CHAPITRE I
Muscles peauciers
Les muscles peauciers dérivent-ils d'un muscle primitivement unique ou bien sont-ils dès l’origine distincts ? Gtebel (1) déclare la réponse impossible à donner. Quoi qu'il en soit, ils comprennent deux portions principales : sur le tronc, le pannicule charnu, auquel se rattache, lorsqu'il est différencié, le peaucier du scrotum ou de la vulve ; sur le cou, le platysma myoides qui recouvre également la poitrine et la tête. Le peaucier de la nuque et les muscles de la face sont des parties du platysma, mais les muscles de la face s'éloignent trop de mon sujet pour trouver place dans ma description.
Le pannicule charnu est parfois divisé (2) en deux parties : l’une dorsale (musculus cutaneus dorsalis) ; l’autre ventrale fnusculus cutaneus ventralis), qui se distinguent par leurs insertions sur le membre antérieur. Le première se fixe à son aponévrose d’enveloppe, la seconde à la crête pectorale de l'humérus ou bien se soude au muscle pectoral. Erethizon, Hystrix, parmi les Rongeurs, offrent des exemples de cette division que l’on retrouve chez le cheval, le phoque, la loutre. Dans les types que j'ai disséqués, comme chez Didelphys, le chat, le chien, plusieurs Solipèdes, le pannicule est indivis.
(1) BRoNN’S Klassen und Ordnungen, etc lief. 30-31, p. 658. (2) BRONN’S Ælassen, etc., lief. 30-31, p. 671.
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4.— Pannicule charnu proprement dit (Peaucier du dos, dermo-humèral).
Cavia cobaya (1).— Chez le Cobaye, le pannicule charnu est caractérisé par le grand développement de sa portion antérieure qui couvre le dos et les épaules comme un manteau et par la réduction de sa portion postérieure en rapport avec l’atrophie de la queue.
Lorsqu'on enlève la peau qui couvre le corps du Cobaye,
Fig. 1.— Région superficielle de la nuque et du dos du Cobaye. 1, Peaucier de la nuque ; !”, Fibres antérieures du peaucier de la nuque s’insérant au pavillon de l'oreille, m. rétracteur transverse ; ?, Muscle rétracteur oblique du pavillon; 3, Muscle interscutellaire ; 4, Coussinet graisseux cervico-dorsal ; 5, Pannicule charnu.
on trouve un vaste plan musculaire fasciculé, d’un rouge pâle, qui s'étend sans connexion avec le rachis sur le dos et les lombes, sur les flancs, l'abdomen et les premiers segments des membres. Plus épais et plus mobile sur le dos que sur
({)Mnsertions fe, VIII, -B, 415, pris XV; "AS AR p.57.
Ag
le ventre, il contracte avec la peau et les couches profondes une adhérence variable suivant les régions. Presque nulle sur le plan ventral, l’adhérence à la peau augmente sur les flancs et devient plus forte sur le dos, surtout vers la région interscapulaire. Elle est peu marquée au niveau des membres. La mobilité du pannicule charnu suit une marche inverse. Nulle sur la ligne blanche à laquelle il adhère, elle s’accentue sur les flancs, les lombes et surtout le dos, grâce à la présence d’un: tissu cellulo-graisseux lâche qui, au niveau des épaules, s’accumule en une masse épaisse et constante, le coussinet graisseux cervico-dorsal. Ce coussinet s'étend du milieu du dos à l’occipital avec un maximum d'épaisseur et de largeur dans l’espace interscapulaire qu'il remplit : il s’effile vers la nuque (fig. J, 4).
Le pannicule charnu est formé de trois ordres de fibres : les fibres postérieures ou lombo-sacrées, les fibres inférieures ou thoraco-abdominales, les fibres antérieures ou dorsales. Les premières naissent : 1° de l’aponévrose lombo-sacrée suivant une ligne qui commence au niveau du rachis, 5 ou 6 centimètres au-devant du coccyx, et décrit latéralement une courbe dont le sommet dirigé en arrière dépasse un peu la crête iliaque. Son extrémité répond à l’épine iliaque antéro-externe (/ig. 11, 6); 2 de l’aponévrose fémorale suivant une ligne qui suit jusqu'au tendon rotulien la face externe du quadriceps, parallèlement au couturier. C’est à peu près au niveau de l'insertion du peaucier que les fibres du tenseur viennent se perdre sur la face profonde du fascia lata.
