Extenseur de l'index; Extenseur du pouce
L’extenseur de l'index forme généralement avec l’extenseur du métacarpien du pouce toute la couche dorsale profonde de l’avant-bras, L’extenseur de la première phalange du pouce, qu’il soit ou non fusionné, comme le veut Meckel, avec l’extenseur du premier métacarpien, est toujours absent (Parsons) chez les Rongeurs, et l’extenseur de la deuxième phalange du pouce existe rarement. Parsons n’a signalé sa présence que chez Hystrix, Castor et Georychus.
Cavia cobaya (2). — L'extenseur de l'index, très atrophié, naît de la moitié supérieure de la face dorsale du cubitus, accolé à l’extenseur du pouce ; il se termine sur un tendon jiliforme qui gagne le deuxième doigt et se fixe à la base de sa deuxième phalange, à côté du tendon de l’extenseur commun. L’extenseur du pouce (fig. XXX, 31, p.18), mieux développé, s’insère sur les deux os et le ligament interosseux ; il s’arrête sur le radius au-dessous du court supinateur et s'élève un peu plus haut sur le cubitus. J'ai
(1) Insertion : XXIV, B, 10, p. 69.
(2) Insertion : XXII, 6, p. 68.
etc
trouvé son corps charnu dédoublé, comme chez le Castor ; une portion se fixait aux deux os et représentait le court extenseur, l’autre provenait seulement du cubitus et pouvait être assimilée au long extenseur. Cette disposition serait favorable à l'opinion de Meckel, mais le tendon terminal restait unique comme dansle cas de fusion des corps charnus et s’insérait au trapèze, après avoir croisé obliquement les tendons des radiaux et l'extrémité inférieure du radius. Avec Murie et Mivart,j ai vu ce tendon envoyer une expansion à la base du deuxième métacarpien : il reste toujours étranger au rudiment du pouce.
Il contribue à mettre la main en extension et agit surtout en relevant le bord radial quand il a été abaissé et mis en pronation forcée par le grand palmaire dont il est l’antagoniste.
Mus decumanus (1). — L'extenseur de l'index, très grêle, s'insère au tiers moyen de la face dorsale du cubitus.
L'extenseur du pouce est assez volumineux. Il naît des trois quarts supérieurs des deux os et du ligament interosseux. Son tendon plat, après avoir croisé obliquement les radiaux, se termine sur la face externe du rudiment du pouce (fig. XLIX, 36, p. 156), comme chez la plupart des Myomorphes (Parsons). Chez Cricetus et Cricetomys, le tendon se dédouble et envoie une de ses portions au sésamoïde radial ou au cartilage palmaire.
Sciurus vulgaris (2) — L'extenseur de l'index est petit et s’insère au tiers moyen de la face d'extension du cubitus. Son corps charnu donne un long tendon qui, après avoir suivi le côté radial de l’extenseur commun, se place sur le côté cubital du deuxième doigt, adhère à la base de la première phalange et se termine sur la base de la seconde.
L'extenseur du pouce est gros. Il naît de la moitié supérieure de la face dorsale des deux oset du ligament interosseux, quoique d’après Parsons son origine ordinaire
(1) Insertion : XXII, 36, 53, p. 69.
R)ilnsertion.: XXIV,-A, 7,5, p. 69
chez les Sciuromorphes n’appartienne qu’au cubitus. Le corps charnu adhère à la partie supérieure de l’extenseur de l'index. Il donne un fort tendon qui croise très obliquement les radiaux et se fixe à la partie externe du rudiment du
pouce (/ig. L, 11, p. 157).
Dipus ægyptius (1). — L'extenseur de l'index, très grêle, se confond à son origine cubitale avec l’extenseur du pouce. Ilest placé sous l’extenseur commun et s’en dégage pour se terminer sur la deuxième phalange de l'index. II porte la main vers le bord radial.
L'extenseur du pouce naît des deux os presque sur toute leur étendue et se fixe au rudiment du pouce.
Lepus cuniculus (2), Lepus timidus (3). — L’extenseur du pouce, quoique très grêle, est bien distinct. Il s’insère sur la moitié supérieure du cubitus et se place sur le bord radial de l’extenseur commun. Son tendon suit la gouttière qui sépare le radius du cubitus. Il passe sous le tendon que l’extenseur commun donne à l'index et sur l'insertion du deuxième radial. Il se divise en deux portions: l’externe se fixe au milieu du dos du deuxième métacarpien ; l’interne passe distalement à l'insertion du premier radial qu'elle contourne en décrivant une courbe à concavité supérieure et se fixe à la base du pouce rudimentaire par des tractus fibreux qui adhèrent à sa partie interne. Elle continue son - trajet sur le dos du pouce et se termine près de l'ongle.
