‹ Contribution à la myologie des rongeursChapitre 50 sur 96 · Os iliaque · texte numérisé non relu

Os iliaque

L’'os iliaque comprend trois portions : l’ilion, le pubis et l'ischion.

L’os iliaque des Mammifères diffère de celui des Oiseaux, par son anneau sous-pubien qui est toujours complet (1) et par ses rapports avec le sacrum qui est toujours placé au-devant de la cavité cotyloïde, tandis que chez les Reptiles et les Oiseaux, il est toujours placé en arrière,

Chez les Rongeurs, l’ilion est généralement assez étroit, incurvé en dehors et articulé avec le sacrum par toute la partie élargie de sa face interne. Chez les uns, sa surface est arrondie, chez les autres, il présente une crête latérale plus ou moins marquée.

Chez Cavia cobaya, le bord antérieur, assez large, porte à ses deux extrémités un léger épaississement ou tubercule d’où part une crête qui se porte sur la face externe vers la

(1) Bronn’s Ælassen., lief. 27, p. 572.

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cavité cotyloïide. Le tubercule iliaque antéro-externe est plus saillant que l’interne.

Chez Mus (9. XL VIII), Sciurus (fig. XLIX), Dipus (/ig. L), Arctomys, ces deux crêtes sont réunies en une seule qui forme un relief accentué et se termine par un seul tubercule iliaque antérieur. Le bord antérieur de l'os est étroit, surtout chez Dipus dont l’ilion est en même temps moins incurvé en dehors et très réduit. La crête iliaque unique chez ces animaux divise la face externe de l'os en deux portions, l’une qui regarde en bas et en dehors, l’autre directement en haut.

Chez Lepus cuniculus, au contraire (/ig. LI ), l'ilion s'élargit d'arrière en avant et se termine par un bord antérieur long, épais et convexe dorso-ventralement. La face externe, à peine incurvée d'avant en arrière, est régulièrement arrondie de haut en bas, sans présenter de crêies saillantes. Chez Lepus timidus, la crête externe reparaît, par suite d’une double dépression supérieure et inférieure de la surface de l'os.

Comparée à la longueur totale de l'os iliaque, la longueur de lilion est un peu moindre chez Dipus et chez Lepus que dans les autres types. Mesurée sur une ligne étendue du tubercule ïiliaque antérieur, du tubercule antéro-externe, quand il y en a deux, ou simplement de la partie culminante du bord antérieur quand les tubercules font défaut, au bord postérieur de l’os en passant par le centre de la cavité cotyloïde, on trouve pour la distance ilio-ischiale les chiffres suivants absolus et relatifs :

Distance ilio-ischiale Distance ilio-cotyloïdienne

absolue pour 100 Cavia cobaya...... A 0 SES 63 Sciurus-vulgaris ..,.,. 4 PIE) 62

MustdecLmMAnUuS 4 OO. 2 00 61,9 Arctomys marmotta... 6 1 s DO 60 Lepus cuniculus....... CHE 405 Do » HMS 2e... 8 4 3 04 DiPUSTÆEYDUUS. 08 07 2 54

On ne saurait inférer, d’après cette comparaison, que l’ilion chez le Sauteur est moins important que dans les autres espèces. Cette statistique ne porte en effet que sur la longueur et nullement sur les dimensions transversales qui, chez le Lièvre et le Lapin sont bien plus considérables que chez la Gerboise et les autres types. Il faut plutôt retenir de cette évaluation proportionnelle une donnée topographique concernant la cavité cotyloïde et dire que chez le Sauteur elle est située à peu près à égale distance des deux extrémités antérieure et postérieure de l'os. L’ischion, en d’autres termes, est plus long que dans les autres types examinés.

La cavité cotyloïde regarde directement en dehors. Son pourtour osseux n’est complet que chez Cavia : dans les autres types, il est interrompu par léchancrure ischiopubienne qui est convertie chez le premier en canal ischiopubien. La cavité cotyloïde de Dipus est très petite.

Le tubercule du droit antérieur est toujours marqué. Il est surtout développé chez Sciurus, Lepus, Arctomys. Chez Dipus il est réduit à l’état d’une petite pointe aiguë à peine apparente.