Les fibres lombo-sacrées du pannicule charnu n'ont jamais d'attache osseuse. Parsons (1) ne signale qu'une exception à ce fait général, Bathyergus, chez lequel le pannicule se fixe à la tubérosité externe du tibia et à la branche de l’ischion.
Toutes ces fibres d’origine aponévrotique se portent en avant : les internes parallèlement au rachis, unies à celles du côté opposé en un plan continu qui adhère à la peau,
(1) PARSONS, loc. cit., 1896.
les externes très obliquement vers la partie postérieure de la ligne blanche en couvrant le pli de laine. Les fibres intermédiaires se distribuent à la peau des flancs.
Suivant la position du membre abdominal, le bord libre du peaucier glisse sur la cuisse ou sur le genou. Il répond au plateau tibial, sile membre se rétracte : dans l'extension
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Fig. IL — Insertion postérieure du pannicule charnu chez le Cobaye. 1, Pannicule charnu ; ?, Son bord inférieur croisant le pli de Vaîne ; 3, Muscles de l'abdomen ; 4, Ligament rotulien ; 5, Saillie du grand trochanter ; 6, Epine iliaque antéro-externe.
de la cuisse, il remonte à deux centimètres au-dessus du genou. La figure II représente une position intermédiaire. Les fibres thoraco-abdominales s'insèrent sur la ligne blanche ; leur insertion commence 4 ou 5 centimètres au-devant du pubis. Vers la base du thorax, le plan musculaire se divise en deux couches que sépare la portion abdominale du pectoral. La couche superficielle (£g. ZI, 5)
ne dépasse pas en avant l’appendice xiphoïde. Elle comprend des fibres qui vont vers la cuisse, d’autres qui s’entrecroisent sur les flancs avec les fibres lombaires. La portion antérieure forme une lame épaisse qui se porte transversalement derrière le coude, contourne la face externe de l’humérus et, après s'être engagée entre le delto-claviculaire et le brachial antérieur, vient s’insérer avec les fibres dorsales sur la face antérieure de l’os à la partie distale de la crête pectorale.
Fig. IL. — Région thoracique antérieure du Cobaye ; couche superficielle. 1, Pectoral, plan superficiel ; 2, Plan moyen; 3, Faisceau profond du plan moyen ; 4, Plan profond ou faisceau brachio-abdominal ; 5, Plan superficiel du pannicule charnu ; 6, Plan profond; 7, Grand dorsal ; 8, Triceps brachial ; 9, Biceps ; 10, Delto-elaviculaire ; 11, Cléido-mastoïdien ; 12, Sous-clavier ; 13, Nerf médian.
La couche profonde, pâle et mince, très oblique en avant eten dedans, s'applique étroitement sur les parois du thorax. La portion postérieure passe sous le faisceau abdominal du pectoral (/g. III, 4) et s’insère sur le sternum postérieur jusqu’à la quatrième côte. La portion antérieure, plus large, croise superficiellement le faisceau abdominal et s’unit au bord externe du plan moyen du pectoral jusqu’au voisinage du creux de l’aisselle. Cette lame musculaire tend à devenir
antéro-postérieure et s’accole en dehors au grand dorsal (/ig. LIT, 7), qui a la même direction qu’elle. Le creux axillaire se trouve ainsi presque complètement fermé par un plan charnu qui est appliqué sur le paquet vasculo-nerveux et le sépare de la graisse de l’aisselle.
Les fibres dorsales (fig. I, 5) qui viennent transversalement de l'épaule opposée, se réunissent aux fibres thoracoabdominales et lombo-sacrées pour former une lame épaisse et fasciculée qui contourne la face externe de l'épaule et du bras pour se fixer à l’omoplate et à l’humérus. Ces fibres du pannicule destinées au bras sont surtout développées chez les Caviidés (Parsons) (1).
Leur insertion chez le Cobaye comprend : 1° la moitié inférieure de la lèvre postérieure de l’épine scapulaire et l’apophyse crochue, derrière le trapèze antérieur, au-dessous du trapèze postérieur ; 2° la crête pectorale de l’'humérus audessous du delto-spinal ; 3° une arcade fibreuse unissant les deux insertions osseuses.
Quelques fibres, échappant à l'insertion humérale, descendent au-devant du bras jusqu’à l’aponévrose antibrachiale : chez Ceredon rupestris (Parsons) elles vont au condyle interne de l’humérus.
