Soins post-opératoires
I ya lieu d'’insister sur les soins conséculifs à l'opération. ï L’opérée sera couchée dans le décubitus ventral pendant les six ou huit premiers jours qui sui-
vront l'intervention. Cetie position, un peu pénible,
et à laquelle il faut habituer les mslades avant l'opération, finit par être acceptée par celles-ci qui désirent par-dessus tout voir supprimer cet écoulement d'urine si pénible pour elles. La position ventrale, qui n’est d’ailleurs pas indispensable (obs. XL), serait remplacée par le décubitus latéral alternati-
vement droit ét gauche, si elle ne pouvait êire tolé-.
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Beaucoup plus importante est la surveillance du,
bon fonctionnement du drain vésical. Elle sera confiée à une garde expérimentée, et fréquemment vérifiée par le chirurgien lui-même. L’extrémité du drain plongera dans un urinal placé en contre-bas, à côté de la malade. Cet urinal sera tenu très propre, vidé à heures régulières, quotidiennement désinfecté.
Il ne sera pratiqué par le drain que les ‘'avages indispensables à l'entrelien de sa perméabilité. Au cas où il viendrait à être bouché, on le gemplacerait plutôt que d'essayer de le déboucher par des irrigations intempestives : plus la vessie sera tranquille, plus la fistule aura chance de guérir.
On veillera à la propreté du pansement. On ne le remplacera que s’il est mouillé, ou souillé.
La malade restera constipée penctant six jours. S'il apparaissait des douleurs vésicales, on les calmerait par des lavements lau‘anisés ou d:s suppositoires belladonés. 7
Les fils seront retirés le neuvième ou le dixième jour. Le drainage sus-pubien sera enlevé le quin-
zième jour et remplacé alors par une sonde de Pezzer
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mise dans l’urètre, de façon à provoquer la fermeture de la fistule hypogastrique.
Grâce à la présence de cette sonde, la malade ne mouillera pas son pansement et la plaie hypogastrique guérira rapidement, généralement en l’espace de six à dix jours. Parmi les 66 observations que nous rapportons, il n’a point été constaté de fistule hypogastrique persistante.
La malade pourra se lever dès que la fistule hypogastrique sera fermée, du seizième au vingt et unième jour en général. La sonde urétérale sera alors enlevée. La guérison sera dès lors considérée comme définitive. Celle-ci, d’ailleurs, est assurée au plus tard à partir du quinzième jour, si aucun suintement d'urine par le vagin ne s’est produit jusque-là.
Il faudra d’ailleurs toujours vérifier, chez une malade qui se plaint de perdre encore ses urines après l'opération, qu'il s’agit bien d'un échec et non d’une incontinence d’urine temporaire ou définitive par destruction du sphincter vésical (obs. III, XXX, XXXIX) ou par coïncidence d'une fistule uré- téro-vésicale (VI, XXXVIII).
La cystoscopie post-opératoire permettra de cons-. tater combien la capacité vésicale se rétablit rapidement. Elle montrera que les lésions cicatricielles s’effacent rapidement : pendant les premiers jours qui suivent la guérison, on constatera de la congestion (LVIII), de l’œdème de la muqueuse vésicale (XXVI). Les catguts sont disparus dès le vingtième jour. Au bout de plusieurs mois, on n’aperçoit plus
P. Viollet [A
qu’une cicatrice pâle, blanchâtre (LX), linéaire (XIX) ou stellaire (II). Parfois les orifices urétéraux sont agrandis, béants, rapprochés (XIX, LVIII). Parfois, on ne retrouve plus aucune trace de la fistule cicatrisée (XXII). =
La guérison étant obtenue, il sera prudent de sui-
vre, pendant quelque temps, les opérées, afin de véri-
fier si la guérison s'est maintenue, des récidives ayant été constatées (LVI); afin aussi, dans certains cas, de remettre en état une vessie infectée et rétrac-
tée..