‹ Contribution à la dosimétrie en rontgenthérapie de voltage élevéChapitre 16 sur 63 · METHODES PHOTOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

METHODES PHOTOGRAPHIQUES

D'une façon sporadique se produisent des tentatives en vue de mettre au point une méthode photographique, il serait d'ailleurs plus exact de dire rœntgengraphique.

() On utilise également la cellule photo-électrique (avec fenêtre fluorescente) pour le dosage des rayonnements ultra-violets “utilisés én thérapeutique (Latarjet [200]).

Et cela d'un bout à l’autre de l'échelle des radiatiens :

Gorl et Voigt [114], Reisner [297], Glasser [96] ont tenté l'emploi de films pour la dosimétrie des rayons de Bucky, avec, semble-t-il, des résultats médiocres.

Successivement, Zuppinger [388|, Mazérès [237], den Hoed et Stoel [67], Gueben [120], Gueben et Dumont [121] ont établi, par cette méthode, les courbes d’isodoses d’un tube de radium. Et Gueben et Dumont, tout en ne célant pas qu'il s’agit 1à d'une méthode délicate, aux causes d’erreurs multiples (nous y revenons nous-même, plus loin, p. 46 et suiv.), qu’elle à fourni « des détails de courbes d’isodoses qui n’apparaissaient pas par les autres méthodes ».

Plus récemment, Hamann, assistant d’Holthusen {131} a longuement étudié le dosage radiumthérapique par photographie (radium ou curiegraphie).

Mallet [220], à propos de l’étalonnage en unités &« r » du rayonnement gamma, pense que « la méthode photographique proposée par le prolesseur Holthusen semble plus apte que lionisation à donner la solution du problème, à condition d'opérer dans un milieu diffusant aqueux ».

En ce qui concerne spécialement les rayons X à haut voltage, des auteurs, rares d’ailleurs, tel Mueller [249], veulent abandonner l’ionométrie pour la remplacer « par lancienne méthode de noircissement photographique ».

Mais, d'autre part, les critiques et les condamnations ne manquent pas.

Mallet écrit [217] : « La méthode photographique n'a d’intérêt qu'au point de vue purement qualificatif et ne peut, à la rigueur, être employée que pour des mesures relatives à une épreuve donnée, à condition d’être dans la partie linéaire de la courbe de noircissement. » Et il insiste sur « les nombreuses causes d'erreurs » que, nous le répétons, nous envisagerons plus loin.

Jaeckel [167] critique sévèrement la méthode photographique de Dessauer.

Entre cet optimisme et ce pessimisme, il y a place pour un moyen terme : la méthode photographique, qui ne peut être une méthode de précision, peut être suifisante pour l'usage courant (Meyer [241, 242]) à condition d’être fréquemment contrôlée vis-à-vis des mesures d’ionisation étalons (Wilsey

Pour notre part, nous voudrions présenter une critique, d'ordre général, visant les méthodes photométriques et photographiques.

Un élément de volume dv (fragment de tumeur) situé soit en surface, soit dans la profondeur du corps irradié, reçoit, on le sait, non seulement le rayonnement primaire incident, plus le rayonnement secondaire de diffusion de même direction que le rayonnement primaire (soit de même sens, soit de sens contraire [de retour]), mais encore les divers rayons de diffusion latéraux et dont la direction fait avec la direction incidente un angle compris entre O0 et 90°.

La conclusion immédiate de cette constatation — pour maintenir autant qu’il est possible un parallélisme étroit entre ces considérations physiques et les applications biologiques — est que, de même que l’élément de volume irradié a trois dimensions, ce qui lui permet de recevoir les rayonnements de directions très diverses, comme nous venons de lexposer, un dosimètre doit lui aussi avoir frois dimensions, pour pouvoir rendre compte de l’ensemble de ces différents rayonnements; ou, tout au moins, il devra, avant ses deux plus grandes dimensions dans un plan perpendiculaire à la direction cu rayonnement primaire incident, avoir une troisième dimension (dans la direction de ce rayonnement primaire) qui ne pourra pas être considérée comme négligeable vis-à-vis des deux premières.

Page 1