‹ Contribution à la myologie des rongeursChapitre 16 sur 96 · LAS N NS NS · texte numérisé non relu

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Fig. XX VII. — Radius et cubitus gauches du Lièvre : insertions musculaires. Grandeur naturelle. A, Face externe ou d'extension ; B, Face interne ou de flexion. 1, Longue portion du triceps ; 2, Vaste interne ; 3, Gubital postérieur ; 4, Extenseur du 4° doigt ; 5, Extenseur lu pouce ; 6, Extenseur du cinquième doigt ; 7, Epitrochléo-olécranien ; 8, Dorsoolécranien ; 9, Vaste interne ; 10, Cubital antérieur ; 11, Biceps et brachial antérieur ; 12, Faisceau radial du fléchisseur perforant ; 13, Faisceau cubital du fléchisseur perforant ; 14, Rond pronateur,

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Fig, XXVIIL — Radius et cubitus droits de la Marmotte ; insertions musculaires. Grandeur naturelle. A, Face interne ou de flexion ; B, Face externe où d'extension. 1, Vaste interne ; 2, Longue portion du triceps ; 3, Cubital antérieur ; 4, Brachial antérieur ; 5, Delto-claviculaire superficiel ; 6, Faisceau cubital profond du fléchisseur perforant ; 7, Carré pronateur ; 8, Long supinateur ; 9, Rond pronateur ; 10, Faisceau radial profond du fléchisseur perforant: 11, Biceps brachial; 12, Court supinateur; 15, Vaste externe ; 14, Extenseur du pouce ; 15, Extenseur de l'index ; 16» Cubital postérieur; 17, Dorso-olécranien.

Fig. XXIX. — Face antérieure de l'extrémité inférieure de l’humérus gauche chez : À, Lepus timidus ; B, Cavia cobaya ; GC, Mus decumanus ; D, Sciurus vulgaris ;E, Arctomys marmotta. — 1, Trochlée humérale ; 2, Trochlée accessoire ; 3, Lèvre externe de la trochlée humérale émoussée chez Cavia ; 4, Epitrochlée ; 5, Crête épicondylienne ;6, Condyle huméral.

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Résum£. — La comparaison du squelette dans les espèces qui viennent d’être décrites permet de faire quelques observations intéressantes.

1° Les os sont surtout longs et légers chez le Coureur et chez le Grimpeur (Lepus timidus, Sciurus vulgaris) : ils sont au contraire plus courts et plus massifs chez le Fouisseur {Lepus cuniculus, Arctomys marmotta). Cette différence fonctionnelle du volume ressort surtout de la comparaison de deux types aussi voisins comme famille que Lepus cuniculus et Lepus timidus. Ghez ce dernier, les diaphyses de l'humérus et du radius sont plus élancées, plus grêles et plus longues ; les extrémités articulaires sont moins renflées : la cavité olécranienne de l'humérus est perforée, tandis qu’elle ne l’est pas chez le Lapin. Le cubitus surtout est remarquable par la transformation de son corps en une lamelle mince et flexible. Chez le Fouisseur vrai (Arctomys) les os sont trapus etvolumineux; l'extrémité inférieure de l’'humérus présente une masse et un diamètre transversal considérables en rapport avec les grandes proportions du squelette et des muscles de l’avant-bras.

2’ Chez le Grimpeur et le Fouisseur (Mus decumanus, Sciurus vulgaris, Arctomys Marmotta) la fosse sus-épineuse est plus étendue que dans les autres types. L'implantation de l’épine scapulaire se rapproche du milieu de la face externe del'os, tandis qu'elle avance vers le bord antérieur dans les autres types (Cavia, cobaya, Lepus cuniculus, Lepus timidus et surtout Dipus ægyptius). En même temps que la fosse susépineuse s'agrandit, l’acromion est plus large et se porte en avant (Mus, Sciurus, Arctomys), tandis qu'il est étroit et projette en arrière une longue apophyse récurrente chez Cavia cubaya, Lepus cuniculus et Lepus timidus.

3° Les principales différences fonctionnelles dépendent

de la mobilité des os de l'avant-bras et portent surtout sur l'articulation du coude. On peut diviser les animaux examinés en deux groupes : ceux dont l’avant-bras est immobile (type Lepus), ceux dont l’avant-bras jouit de mouvements de pronation à un degré quelconque. La morphologie des surfaces en contact, humérus, radius et cubitus, se modifie dans ces groupes (1).