Sur le bord interne de l’avant-bras, on trouve, à côté du cubital postérieur, deux extenseurs, l'un pour le quatrième doigt, l'autre pour le cinquième. Celui du quatrième doigt, plus grêle, prend naissance sur l’épicondyle, l’autre sur le bord interne du cubitus,en dedans de l’extenseur de lPindex. Leur tendon assez fort suit le bord interne du doigt correspondant et, comme celui de l’extenseur précédent, adhère à l'articulation de la deuxième avec la troisième phalange
(1) Insertion : XXV, 10, p. 70.
(2) Insertion : XX VI, 7, 6, 5, p. 70.
(3) Insertion : X XVII, 5, 4, 6, p. 71.
et se termine avec le tendon de l’extenseur commun sur la base de la troisième.
Arctomys marmotta (1). — L'’extenseur de l'index, très grêle, nait du tiers inférieur de la face postérieure du cubitus. Son petit tendon, très oblique en bas et en dehors, vient se placer sur la partie cubitale de l'index et se termine comme les autres tendons extenseurs.
L'extenseur du pouce, assez gros, naît de la moitié supérieure de la face postérieure du cubitus, qui est déprimée par une gouttière longitudinale pour cette insertion. Son tendon (/ig. XL1 V, 16, p. 129) croise obliquement les radiaux et passe sur la tête du radius dans la bifurcation du tendon du long supinateur. Ilse divise en deux portions qui se fixent au bord externe de la base du rudiment du pouce et au sésamoïde qui est placé sur la base du deuxième métacarpien.
Résumé. — Les muscles de l’avant-bras présentent des différences importantes chez le Grimpeur et le Fouisseur d’une part, chez le Coureur de l’autre. Les apparences permettent de les pressentir, il suffit de comparer les figures XLIV (p. 129) et XLVI (p. 148) qui représentent l'avant-bras de la Marmotte et du Lièvre.
Chez le Fouisseur, les muscles sont gros, charnus sur presque toute leur longueur et terminés par des tendons courts et puissants. Leurs masses donnent au membre une épaisseur que fait encore ressortir sa brièveté. Quoique moins volumineux, l'avant-bras du Grimpeur (Ecureuil, et dans une certaine mesure le Rat) présente des caractères analogues.
Si on pénètre dans le détail de la morphologie, on constate chez ces Rongeurs l'existence du long supinateur, le développement des pronateurs du radius, carré pronateur et rond pronateur, la tendance à l’en-
(insertion: X XVIII, 15, 14, p. 72:
He
roulement du court supinateur, qui occupe la moitié chez Sciurus, les deux tiers supérieurs chez Arctomys, du radius, le développement des fléchisseurs des doigts et la prédominance de leurs faisceaux antibrachiaux.
Chez l'Ecureuil, type du Grimpeur, il faut signaler à côté d’une puissance moindre des corps musculaires, leur tendance à la subdivision, leur multiplicité : Le fléchisseur profond des doigts possède cinq faisceaux charnus, chaque doigt reçoit deux tendons extenseurs réunis par des vincula faibles, disposition nettement en rapport avec la mobilité des doigts.
Mus, qui est un type degrimpeur bien inférieur, présente un certain développement des muscles antibrachiaux, son cubitalantérieur ne devient tendineux qu'audessus du poignet, mais son fléchisseur perforant n'a que quatre faisceaux et surtout chacun de ses doigts ne reçoit qu'un seul tendon extenseur.
Quoique n’appartenant point au même groupe fonctionnel, la Gerboise est dotée de muscles antibrachiaux bien distincts, charnus et relativement développés en raison des fonctions de préhension que conserve son membre thoracique. Le long supinateur existe et son fléchisseur perforant a des faisceaux condyliens et antibrachiaux de volume à peu prés égal.
Si l’on compare Cavia Cobaya aux types précédents, on voit que les muscles de la rotation radiale disparaissent (carré pronateur), tendent à s’atrophier (rond pronateur) ou à changer de fonction (court supinateur qui perd son enroulement radial et devient un fléchisseur de l’avant-bras). Les autres muscles ont des tendons qui s’allongent au détriment des corps charnus ; ainsi le cubital antérieur, les radiaux deviennent tendineux dès le milieu de l’avant-bras, le fléchisseur perforé est très crêle. D'autre part, son fléchisseur perforant est beaucoup plus épicondylien qu'antibrachial.
ue
Chez le Coureur (Lepus timidus) ces caractères s'accentuent singulièrement. Le membre est long et orêle : il est presque entièrement tendineux. Non seulement lesrotateurs, mais encore les fléchisseurs et les extenseurs soit de la main, soit desdoigts ont des dimen-— tions restreintes et se terminent par de longs tendons qui glissent dans des gaines fibreuses sur les segments du squelette. Le long supinateur, le carré pronateur manquent ; lerond pronateur est réduit et en partie fibreux. Le fléchisseur profond a deux chefs antibrachiaux assez grêles.