Chez Mus et surtout chez Sciurus il est situé près du bord inférieur de l'os, au--dessous de la crête iliaque externe qui atteint directement la cavité cotyloïde, tandis que chez Cavia, Dipus, Arctomys il est situé sur cette crête ellemême.

Le pubis forme une lame aplatie qu'une coudure suivant les bords, au niveau de l'angle, divise en deux portions. La portion antérieure ou pubis à proprement parler est oblique en bas et en arrière. Elle présente un hord antérieur ou crête pectinéale qui est tranchant et porte près de la cavité cotyloïde l’éminence ilio-pectinée. Chez Cavia, c'est un petit tubercule qui ne dépasse pas le niveau de la crête pectinéale et fait plutôt saillie sur la face ventrale de l'os. Chez Arctomys, il est encore moins marqué. Chez Dipus, Lepus, Sciurus et surtout chez Mus, son relief proémine sur le bord du pubis au-dessous de la cavité cotyloïde.

Chez Cavia, Mus, Sciurus, Arctomys, Dipus, le pubis est

beaucoup plus oblique en arrière que chez Lepus. Chez Cavia et chez Lepus il est court, tandis que chez Arctomys, Seiurus et surtout Mus il est étroit et allongé.

La branche horizontale du pubis, dont le bord inférieur concourt à former la symphyse pubienne, est assez longue chez Cavia, Dipus, Lepus, Arctomys. Elle est beaucoup plus courte chez Sciurus et surtout chez Mus. Elle est généralement mince : chez Cavia et Arctomys, son épaisseur est un peu plus prononcée. Chez Lepus, elle est plus grande dans la portion antérieure qui correspond au pubis, tandis qu'elle diminue en arrière.

Chez Lepus, Sciurus, Dipus, comme chez Cœlogenys, Hydrochærus et d’autres Rongeurs, Pischion contribue pour une petite surface à la formation de la symphyse pubienne.

L’ischion comprend une branche postérieure ou ischiopubienne qui est verticale ou plus ou moins oblique en bas et en avant et une branche supérieure ou horizontale. Leur réunion forme généralement une vaste surface triangulaire dont l'angle postéro-supérieur ou {ubérosité de l’ischion, présente des rugosités (Cavia) ou bien est surmonté d'un prolongement mousse et arrondi (Arctomys)ou triangulaire, en forme d’éperon (Sciurus, Lepus).

La face interne de l’ischion est plus ou moins déprimée par une rainure antéro-postérieure qui suit la branche horizontale. Cette gouttière est plus marquée chez Dipus, Sciurus, Lepus.

La branche postérieure de l’ischion est très oblique en bas et en avant chez Lepus : elle se dirige slutôt en bas et un peu en arrière chez Sciurus. Dans les autres espèces elle est verticale. Etroite chez Sciurus, elle est triangulaire chez les autres, large à son union avec la branche horizontale de l’ischion, plus étroite au niveau de la branche horizontale du pubis.

Les dimensions de cette surface, que l’on peut appeler surface ischiatique, sont surtout grandes chez Lepus cuniculus et Lepus timidus, dont l'os iliaque est remarquable par l'allongement de l’ischion. Elle est surmontée par l’'apophyse ischiatique, qui a la forme d’une dent de couronne

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et terminée en arrière par les rugosités de la tubérosité de l’ischion.

Cette surface présente une différence assez notable chez le Lièvre et chez le Lapin. Chez ce dernier, elle est convexe, soulevée par une saillie antéro-postérieure, qui fait suite à la branche horizontale de l’ischion, tandis qu’elle est fortement déprimée en forme de fosse ovoïde chez le Lièvre.

Chez Mus et Dipus, elle est large et lisse, tandis que chez Cavia elle présente une ligne oblique en bas et en arrière, qui suit le bord postérieur du trou sous-pubien et devient saillante à l’union du pubis avec l’ischion. Cependant chez Dipus, sa partie supérieure est déprimée comme chez le Lièvre. Chez Arctomys, elle est relativement moins étendue que dans les autres types, mais la tubérosité est épaisse. Chez Sciurus, le bord postérieur, au voisinage de la branche horizontale du pubis, s'épaissit et forme une saillie allongée qui se déjette en dehors et donne insertion au demi-membraneux (/9. XLIX, 15, p.156). La branche horizontale est divisée en deux portions, l’une qui regarde en haut et l’autre en dehors, par une crête antéro-postérieure qui s'étend de la cavité cotyloïde à la tubérosité de l’ischion.