Dans le premier, la trochlée humérale (Lepus cuniculus, Lepus timidus) est anguleuse et profonde, limitée par deux lèvres tranchantes. En dehors de la lèvre externe, la moitié antérieure seulement de l'extrémité osseuse présente une surface articulaire déprimée, formant comme une trochlée accessoire, plus courte et moins profonde que la trochlée principale (fig. XXIX, A). Dans le second groupe, on trouve les types Arctomys, Sciurus, dans lesquels la trochlée se continue en dehors avec un condyle bien conformé. Plus ou moins saillant, plus ou moins allongé transversalement, il occupe seulement comme la trochléeaccessoire, la moitié externe de la face antérieure de la surface articulaire. Il présente une convexité régulière soit transversalement soit d'avant en arrière, quoique de diamètre différent dans ces deux sens (fig. XXIX, D, E).

A côté de ces types à condyle complet, la série des humérus examinés en offre plusieurs à des degrés intermédiaires de développement, C’est ainsi que chez Cavia (jig XXIX, B), lalèvre externe de la trochlée s'émousse et forme en avant une saillie verticale et oblongue en dehors de laquelle on trouve encore une surface déprimée en gorge de poulie. Chez Mus (fig. XXIX, C),*cette surface se soulève et tend à se fusiôuner avec le condyle, fusion encore plus accentuée chez Dipus, qui semble

(1) ALEZAIS. L’articulation du coude et la prono-supination de l’avantbras. C. R. Soc. Biol. n° 19, p. 508, 1900.

posséder un condyle légèrement déprimé sur sa partie antéro-externe par un sillon vertical.

Ces différences morphologiques répondent exactement aux différences fonctionnelles. Nulle dans le premier eroupe, chez le Coureur (Lepus timidus et chez Lepus cuniculus, quoiqu'il soit aussi fouisseur), la mobilité des deux os de l’avant-bras l’un sur l’autre apparaît dans le - groupe intermédiaire, à peine sensible chez Cavia, plus nette chez Mus et surtout manifeste chez Dipus. La réduction du membre antérieur chez ce dernier animal n'implique pas, en effet, l'absence de fonction. Quoique soustrait à la locomotion, le membre sert à la préhension et conserve à ce titre, malgré ses faibles proportions, une certaine mobilité. Celle-ci est surtout marquée chez le Grimpeur et le Fouisseur vrai: la rotation du radius autour du cubitus atteint 45° chez Sciurus et 50° chez Arctomys. On assiste donc en suivant ces types intermédiaires au développement de la saillie condylienne à mesure que la pronation augmente. La lèvre externe de la trochlée, d’abord anguleuse et encastrée dans une dépression sagittale du radius, perd son tranchant, s’arrondit peu à peu en empiétant sur la partie externe de la surface articulaire qui se trouve soulevée tout entière et devient globuleuse quand l’avant-bras est capable de pivoter. On trouve encore dans ce cas, en rapport avec le développement des muscles de l’avant-bras, une épitrochlée volumineuse et une crête épicondylienne s’enroulant autour de la partie inférieure du bord externe de l'humérus.

On peut donc en déduire que la présence d’une surface condylienne à la partie antéro-externe de la surface articulaire inférieure de l'humérus et que l'existence d'une crête épicondylienne et d’une épitrochlée volumineuse sont en rapport avec la pronation des os de lavant-bras ; que le degré de cette pronation a pour

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mesure le degré de formation du condyle et que la pronation, ou plutôt la présence du condyle complet, semble indiquer que l'animal est un grimpeur ou un fouisseur.

Du côté des os de Favant-bras, chez les animaux dépourvus de pronation (Lepus, Cavia) la petite cavité sigmoïde ou portion radiale de la surface articulaire supérieure du cubitus occupe toute la face antérieure de l'os et supprime la saillie de l’apophyse coronoïde ; du côté du radius, la partie postérieure de l'extrémité supérieure est plate et sa surface articulaire humérale est divisée par une rainure antéro-postérieure assez profonde.