On peut donc considérer comme liés aux influences fonctionnelles les caractères suivants : enroulement et développement du court supinateur, existence du carré pronateur qui révèlent la prono-supination, prédominance antibrachiale du fléchisseur perforant qui est en rapport avec le développement de ses fonctions, multiplicité des tendons extenseurs qui est liée à la mobilité des doigts, et c’est l’action de fouir ou de grimper qui réalise ces modifications anatomiques.
Comme caractères morphologiques étrangers aux influences fonctionnelles, il faut signaler : l'insertion supérieure du cubital postérieur, qui n’est qu'épicondylienne chez Cavia, Mus, Dipus, Arctomys, qui est épicondylienne et cubitale chez Lepus, Sciurus ; les variétés de l'insertion inférieure des radiaux qui siège sur la base des métacarpiens chez Sciurus, sur leur tiers supérieur chez Lepus, sur leur milieu chez Cavia, Dipus, Mus, Arctomys.
5 — Main
La main des Rongeurs présente constamment une paire d’interosseux sous chacun des métacarpiens et accessoire ment quelques muscles rudimentaires annexés aux doigts extrêmes.
Cavia cobaya. — La main de Cavia présente comme celle de Ceredon rupestris,autre Caviidé décrit par Parsons, de chaque côté de la face palmaire, un petit muscle qui est étendu des saillies du talon au doigt correspondant. Le talon est formé par la saillie du pouce en dehors, le pisiforme en dedans. Au pisiforme s'attache un cartilage cubital palmaire qui est large, convexe en avant et couvre la partie supérieure de la paume de la main.
Muscle du deuxième doigt (court fléchisseur de l'index ou adducteur du pouce (fig. XL VIIT, 10, p. 154). Du bord inférieur du premier métacarpien rudimentaire nait une lamelle charnue, pâle et triangulaire, qui se fixe à la face antérieure du deuxième métacarpien.
Les insertions sont celles de l’adducteur du pouce limitées à ce métacarpien ; mais étant donnée la direction du pouce qui se porte obliquement sous la paume de la main vers le bord cubital, ce muscle a plutôt pour effet de l’éloigner que de le rapprocher de l’axe de la main. Dans la fig. XL VIII, p. 154, ila été figuré en abduction pour laisser voir la gouttière carpienne.
Muscle du cinquième doigt (court fléchisseur du cinquième doigt (fig. XL VIII, 11). Étendu le long du bord cubital de la main, du pisiforme à l'os sésamoïde externe et à la base de la première phalange, il est plus fort que le muscle du pouce. Le cinquième doigt reçoit de plus un petit faisceau fusiforme qui, né de la base du rudiment du pouce près de son insertion carpienne, se porte obliquement (/ig. XL VIIT, 12) vers la racine du cinquième doigt en croisant superficiellement les tendons des fléchisseurs. Il se termine par un tendon grêle sur la gaîne fibreuse du cinquième doigt, au niveau de la base de la première phalange et peut s'appeler adducteur du cinquième doigt. Il est nécessaire pour le voir d'enlever ou de récliner le cartilage cubital palmaire.
Interosseux. Au nombre de huit, ils s’insèrent d’une part sur la seconde rangée du carpe, de l’autre sur les tubercules latéraux de la tête des métacarpiens et de la base des premières phalanges en envoyant des expansions fibreuses aux
tendons extenseurs. Ils fléchissent les doigts en extension, sans aucun mouvement de latéralité.
L’adduction des doigts est produite par les fléchisseurs et leur abduction par les extenseurs.
Mus decumanus.— Même disposition que chez Cavia : en plus un transverse du carpe (fig. LI, 8), petit plan charnu pâle, étendu transversalement au niveau du carpe entre le cartilage cubital qui le recouvre et le rudiment du pouce.
Fig. LI. — Face palmaire de la main du Rat. Deux fois grandeur naturelle : 1, Tendon du fléchisseur periforant; ?, Adducteur du cinquième doigt; 3, Rudiment du pouce; 4, Fléchisseur du deuxième doigt; 5, Les trois tendons du fléchisseur perforé; 6, Les trois lombricaux ; 7, Fléchisseur du cinquième doigt:; 8, Transverse du carpe ; 9, Pisiforme; 10, Tendon interne du palmaire grêle ; 11, Cubital antérieur.