Cette crête est mousse sur toute sa longueur chez Arctomys, Sciurus et Lepus cuniculus, à son origine seulement chez Cavia et Mus. Elle est saillante chez Dipus et Lepus timidus, c'est-à-dire chez les Sauteurs.

Le bord interne de l’ischion se prolonge en dedans de la cavité cotyloïde, jusqu'au niveau de l’ilion. Il se réfléchit brusquement pour former l'échancrure sciatique, qui est complétée par le sacrum.

Chez Dipus, il reste assez tranchant sur toute sa longueur ; chez Mus, il présente, en arrière de la cavité cotyloïde, deux dépressions peu profondes et obliques en avant et en haut. Dans les autres types, il est coupé par un petit crochet concave en arrière, destiné à la réflexion de l’obturateur interne. Chez Cavia, ce crochet est suivi d’une encoche arrondie, qui manque chez Lepus, Sciurus, Arctomys. Chez ce dernier, le crochet et le bord de l’ischion sont émoussés et arrondis.

La forme, la direction et les dimensions du #rou souspubien varient suivant les espèces. Chez Cavia, c’est un losange à angles mousses, de dimensions moyennes, très oblique en arrière et en bas. Chez Dipus, Mus, il est plus petit et un peu moins obliquement dirigé en arrière : son bord postéro-supérieur est concave, l’antéro-inférieur est plan. Chez Sciurus, Arctomys, Lepus, il est grand, ovoïde ou irrégulièrement circulaire. Sa conformation, en un mot, échappe à toute relation avec des influences fonctionnelles déterminées.

Fig. LIII. — Os iliaque gauche du Cobaye : insertions musculaires. Grandeur naturelle — 1, Grand fessier, couturier et tenseur du fascia lata ; 2, Moyen îÎessier; 3, Son insertion iliaque supérieure; 4, Son insertion iliaque moyenne ; 5, Son insertion iliaque inférieure ; 6, Petit fessier ; 7, Son faisteau sciatique ; 8, Droit antérieur, tendon direct; 9, Son tendon réfléchi; 10, Jumeaux pelviens; 11, Ischio-condylien ; 12, Biceps; 13, Demi-tendineux ; 14, Demi-membraneux ;15, Ischio-tibial ; 16, Faisceau inférieur ou tendineux de la portion fémorale du grand adducteur; 17, Faisceau supérieur de la portion fémorale du grand adducteur ; 18, Petit adducteur ; 19, Obturateur externe ; 20, Portion postérieure du droit interne; 21, Sa portion antérieure ; 22, Adducteur moyer; 23, Pectiné ; 24, Scansorius ; 25, Carré crural.

Fie. LIV. — Os iliaque droit du Rat; insertions musculaires. Grandeur naturelle. 1, Scansorius ; 2, Petit fessier; 5, Moyen fessier ; 6, Grand fessier ; 7, Droit antérieur; 11, Demi-membraneux ; 12, Chef ischiatique du demi-tendineux ; 14, Cheî ischiatique du biceps; 19, Grand adducteur, portion supérieure ; 37, Faisceau sciatique du petit fessier; 38, Jumeaux pelviens ; 38, Carré crural ; 40, Portion inférieure du grand adducteur; 41, Obturateur externe ; 42, Droit interne; 43, Adducteur moyen ; 44, Pectiné.

me ETS HA , 12 34 15 15 (

Fig. LV.— Os iliaque gauche de l’Ecureuil ; insertions musculaires. Grandeur naturelle. 1, Grand fessier ; 2, Moyen fessier ; 3, Petit fessier; 4, Scansorius ; 5, Petit psOas; 6, Pectiné ; 7, Iliaque, faisceau postérieur ; 8, Adducteur'moyen; 9, Petit adducteur ; 10, Grand adducteur, portion superficielle antérieure ; 11, Droit interne ; 12, Grand addueteur, portion superficielle postérieure ; 15, Sa portion tendineuse ; 14, Obturateur externe ; 15, Demi-membraneux ; 16, Carré crural; 17, Ischio-condylien ; 18, Demi-tendineux ; 19, Biceps ; 20, Jumeaux pelviens ; 21, 21”, Droit antérieur,