Par leur réflexion autour du membre antérieur, les fibres thoraciques du pannicule charnu (/ig. III, 5) forment avec le pectoral un orifice allongé qui ressemble à louverture d’un vêtement sans manches et donne issue au membre dans ses mouvements d'extension. Les vides, surtout en dedans et en arrière, sont comblés par la graisse molle du creux de l’aisselle. Dans l'extension maximum du bras, le bord du peaucier répond à l'union du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs de l’humérus : dans la rétraction extrême, il descend jusqu'au milieu de l’avant-bras. En réalité on peut dire que cet orifice est pourvu d’une manche, car le bord du peaucier est uni au feuillet celluleux qui entoure le membre et se prolonge, en dedans, jusqu’au pectoral en passant sur le tissu adipeux de l’aisselle. Aussi quand on enlève la peau
(1) PARSONS, loc. cit., 1894, p. 275.
re
en respectant les connexions du peaucier avec l’aponévrose antibrachiale, on voit ce manchon museulo -fibreux qui engaine le membre jusqu’au poignet s'étendre ou se replier suivant les mouvements.
Mus decumanus (1). — Le pannicule charnu, qui présente une insertion brachiale importante, est plus épais sur la moitié antérieure du tronc que sur sa moitié postérieure. L'insertion brachiale se fait par un tendon plat de sept millimètres de large, en partie sur l’apophyse coracoïde et le tendon du coraco-brachial, en partie sur la crête pectorale de l’humérus. Cette dernière portion du tendon s’unit à la partie antérieure du tendon du grand dorsal. Unelame musculaire épaisse, née du tendon, glisse sur la face interne du triceps et gagne le flanc au lieu de couvrir comme chez le Cobaye, à la façon d’un manteau, la face externe de l'épaule et du bras. Le bord supérieur, après avoir suivi le bord axillaire de l’omoplate, se porte en dedans en passant sur l'angle postérieur de los et se continue jusqu’à l’aisselle opposée. Le bord inférieur, oblique en arrière et un peu en dedans, s’accole au bord externe du pectoral, puis recouvre sa face superficielle et se perd dans la peau vers l’appendice xiphoïde. D'après mes dissections, les fibres du peaucier ne se fixent pas à la ligne blanche comme chez Cavia : elles s’insérent à la peau qui l’avoisine après décussation médiane. Elles s’irradient sur les flancs et sont très adhérentes à la peau dans la région dorsale.
En arrière, elles se terminent dans la peau qui couvre la face externe de la cuisse et sur la racine de la queue où elles se divisent en trois faisceaux. Le faisceau médian ou dorsal s’insère sur le rudiment des apophyses épineuses des deux ou trois premières vertèbres caudales. Les faisceaux latéraux forment de minces lamelles charnues qui se fixent en dehors des tendons latéraux de la queue à l’aponévrose d’enveloppe du rachis caudal.
(1) Insertion : fig. XVI, B, 12, p. 58.
Sciurus vulgaris (1). — Le pannicule charnu forme un plan continu, enveloppant tout le corps, plus épais sur Îa face ventrale que sur la face dorsale.
L'insertion postérieure est assez complexe. 1° Une lame charnue et épaisse naît de la peau qui couvre le milieu de la face interne de la cuisse : quelques fibres descendent jusqu’au-devant du genou. Après avoir suivi obliquement la face interne du membre, cette lame croise le bord antérieur et s’unit aux fibres cutanées qui naissent sur une moindre étenduedesa face externe. 2° Les fibres s’implantent sur l’aponévrose fessière suivant une ligne antéro-postérieure étendue de la racine de la cuisse à la racine de la queue. 3° Elles forment un petit faisceau qui se fixe latéralement sur l’aponévrose de la racine de la queue. 4 Sur l’abdomen elles forment deux plans qui s'étendent de l’arcade crurale et du pubis au voisinage de la clavicule ; le plan profond s’insère à la ligne blanche, le plan superficiel à la peau, sur la ligne médiane. Le pannicule charnu se confond avec le peaucier du scrotum.
La direction des fibres est très variable suivant les régions. Sur la face interne de la cuisse elle est oblique en avant et en dehors. Sur le dos, où le muscle est plus mince, les fibres postérieures se dirigent en avant, les antérieures sont transversales et s'arrêtent au niveau de la ligne bispinale des omoplates. Quelques-unes se perdent sur la peau du moignon de l'épaule et de la face postérieure du bras. Sur la face ventrale, les fibres sont obliques en avant et en dehors ; elles forment près du membre thoracique un gros faisceau qui s’insère à la peau des flancs jusqu'à l’aisselle et à la peau de la face interne du bras. Au niveau du pectoral elles deviennent transversales et se perdent sur le moignon de l'épaule.