Chez les animaux à avant-bras mobile (Mus, Dipus, Sciurus, Arctomys), l’apophyse coronoïde existe et la petite cavité sigmoïde, au lieu d’être transversale, se dirige obliquement en avant et en dedans sur sa partie antéro-externe. Le pourtour articulaire de la tête radiale est plus ou moins arrondi et sa cupule hamérale est régulièrement déprimée quoique plus ou moins allongée transversalement. Dans les types intermédiaires, on voit la rainure antéro-postérieure du radius s'atténuer de plus en plus tandis que l’apophyse coronoïde se soulève. Chez Ca via, la rainure est peu profonde et arrondie, elle n’est plus qu'une faible ondulation de la surface chez Mus et a presque disparu chez Dipus.

Conclusions : 1° Les os du membre thoracique sont plus grêles et plus longs chez le Grimpeur et le Coureur, plus forts, plus courts et plus massifs chez le Fouisseur.

2° Chez le Grimpeur et le Fouisseur, la fosse sus= épineuse de l’omoplate est plus étendue que dans les autres types, l'acromion est plus large et se porte en avant.

3° L'existence sur l'humérus d'un condyle, d'une crête

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épicondylienne et d'une épitrochlée volumineuse, sur le cubitus de l'apophyse coronoïde et la disposition en cupule de la surface humérale du radius sont fonction de la prono-supination de l’avant-bras.

4° La prono-supination semble appartenir surtout au Grimpeur et au Fouisseur : elle existe aussi chez Dipus, dont la main est adaptée à la préhension.

Il. — SYSTÈME MUSCULAIRE

1 — Tronc 1. — Trapèze

Le trapèze, quand il est complet, comprend trois parties, cléido-cucullaire, acromio-cucullaire, dorso cucullaire, qui se trouvent chez les Myomorphes et les Sciuromorphes. Chez les autres Rongeurs, la portion claviculaire fait le plus souvent défaut et le muscle est réduit à deux portions, l'une antérieure ou acromiocucullaire, l'autre postérieure ou dorso-cucullaire, qui sont continues ou séparées par un fascia aponévrotique.

Cavia cobaya (1). — Chez Cavia comme chez d’autres Caviidés (Ceredon rupestris, Dolichotis patagonica) (2), non seulement la portion claviculaire fait défaut, mais encore l'insertion acromiale du trapèze antérieur n’atteint pas la clavicule comme chez Castor et les Octodontidés (Parsons).

Plus épais que le postérieur, letrapèze antérieur ({g. XXX,

(1)/Insertions inf. ; VIII, B, 15,9, 12, p. 48. (2) BEDDART. Proc. Zool. Soc., 1891, p. 236.

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17) s’insère sur une petite étendue de la partie interne de la

Fig. XXX.- Face latérale du cou du Cobaye ; face externe du membre thoracique. 1, Muscle transverso-maxillaire; 2, Digastrique ; 3, Ptérygoiïdien interne ; 4, Muscle abaisseur de la lèvre inférieure ; 5, Faisceau réftéchi du masséter externe ; 6, Portion claviculaire ; 7, Portion sternale du sterno-cléido-mastoïdien ; 8, Nerî pneumogastrique; 9, Nerî hypoglosse; 10, Scalène antérieur ; 11, Glande thyroïde; 12, Sterno-thyroïdien ; 13, Sterno-hyoïdien ; 14, Omo-cléido transversaire ; 15, Larynx ; 16, Angulaire de l’omoplate; 17, Trapèze antérieur; 17 Trapèze postérieur; 18, Sous-clavier ; 19, Scapulo-claviculaire interne ; 20, Clavicule; 21, Scapulo-elaviculaire externe; 22, Pectoral ; 23, Delto-claviculaire ; 24, Deltoacromial; %5, Pannicule charnu (insertions osseuses); 26, Biceps; 27, Brachial antérieur ; 28, Nerf radial; 29, Longue portion du triceps brachial ; 30, Vaste externe ; 31, Vaste interne; 32, Cubital -antérieur ; 33, Cubital postérieur ; 34, Extenseur propre du petit doigt; 35, Extenseur commun des doigts; 36, Radial externe; 37, Extenseur du pouce; T, Trachée ; OE, OEsophage ; B, Bulle tympanique,.

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