IT ANATOMIE DES GANGLIONS NERVEUX D'HELIX
Le système nerveux des différents Pulmonés ayant, comme de Lacaze-Duthiers et de Nabias l'ont montré, une remarquable fixité d'organisation, il me suffira de décrire l'anatomie des ganglions périæsophagiens d’Helix pomatia pour donner une idée de l'aspect de ces organes chez la plupart des types que j'ai étudiés : Helix pomatia, H. aspersa, H. nemoralis, H. hortensis, Arion rufus. La disposition des ganglions est un peu différente chez les Opisthobranches que j'ai observés, mais je ne crois pas utile d'en faire la description, celle-ci se trouvant dans la plupart des traités classiques, et les rapports des diverses parties des ganglions étant sensiblement les mêmes.
On trouvera dans les travaux de Leydig (1862), de Lacaze- Duthiers (1872-1887), Bôühmig (1883), de Nabias (1894), la description détaillée de l'anatomie des ganglions nerveux des Pulmonés.
Chez Helix pomalia, particulièrement étudié par Bôhmig, le système nerveux central forme un collier autour de l’œsophage. Quand l'animal est étendu, ce collier est accolé à la partie postérieure ‘ du bulbe radulaire; quand l'animal est rétracté, 1l passe en sautoir autour ou même en avant. En son centre passent l’æœsophage et les glandes salivaires. Les ganglions dorsaux, antérieurs et supérieurs, sont au nombre de deux, semblables et symétriquement placés par rapport à l'axe longitudinal de l'animal; on les appelle cerveau, ganglions cérébroïdes, ganglions sus-æsophagiens. Celui de droite est un peu plus gros et donne naissance à un nerf impair, le nerf pénial. Dans chaque
1. L'animal étant orienté la bouche en avant, le pied en-dessous, dans sa position naturelle; de Lacaze-Duthiers et ses élèves orientent les animaux différemment : ils placent la bouche en haut, le pied en avant, la cavité pal-
léale en arrière, Le foie en bas.
ganglion, on peut distinguer trois régions : une antérieure, le protocérébron ; une moyenne, le mésocérébron; une postérieure, le postcérébron. Le protocérébron contient un grand nombre de très petites cellules, la plupart de même taille ; Sicara (1873) et Joyeux-Laffuie (1882) l'ont appelé lobule de lasensibilité spéciale. Le mésocérébron, ganglion commissuraf de Fischer et Crosse (1875), et le postcérébron ont des cellules de tailles variées.
Des ganglions cérébroïdes partent, d'après de Nabias, 19 nerts, dont 18 pairs et symétriques et un impair à droite. Ces nerfs sont:
4" paire : nerfs du gros tentacule ou nerfs olfactifs.
2° paire : nerfs optiques.
3° paire : nerfs péritentaculaires externes.
4° paire : nerfs péritentaculaires internes, se rendant, ainsi que les précédents, dans le tégument du gros tentacule qu'ils innervent en totalité.
5° paire : nerfs de l’otocyste.
6° paire : nerfs labiaux internes.
T° paire : nerfs labiaux médians dont la branche externe inerve le petit tentacule.
8° paire : nerfs labiaux externes ou gustatifs.
9° paire : nerfs du stomatogastrique.
Nerf impair : nerf pémial.
En outre de ces nerfs, les ganglions eérébroïdes émettent chacun trois autres troncs nerveux : un premier, court et gros, relie les deux ganglions en passant au-dessus de l'œsophage, c'est la commissure cérébroïde; les deux autres, partant du postcérébron, se rendent aux ganglions sous-æsophagiens; le premier, inférieur, est le connectif cérébro-pédieux; le second, supérieur, le connectif cérébro-viscéral (Fig. HD.
Lesganglions pédieux sont inférieurs, symétriqueset réguliers ; ils sont reliés entre eux par deux commissures transversales, l’une antérieure, l’autre postérieure, les commissures pédieuses. De ces ganglions partent de nombreux nerfs se rendant dans les diverses parties du pied et, d'après de Lacaze-Duthiers, le muscle columellaire. 11s sont reliés, comme on l'a déjà vu, aux ganglions cérébroïdes par les connectifs cérébro-pédieux; ils le sent aussi aux ganglions viscéraux par une paire de connectifs
DE LA CELLULE NERVEUSE. 19 de direction supérieure et postérieure, appelés connectifs viscéro-pédieux.
Les ganglions du centre viscéral sont séparés par l'aorte des ganglions pédieux. Ils forment une chaîne de cinq ganglions placée en arrière et au-dessus des ganglions pédieux. De Lavaze- Duthiers leur a aussi donné les noms de groupe inférieur, groupe asymétrique.
En allant de droite à gauche, on rencontre, d’après
Bôühmig, le ganglion commissural droit, le ganglion viscéral droit, le ganglion génital, le ganglion viscéral gauche, le ganglion commissural gauche. De Lacaze-Duthiers a depuis proposé d'appeler les deux ganglions viscéraux de Bôhmig ganglions palléaux etleganelion génital, ganglion viscéral ou splanchnique. Les
ganglions commissuraux
sont les plus petits; ils ne : ; Fig. IT, — Système nerveux central d'//elix pomadonnent naissance à aucun lia, un peu schématisé, d'après A. Lang (1900): e à a, ganglions buccaux; b, nerf oculaire; €, racineri ; seuls en partent les nes oculaires; d, ganglions cérébroïdes ; 0, ganglions pédicux; f, ganglions pleuraux; y, ganglions pariétaux; À, ganglion viscéral.
connectifs cérébro-viscéraux el viscéro-pédieux, qui avec les connectifs cérébro-pédieux forment les triangles latéraux de de Lacaze-Duthiers. En arrière sont les ganglions palléaux, reliés aux ganglions commissuraux et au ganglion viscéral; de leur face lattrale part un nerf qui se ramitie dans le manteau. Le ganglion viscéral, postérieur, impair, asymétrique est le plus gros; de sa surface partent un nerf palléal antérieur ou pré-vulvaire, un nerf aortique et un nerf viscéral, Le plus gros, dont les branches innervent la plupart des organes : organes génilaux, torlillon, cœur.
Tout ce système de ganglions, de connectifs, de nerfs, est enveloppé dans une masse de tissu conjonctif qui, particulièrement chez Helix pomatia, rend la dissection très difficile.
Sur les coupes, tous les ganglions présentent une région interne et une région externe. La région interne, qui se continue dans les connectifs, les commissures et les nerfs, ne renferme qu'ün petit nombre de petites cellules interstitielles, et un complexus de fibres, la subtance ponctuée de Leydig. Nous verrons plus loin si l'on peut résoudre la question de savoir s’il s’agit là d’un réseau ou d’un plexus. La région externe, sauf au passage des nerfs, commissures et connectifs, est occupée par un grand nombre de cellules nerveuses, de dimensions très diverses, généralement piriformes et unipolaires, à prolongement dirigé vers le neuropile ou les nerfs qui en partent, entourées par des cellules interstitielles uniformes, qu'on peut appeler cellules de névroglie, dont les prolongements très nombreux enveloppent les cellules nerveuses. Les ganglions sont entourés par une couche assez épaisse de tissu conjonctif très colorable.