celle d'Ehrlich. Il s'efforce surtout d'établir que les nerfs naissent directement des cellules nerveuses et non de la substance ponctuée de Leydig. Ayant démontré cette origine directe, il traite dans la deuxième partie de l’organologie des ganglions cérébroïdes et spécialement de la localisation des cellules d'origine des différents nerfs. Je ne veux pas analyser ici en délail cet important travail, me réservant d'y revenir souvent au cours de cette étude.

De 1894 à 1899, de Nabias a encore publié une série de notes qui complètent certaines observations et certaines idées contenues dans sa thèse.

En 1895, Rohde conclut d’une série de recherches sur les Invertébrés que la substance conductrice de la cellule nerveuse est l'hyaloplasma, le spongioplasma ayant un rôle de soutien (Stützgerust) et se continuant d’ailleurs avec des fibrilles de névroglie. En 1896, dans un nouveau travail, il décrit trois processus de multiplication des cellules nerveuses de Doris et des Mollusques en général. De nouvelles cellules se forment soit par expulsion d'un corpuscule nueléolaire autour duquel se disposent de la névroglie intracellulaire et du spongioplasma, soit par le

même processus après contraction du réseau chromatique nuclcaire, soit encore par fragmentation du noyau de la cellulemère, les fragments devenant les noyaux des cellules-filles autour desquels la névroglie se transforme en protoplasma.

En 1895, Pflücke distingue deux éléments constitutifs du protoplasma dans les cellules nerveuses des Invertébrés : une substance colorable granuleuse et une substance homogène peu colorable.

En 1898, Mac Clure décrit la structure du protoplasma des cellules nerveuses de Pulmonés (Helix, Arion) éludiée principalement par la méthode de Nissl ou par fixation au liquide de Flemming suivie de coloration par l'hématoxyline au fer ou le mélange safranine-vert-lumière. Il décrit dans le protoplasma des granules chromatophiles, des fibrilles concentriques, des grains pigmentaires et un aspect particulier du protoplasma de la zone d'origine du cylindraxe, qu'il avait déjà signalé en 1896 et qu'il considère comme homologue du centrosome décrit par Lenhossék chez la Grenouille.

En 1899, de Nabias publie une courte note sur un aspect lobulé du noyau des cellules nerveuses des Lymnées et des Planorbes, après action du chloroforme.

La même année, J. Havet (1899), en employant la méthode de Golgi, observe l'aspect moniliforme des prolongements des cellules nerveuses et les appendices qu'ils présentent chez divers Invertébrés et entre autres Helix et Limax. Dans une deuxième note (1899) sur le système nerveux des Limax, 11 distingue des cellules uni-, bi- et multipolaires et décrit leurs prolongements.

En 1899-1900, H. Smidt publie plusieurs notes sur les cellules sensorielles des Mollusques et une sur les cellules interstitielles des ganglions d’Helir étudiées par la méthode de Golgi. Il distingue plusieurs sortes de cellules d'accompagnement (Begleitzellen) et de cellules de glie (Gliazellen).

En 1900, Veratti, par la méthode de Golgi, reconnait, chez Limazx, deux sortes de cellules nerveuses, les unes à cylindraxe ramifié dans le ganglion, les autres à cylindraxe distinct jusque dans le nerf qu'il contribue à former.

C'est aussi en 1900, que E. Holmgren décrit les Saftkanälchen qu'il a observés chez Helix et qu'il émet à ce propos l'hypothèse que les cellules interstilielles pénètrent dans les cellules nerveuses, s'y ramifient et s’y dissolvent, contribuant ainsi à nourrir les éléments nerveux.

En 1901, A. Bochenex publie un travail très complet sur la cellule nerveuse d’Helix pomatia. HU essaie d'appliquer aux Gastéropodes les méthodes employées récemment par Bethe pour l'étude des centres nerveux de Carcinus mœnas et par Apathy pour celle des Vers. Il classe les cellules d’après leur taille en petites, moyennes, grandes et énormes, décrit chacun de ces tvpes etréussit pour la première fois, par la méthode au chlorure d or d'Apathy, l'imprégnation des neurofibrilles.

En 1902, K. C. Schneider, dans son ZLehrbuch der Vergleichenden Histologie der T'iere, résume les principaux faits connus de la cytologie des cellules nerveuses d'Aelix.

En 1906, Veneziani réussit à étudier, par une méthode de Donaggio, la dégénérescence du nerf tentaculaire d'Aelix pomalia.

Cesa-Bianchi (1907) examine les inclusions protoplasmiques des cellules nerveuses de divers animaux et entre autres celles de Tethys leporina, Paludina vivipara, Helix pomatia.

La même année, Hugo Merton (1907) décrit un réseau intracellulaire qu'il a observé dans les cellules nerveuses de Tethys leporina.

Smalwood et Rogers (1908) font paraître un travail sur la cellule nerveuse des Mollusques, dans lequel ils étudient les canalicules, les vacuoles, les corps de Nissl, le pigment et le centrosome.

Enfin, de 1905 à 1908, j'ai publié diverses notes sur la eytologie des cellules nerveuses d’Aelix, qui seront développées et complétées au cours de cette étude.

De cette brève énumération, on peut conclure qu’on a déjà décrit, chez les Gastéropodes, les principaux éléments que les recherches de ces dernières années ont montrés dans les cellules nerveuses d'autres animaux. Mais il reste à comparer ces formalions à celle des autres groupes zoologiques et à étudier leurs

DE LA CELLULE NERVEUSE. di

variations dans les divers états physiologiques et pathologiques. C'est ce que j'ai entrepris de faire dans le présent travail.

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