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MALADIE DU SOMMEIL

Je passerai tout d’abord rapidement sur une filariose de minime importance, il s’agit de la filaire contournée, de la lilaria volvulus qui n’ a été observée que sur les noirs de la côte d’or.

Les embryons diurne et persistant ont pour nous beaucoup plus d’intérêt, d’autant que le Craw-Craw et la maladie du sommeil ont été rattachés à la filariose persistante par Patrick Manson.

Toutes ces affections ont à peu près la même distribution géographique, toutes sont limitées à la côte occidentale d'Afrique, depuis l'embouchure du Sénégal jusqu’ au sud de ta République de Benguela, c’est-à-dire jusque vers les territoires dits du sud-ouest africain. Toutefois, il est des points plus particulièrement contaminés. C’est ainsi que la filaire diurne et la filaire persistante surtout, se rencontrent de préférence au Vieux Calabar, au fond du Golfe de Guinée, ainsi qu’ au Congo.

Quant à l’hypnosie découverte par Clarke en 1840 à Sierra-Leone, elle règne en dehors de cette colonie anglaise d’une façon particu-

U J’ai même examiné un Zanzibarite, qui avait été rapatrié pur errcqr avec les convoyeurs Kabyles.

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lièrement intense : an Sénégal,

à Grand Bassani, sur la Côte d’or

et au Congo. ])

Elle décime certains centres de notre colonie du Sénégal, quelques uns de nos postes comme Portudal et Joal en face de l’ilôt de Corée, ont été de temps à autre, si cruellement atteints, que chose extraordinaire sous les tropiques, l’on a été obligé de relever la garnison nègre par des blancs et d’y placer des soldats d’infanterie de marine (Corre). Dans ces cercles de Portudal et de Joal dont je viens de parler et qui ont, été visités autrefois par Corre à ce point de vue tout particulier ~), la maladie se voit principalement chez les individus qui viennent du dehors.

Les Sarracolais, les Foulahs, les Wolofs et les Sérères du Sine et du Saloun sont surtout victimes de l’affection nous dit l’auteur. Les populations sédentaires sont plus épargnées, il semble qu’il y a là une sorte d’accoutumance, d’acclimatement, d’immunité relative vis-à-vis de la maladie en quelque sorte localisée.

Les colonies portugaises d’Angola et de Benguela lui paient également un assez lourd tribut. Dans certains points de l’Angola notamment, la maladie devient une véritable pierre d’achoppement pour la colonisation nègre.

Sauf le Craw-craw, que j’excepterai, parce qu’ h mon avis, il ne s’agit que d’une papulose filarienne banale et non d’une entité morbide bien définie; toutes ces affections sont nettement des maladies de nègres dans un certain milieu. Pour ne parler que du nélavane, l’on a certes signalé des soi-disant exceptions, Corre en rapporte deux, mais elles sont loin d’être probantes; le mulâtre dont il parle ne constituerait après tout qu’une demi-exception; quant à l’observation du seul blanc atteint, il faut se montrer très Sceptique à son égard, étant donné, qu’elle a été prise par quelqu’un de tout-à-fait étranger à la médecine, par un missionnaire.

Ce sont donc bien des affections des nègres vrais, toutefois, ce qui prouve qu’il ne s’agit pas de maladies purement ethniques, c’est qu’elles 11e se rencontrent que sur la côte occidentale d’Afrique et ne se voient plus sur les noirs d’Amérique, depuis que la traite a été supprimée. La question de milieu a donc en l’espèce une importance capitale.

1) Actuellement la parasitologie et la bactériologie se disputent la pathogcnie du nélavane; en raison de la marche si spéciale de la maladie et de sa localisation géographique; je pencherais volontiers pour un protozoaire sanguieole dans le genre du trypanosome qui est probablement l’auteur des méfaits attribués à la mouche tsé-tsé.

’) Corre, Archives de médecine navale 1877.

Avant de terminer avec les filarioses africaines, je dois signaler la présence de la tilaire de Deniarquay dans tout le Bas-Niger, ce parasite découvert par Manson aux petites Antilles pourrait bien être encore d’extraction Africaine; des recherches ultérieures montreront ce que cette assertion peut avoir de vrai, pour le moment, nous ne saurions insister d’avantage.

Le Goundou.

Reste le Goundou, encore une maladie de nègres de la côte occidentale d’Afrique ; le Goundou, si l’on s’en rapporte à la relation de Mr. Maclaud médecin de la marine attaché à la mission Braulot a une localisation bien tranchée.

Cette maladie du »gros nez” qui nous est encore très imparfaitement connue, se rencontrerait dans la proportion de 1 à 2°/0, dans les villages des districts de Bettié et de Krinjabo ; dans l'indénié, l’Attié, le Morénou, le Baoulé et l’Esikasso ; en somme dans tout le cours du Bas Comoë. Dans ces pays d’ailleurs, les hommes ne sont pas seuls atteints, Mr. Maclaud qui nous a donné la première description L) de la maladie l’a observée à Bettié chez un jeune chimpanzé.

La maladie ne se voit que dans la grande forêt, elle n’est pas spéciale à la race Agni qui l’habite, car les personnes étrangères qui viennent y séjourner peuvent la prendre, Maclaud cite à ce propos une observation tout-à-fait probante.

L’on voit par ce court exposé de Géographie médicale que l’Afrique possède bien quelques entités morbides qui lui appartiennent en propre. Quoique la Bilharziose fasse un peu exception, en raison de ses incursions d’ailleurs expliquées sur la côte d’Asie qui se trouve en face, nous persistons à la considérer comme la plus importante des maladies africaines à cause de sa prédilection tout-à-fait marquée pour notre continent qu’elle occupe du nord au sud et de l’est à l’ouest, dans presque toute son étendue.

Alger, 25 Juin ’98.

i) Archives de medecine navale 1895.

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