Le court fléchisseur du deuxième doigt (4) est formé de quelques fibres étendues du rudiment du pouce à la base de la première phalange du deuxième doigt. Le court fléchisseur du cinquième doigt est un peu plus épais et un peu plus long. Il s'insère à la partie externe de la tête du cinquième métacarpien et de la base de sa première phalange avec l’adducteur du cinquième doigt, dont le corps charnu, fusiforme et grêle (/ig. LI, 2), vient obliquement de la base du rudiment du pouce.
Même disposition et même action des huit #nterosseux que chez Cavia.
Sciurus vulgaris. — Le talon de la main présente un cartilage radial qui est petit, quadrilatère et couvre la moitié radiale de la gouttière carpienne en s’insérant sur la racine du rudiment du pouce.
On ne trouve en sus des huit 2n{erosseux, qu'un court fléchisseur du deuxième doigt, qui est petit et triangulaire. Sa base se fixe au rudiment du pouce et son sommet à la première phalange avec linterosseux interne.
Les doigts, remarquables par leur longueur, présentent des mouvements de latéralité dus aux tendons des extenseurs.
Dipus ægyptius. — Aucun autre muscle que les huit interosseux.
Lepus cuniculus. Lepus timidus. — Le talon de la main offre deux cartilages. Le radial, plat et étroit ({g. LIT, 10), se porte obliquement en bas eten dedans. Son bord externe est relié par des tractus fibreux au bord antérieur et son sommet à la base du premier métacarpien. Le cartilage cubital est triangulaire à base supérieure. Le sommet descend au même niveau que le cartilage radial auquel il s’unit par son bord externe. L'interne est rattaché au cinquième métacarpien par une lamelle fibreuse qui passe sur les tendons et les muscles du cinquième doigt.
Le /léchisseur du: pouce (jig. LIT, 9) est très réduit; il naît de la partie supéro-externe du cartilage radial. Il descend verticalement et son tendon, qui suit la face antérieure du pouce, après avoir rempli le rôle de fléchisseur perforé, se fixe à la base de la phalange du pouce.
Fléchisseur du cinquième doigt. Plus gros (/ig.LII, 4), né par un tendon oblique de la base du premier métacarpien au-dessus de l'insertion du cartilage radial. Ce tendon se porte en baset en dehors entre les tendons des fléchisseurs perforé et perforant. Le corps charnu suit la face inférieure du cinquième métacarpien et donne un tendon qui, après avoir rempli le rôle de fléchisseur perforé, se fixe à la base de la deuxième phalange du doigt.
Les interosseux, au nombre de huit, s’'insérent sur le bord inférieur du carpe; ceux du cinquième doigt (fig. LIT, 5) remontent jusqu’au pisiforme,.
Fig. LILI — Face palmaire de la main du Lapin. Grandeur naturelle : 1, Cubital antérieur ; ?, Section du fléchisseur perforé ; 3, Pisiforme ; 4, Fléchisseur du cinquième doigt; 5, Interosseux du cinquième doigt; 6, Tendons digitaux du fléchisseur perforant ; 7, Les trois lombricaux; 8, Les trois tendons du fléchisseur perforé; 9, Fléchisseur du pouce;; 10, Cartilage palmaire radial ; 11, Insertion oblique du fléchisseur du einquième doigt; 12 Radius ; 13, Tendon du petit palmaire ; 14, Fléchisseur perforant.
Arctomys marmotta.— Un seul cartilage cubital qui est petit et forme le centre d’une saillie occupant la partie interne du talon de la main. Le rudiment du pouce fait une saillie externe au même niveau.
Les muscles comprennent, outre les huit interosseux, qui sont volumineux, charnus, avec leur disposition ordinaire,
un éransverse du carpe, pelit faisceau rouge très net qui s'étend sur le poignet au-dessous du tendon du petit palmaire, le sommet fixé au rudiment du pouce et la base au cartilage cubital, et trois muscles destinés au cinquième doigt.
Adducteur externe du cinquième doigt. Petit faisceau charnu, rouge, cylindrique qui, né de la partie interne de la base du rudiment du pouce, croise obliquement la paume de la main en passant sur les tendons fléchisseurs et se fixe par un petit tendon à la partie externe du cinquième doigt.
Adducteur interne du cinquième doigt. Faisceau plus petit né du bord inférieur du carpe, vers le milieu de la main, au-dessus des interosseux ; se porte obliquement en bas et en dehors et se fixe à la partie interne de l’articulation métacarpo-phalangienne du cinquième doigt.
Court fléchisseur du cinquième doigt. Gros faisceau charnu né du bord inférieur du pisiforme, descend le long du bord interne de la main. Son tendon se fixe avec celui du précédent à la partie interne de l'articulation métacarpophalangienne.
Le développement des muscles de Ia main chez le Fouisseur est le seul trait digne de remarque qu'offre à signaler la musculature de cette région. Il concorde avec le développement des muscles des autres segments du membre thoracique chez ce Rongeur.