Près du bras, les fibres venues du dos, des flancs et de la ligne blanche convergent pour former une lame mince et profonde qui contourne le thorax en passant sous le faisceau superficiel et épais qui est destiné à la peau de Paisselle et
(1) Insertion : fig. XVII, À, 4, p. 58.
du bras. Cette lame charnue se place sur la face interne du bras, en dehors du faisceau brachio-abdominal du pectoral. Elle se fixe par un tendon aplati à la partie supérieure de la crête pectorale et au grand trochanter, tandis que le faisceau brachio-abdominal s’insère à l’apophyse coracoïde et au tendon du sus-épineux.
Dipus ægyptius (1).— Le pannicule charnu forme une
Fig. IV. — Face externe de la région fessière gauche de la Gerboise. 1, Grand fessier et couturier ; 2, Moyen fessier ; 3, Petit fessier et scansorius ; 4, Pyramidal ; 5, Faisceau sciatique du petit fessier ; 6, Tendon du moyen fessier; 7, Chei sacré du biceps ; 8, Neri sciatique ; 9, Cheî ischiatique superficiel du biceps ; 10, Chef sacré du demi-tendineux ; 11, Insertion caudale du pannicule charnu'; 12, Glandes périanales ; 15, Demi-membraneux ; 14, Chefischiatique du demi-tendineux.
couche indivise, mais beaucoup plus mince, surtout sur la face ventrale, que chez Sciurus. Il nait de la peau qui
(1) Insertion : fig. XVIII, A, 9, 10, p. 59.
couvre la face externe de la cuisse suivant une ligne qui unit le milieu du bord postérieur à la racine du membre. Au niveau de la racine de la queue le muscle s’épaissit et longe les parties latérales du rachis. Il se termine en pointe (#g. IV, 11) sur les premières vertèbres caudales.
La couche musculaire est amincie sur la face ventrale : elle naît de la peau, sans connexion avec la ligne blanche depuis la région présymphysienne jusqu'au milieu du
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Fig. V.— Face externe du membre thoracique gauche et du tronc de la Gerboise. 1, Delto-acromial ; ?, Delto-spinal ; 3, Biceps brachial ; 4, Tendon de l’adducteur du pouce ; 5, Long supinateur ; 6, Radiaux ; 7, Extenseur des doigts ; 8, Cubital antérieur ; 9, Vaste externe ; 10, Longue portion du biceps brachial ; 11, Faisceau brachial du pannicule charnu ; 12, Pectoral ; 13, Graud rond ; 14, Grand dentelé ; 15, Portion thoracique du grand droit de l'abdomen ; 16, Grand oblique ; 17, Grand dorsal ; 18, Trapèze postérieur ; 19, Rhomboïde ; 20, Sous-épineux ; 21, Trapèze antérieur ; 22, Son faisceau claviculaire ; 23, 24, Sterno-mastoïdien.
pectoral. Les fibres, obliques en avant et en dehors, deviennent transversales en avant. Sur le dos, elles se continuent avec le peaucier de la nuque.
Les fibres convergent vers la face interne du membre thoracique pour former une lame assez épaisse (#g. V, 11) qui est placée entre le pectoral (#g. V, 12) et le grand dorsal (17). Son bord inférieur s’insère sous le grand pectoral auquel il est uni, à la lèvre interne et au sommet de la crête
pectorale. Les fibres supérieures vont au bord antérieur de la petite tubérosité de l’humérus, au-devant du tendon du sous-scapulaire. Entre ces deux insertions, les fibres se fixent à une arcade fibreuse qui passe sur le tendon du bicepset qui est elle-même recouverte par le tendon du petit pectoral.
Lepus cuniculus (1).— Xrause décrit chez le Lapin, outre le platysma myoides, le musculus cutaneus maximus, qui est un pannicule charnu indivis entourant comme dans les types précédents le thorax et l’abdomen, et le musculus extensor caudæ medialis, qui est le faisceau du pannicule destiné au rachis caudal dont il suit le développement. Nous en avons vu des types plus ou moins caractérisés chez Mus, Sciurus, Dipus.