Fig. LVI. — Os ihaque gauche de la Gerboise ; insertions musculaires. Grandeur naturelle. 1, Grand fessier et tenseur du fascia lata : 2, Moyen fessier; 3, Petit fessier et scansorius ; 4, Droit antérieur; 5, Faisceau sciatique du petit fessier ; 6, Carré crural; 7, Chef ischiatique profond du biceps; 8, Son chef ischiatique superficiel; 9, Demi-tendineux ; 10, Grand adducteur, portion postérieure, demi-membraneux et ischio-condylien réunis ; 11, Petit adducteur ; 12, Grand adducteur, portion antérieure ; 13, Obturateur externe; 14, Droit antérieur; 15, Portion superficielle du grand adducteur; 16, Moyen adducteur; 17, Pectiné ; 18, Petit psoas ; 19, Droit antérieur accessoire ; 20, Iliaque.

Fig. LVII. — Os iliaque gauche du Lapin; insertions musculares. Grandeur naturelle. A, Face externe ; B, Face interne de l’ischion : 1, Couturier et grand fessier ; 2, Moyen fessier ; 3, Petit fessier et scansorius; 4, Portion sciatique du petit fessier; 5, Jumeaux pelviens; 6, Carré crural ; 7, Biceps ; 8, Demi-tendineux ; 9, Chef externe du biceps ; 10, Ischio-tibial; 11, Ischio-condylien; 12, Grand adducteur; 13, 13 Droit interne; 14, Obturateur externe ; 15, Grand adducteur; 16, Pectiné et moyen adducteur; 17, Petit psoas; 18, Droit antérieur ; 19, Iliaque ; 20, Demi-membraneux.

Fig. LVIII. — Os iliaque gauche du Lièvre : insertions muscularres. Grandeur naturelle. 1, Grand fessier ; ?, Moyen fessier ; 3, Scansorius et petit fessier ; 4, Droit antérieur ; 5, Jumeaux pelviens ; 6, Carré crural ; 7, Biceps; 8, Demi-tendineux ; 9, Ischio-condylien et demi-membraneux ; 10, Grand adducteur ; 11, Obturateur externe ; 12, Droit interne ; 13, Moyen adducteur ; 14, Obturateur intermédiaire; 15, Pectiné ; 16, Petit psoas ; 17, Iliaque.

Fig. LIX. — Os iliaque gauche de la Marmotte : insertions musculaires. Grandeur naturelle. 1, Grand fessier ; ?, Moyen fessier ; 3, 4, Droit antérieur ; 5, Jumeaux pelviens ; 6, Biceps et demi-tendineux ; 7, Ischio-condylien ; 8, Carré crural; 9, Demi-membraneux ; 10, Obturateur externe ; 11, Portion tendineuse du grand adducteur ; 12, Droit interne ; 13, Grand adducteur, portion superficielle ; 14, Petit adducteur ; 15, Moyen adducteur ; 16, Obturateur intermédiaire ; 17, Pectiné ; 18, Petit psoas ; 19, Iliaque ; 20, Scansorius et petit fessier.

2°. — Fémur.

La diaphyse du fémur est généralement aplatie d'avant en arriè*e : elle n'est plus ou moins cylindrique que chez Dipus et surtout chez Sciurus. Chez Arctomys, elle augmente notablement de volume dans son tiers inférieur, tandis qu’elle est rétrécie au-dessus de sa partie moyenne, disposition qui lui donne l’aspect d’un sablier allongé. Chez Sciurus, elle est remarquable par sa gracilité qui contraste surtout avec la longueur de l'os. Chez Lepus timidus, son volume en largeur et surtout en épaisseur est moindre que chez Lepus cuniculus, dont la moitié inférieure se renfle

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comme chez Arctomys. Cette disposition manque chez le Lièvre (9. LXIV, LXWV, p. 20H, 202).

A peu près rectiligne (Cavia, Mus, Arctomys), elle s’incurve légèrement en arrière (Sciurus, Dipus), plus fortement chez Lepus cuniculus et Lepus timidus.

Longueur du fémur : Cavia cobaya.......,., 4% 7 Mus decumanus.. .... 1. 37 4

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