ETUDE DE LA PERMEABILITE AU RAYONNEMENT DES CHAMBRES IONOMETRIQUES
Compte tenu de l'importance des conducteurs et du dispositil d'enregistrement, le problème de la dosimétrie ionométrique paraît dominé par la question de la perméabilité au rayonnement des chambres.
Et jémulation que montrent inventeurs, constructeurs de chambres, nouvelles ou rénovées, à proclamer la pariaite perméabilité des dites chambres, montre bien qu'il s’agit de la principale pierre d’achoppement, sinon la seule véritable ©.
Mallet insiste [221, 225] sur la qualité de ses micro-chambres (surtout celles en magnésium), qui sont « pratiquement indépendantes de la longueur d’onde ».
Le dosimètre de Strauss (ou mékapion) aurait « une chambre d’ionisation indépendante de la longueur d’onde ».
De même, le dosimètre instantané de Siemens serait utilisable, « quelque soit la dureté » des rayons X [41.
La chambre condensateur à paroi de graphique récemment proposée par Thoraeus (mai 1937 [349]) enregistrerait, selon son inventeur, tous les rayonnements X à partir de 50 kV. avec une marge d’érreur ne dépassant pas 5 p. 100.
Et ainsi de suite.
(1) Meyer [239, 240] et Miehlnickel [244] pensent, mis à part le facteur densité de la substance constituant la paroi, que la dépendance des
chambres à usage clinique vis-à-vis de la longueur d'onde est en relation étroite avec le rapport :
surface de la chamore
volume de la chambre
Failla pose bien le problème en notant [93] qu'il faut s'assurer que la chambre d’ionisation de l’ionomètre ne présente pas d’ « effet de paroi » (wall-effect) pour une échelle de longueurs d’onde suffisamment large pour comprendre la longueur d'onde minima du faisceau primaire et la longueur d'onde maxima pratique du rayonnement difiusé.
Notre maître et ami, le professeur Wangermez, a, dès février 1933 [362], attiré l’attention sur ce point. «Il est possible, propose Glasser, au cours de la discussion du rapport compact de Failla [89, 93, 395], dont nous nous occupons plus loin, que la paroi de la chambre absorbe les rayons diffusés les plus mous et que, pour cette raison, ceux-ci ne soient pas enregistrés. » Wangermez avait déjà répondu, par avance, que cette « possibilité » était bien une réalité, et ce de la façon suivante :
Radiographiant sur le même film les différentes chambres (Dauvillier, Hammer, Solomon), avec des rayons X de dureté variable, il avait mis en évidence l’opacité plus ou moins importante de leurs parois.
Du rapport de Failla (mars 1933 [93]), nous relèverons les points qui nous intéressent spécialement.
Faïlla étudie P « exactitude » des « petites » chambres d’abord avec des rayons rœntgen correspondant à une tension de 200 kV. Il les compare, en premier lieu, à la « grande » chambre étalon (standard), et il trouve un parallélisme plus ou moins étroit entre la petite chambre en celluloïd (épaisseur : 0,2 mm.) et la chambre étalon, pour les petites longueurs d'onde, mais une discordance considérable pour les grandes longueur d'onde. C’est là une constatation importante à noter (malgré, remarquons-le, la faible épaisseur de la paroi de celluloïd, et, de ce fait, la possible pénétration de rayons X relativement mous).
Un autre résultat, surprenant pour le moins, et que Failla se garde de discuter, est le fait que le taux de transmission dans l’eau ne varie pas, ou varie peu, suivant la nature des parois des chambres.
je, A0 ve Relevons quelques nombres :
Tension : 200 KV.
ue
Are Cuivre Chambre : Celluloïd FRERES Sn Plonb A Epaisseur : 0,2 mm. 3,4 mm. 0,4 mm.
eau ! | 32. % 349 % 29 % 10 29 % }
Un même taux de transmission en profondeur, soit avec une chambre à paroi de celluloïd peu épaisse, soit avec une chambre à paroi de cuivre ou de plomb, ne nous paraît pas rendre un compte exact des phénomènes.
Remarquons, d’ailleurs, pour les chambres en celluloïd, que, plus l'épaisseur est forte, plus le pourcentage en profondeur est élevé : encore un résultat qui nous paraît anormal.
« Il y aurait (c'est Faïlla qui parle, et nous traduisons le plus fidèlement possible) un concours particulier de circonstances, grâce auxquelles l'«effet de paroi» pour la qualité du ravonnement à la suriace de l’eau est du même ordre que pour la qualité du rayonnement à 10 cm. de profondeur, quoique sans doute la distribution spectrale du rayonnement aux deux niveaux soit différente. »
Pour une tension de 700 KkV., ensuite, les résultats sont assez discordants. C’est ainsi que la dose profonde est trouvée plus élevée avec une chambre en aluminium qu'avec une chambre en celluloïd :
D ‘au (aluminium) : 48,3 %.
10 (celluloïd, 0,2 mim.) : 41,2 %.
Et, d’ailleurs, Faiïlla conclut, avec une prudente réserve : si lon se limite à la mesure de doses profondes relatives, la
« petite » chambre « is probably just as good », pour 700 kV. comme elle paraît l’être pour 200 kV.
LA
Failla adopte la chambre en celluloïd, à paroi la plus mince (0,2 mm.) : en définitive donc, et malgré certains résultats discordants, il est d’accord avec ce que nous pensons.
Avant d’en terminer, nous voudrions dire combien ces recherches de Failla, ces comparaisons entre la chambre étalon et ces petites chambres, construites spécialement pour la recherche en cours, avec des parois pouvant être en cuivre ou en plomb (ce qui est, on l’admettra, tout à fait en dehors de la dosimétrie courante), nous paraissent situées trop dans abstrait, loin du réel .
Il nous semble plus instructif, en vue des applications à la dosimétrie clinique, d'étudier les ionomètres qui sont iournellement à la disposition du radiothérapeute, quitte évidemment, le cas échéant, à proposer pour ces chambres les améliorations qui paraîtront nécessaires.
Toujours cette même année 1933, Hermann et Jaeger [145] ont exposé leurs résultats : ils ont trouvé que la paroi des « petites chambres » (ainsi appelées par opposition aux « grandes » chambres standard) les plus fréquemment utilisées en dosimétrie est « suffisamment épaisse » pour absorber, jusqu’à 600 KV., « les électrons secondaires de voisinage ».
Cette question de la transparence plus ou moins parfaite des parois des chambres a fait l’objet d’une discussion à la Société de radiologie médicale de France (séance du 12 novembre 1935) à la suite d’une communication de Solomon [329].
Récemment encore (juillet 1936), Glasser et Rovner [104] relèvent les travaux de nombreux auteurs portant sur l’étude de la composition des chambres ionométriques; ils font en
(1) Failla ne déduit, de son étude, aucune donnée pratique; et ses petites chambres ne paraissent pas avoir été, après sélection, utilisées par lui dans la pratique rœntgenthérapique.
Récemment (septembre 1936), Ward, Wirth et Rose [370] ont tenté l'emploi de la petite chambre de Failla à paroi de celluloïd. Cette chambre, pas plus que d’autres, ne leur a donné satisiaction. Ils ajoutent, avec un détachement sceptique : « en choisissant la chambre, on peut obtenir pour la dose en profondeur n'importe quelle valeur désirée », en concluant ; il est clair qu’il reste à travailler sur ce sujet.