Cubital postérieur
Muscle très fixe étendu de l’épicondyle à la face dorsale de la base du cinquième métacarpien. La seule variation signalée est le déplacement chez Sphingurus de linsertion terminale vers la face palmaire de la base de ce métacarpien. Milne-Edivards lui décrit chez Siphnœus une double insertion à la base des quatrième et cinquième métacarpiens, mais comme il ne parle pas de l’extenseur du cinquième doigt, Parsons (1) se demande si, en raison de la fixité du cubital postérieur et de la mobilité de ce dernier muscle, le tendon qui va au quatrième métacarpien n’est pas l’extenseur du cinquième doigt ayant perdu ses attaches digitales et s'étant fixé à la base du quatrième métacarpien.
Chez Cavia, Mus decumanus, Mus musculus, Dipus ægyptius, Arctomys marmotta, le cubital postérieur ne présente que des variations de volume. Son tendon, chez ce dernier, est très court et ne devient libre qu’au moment de passer dans la gouttière qui est creusée sur la tête du cubitus. Chez les autres, il est libre dès le milieu de l’avantbras (Cavia) ou au niveau du tiers inférieur (Mus, Dipus).
Chez Lepus cuniculus, Lepus timidus et Sciurus vulgaris (1), le cubital postérieur s’insère non seulement à l’épicondyle mais au cubitus. Chez les deux premiers, quoique le corps charnu soit très grêle, il adhère sur une certaine étendue à la partie postérieure du cubitus, près de l’olécràne. Chez le dernier, il s'attache au bord postérieur de cette apophyse, mais de plus le corps charnu est remarquable,
(1) PARSONS, loc, cit., 1896, p. 171.
comme chez Arctomys, par son volume qui occupe toute la longueur de l’avant-bras. Le tendon terminal est court et la partie interne du métacarpien sur laquelle il se fixe fait une saillie très accentuée en rapport avec la puissance du muscle.
Le cubital postérieur est un exemple intéressant de l’indépendance réciproque des diverses influences qui modifient le système musculaire. Le développement du muscle, qui est dû à l'influence fonctionnelle, se retrouve chez le Fouisseur et le Grimpeur quoique leur morphologie qui, est due à des influences génériques, soit différente. Le premier n’a qu'une insertion humérale et le second a en plus une insertion cubitale. De même le muscle est réduit chez Lepus malgré sa double insertion, aussi bien que chez Cavia, Mus et Dipus, chez lesquels elle est simple.