L'insertion principale du pannicule chez Lepus cuniculus comme chez Cavia est la ligue blanche depuis lappendice xiphoïde jusqu'à 4 ou 5 centimètres au-devant du pubis. Contrairement à Cavia, toutes les fibres sont superficielles : il n'y a pas de plan profond passant sous le pectoral. Les fibres postérieures s'irradient en arrière et en dehors, devenant d'autant plus adhérentes à la peau qu’elles se rapprochent du dos. Le plan charnu s’épaissit au niveau de la région pelvienne qu’il couvre tout entière et devient plus mobile. 11 passe sur le pli de l’aine qu’il transforme en une cavité profonde et tapisse les trois quarts supérieurs de la face externe de la cuisse. Les fibres latérales sont toutes destinées à la peau sans attache au fascia lata ni à l’aponévrose fessière, tandis que les fibres médianes se condensent de chaque côté du rachis en un faisceau épais qui se fixe en dehors des apophyses épineuses au-dessous du tiers supérieur du faseia caudal (musculus extensor caudæ medialis, Krause).
Les fibres antérieures deviennent à peu près transversales : elles s'arrêtent sous l’appendice xiphoïde, au niveau de la pointe du muscle pectoral (fig. V bis, 11). Elles s’irradient en dehors et un peu en arrière dans la peau des flancs et s'unissent au faisceau brachial. Celui-ci, assez étroit au
(1) Insertion: fig. XIX À, 14, p. 59.
niveau de son insertion sur le tiers supérieur de la crète pectorale de l’humérus, passe sur la face interne du bras. Son bord inférieur s’unit près de l'insertion humérale au tendon du pectoral, puis il passe sur le faisceau brachio-abdominal de ce muscle et s’entrecroise avec les fibres qui viennent de
Fig. V bis. — Creux axillaire du Lapin, le bras en abduction. 1, Pannicule charnu ; 2, Grand dorsal ; 3, Tendon huméral du pannicule charnu; 4, Paquet vasculo-nerveux ; 5, Biceps huméral ; 6, Expansion antibrachiale du pannicule charnu ; 7, Sterno-mastoïdien ; 8, Veine jugulaire ; 9, Pectoral ; 10, Faisceau abdominal du pectoral ; 11, Fibres transversales du pannicule charnu.
la ligne blanche. De ce bord se détache une expansion aponévrotique qui se fixe au bord antérieur du bras et de l'avant bras jusqu’au poignet. Xrause lui décrit plutôt des rapports avec le ligament intermusculaire latéral. Quoi qu'il en soit, la
position de cette bandelette fibreuse sur la face de flexion du membre a pour résultat de limiter singulièrement ses mouvements d'extension et d’abduction (/g. V bis, 6).
Le bord supérieur du faisceau brachial, après avoir croisé le biceps et le paquet vasculo-nerveux, adhère près de son insertion humérale au tendon du grand dorsal et du grand rond formant une arcade fibreuse (/#g. V bis, 3) à laquelle s'attache également le faisceau brachio-abdominal du pectoral. Le creux de l’aisselle est donc fermé d’une facon encore plus complète que chez Cavia, puisque c’est le peaucier luimême qui comble l’espace compris entre le pectoral et le grand dorsal, tandis que chez Cavia cet espace est fermé par une membrane en partie celluleuse. Le bord supérieur du peaucier ne tarde pas à s'infléchir en arrière et en haut pour se continuer en passant sur l’angle postérieur de l'omoplate avec le peaucier du cotéopposé. Il croise le rachis au niveau d'une ligne transversale qui passe un peu au-devant de l'angle postérieur du scapulum : il est couvert par les dernières fibres du peaucier de la nuque.
Arctomys marmotta.— Le pannicule charnu est beaucoup moins étendu que dans les espèces précédentes. Sa portion antérieure, surtout la lame brachiale, est épaisse et puissante, tandis que la portion postérieure, sauf le faisceau caudal, est peu développée.
Sur la ligne blanche, l'insertion est limitée à une petite étendue de la région abdominale moyenne, derrière le faisceau brachio-abdominal du pectoral. Les fibres sont minces et se portent en avant et un peu en haut vers le bras. Elles donnent un large faisceau qui s’unit au brachio-abdominal. Sur le dos, elles forment au contraire un plan rouge, épais et adhérent à la peau, dont le bord antérieur répond au milieu du rachis dorsal : il recouvre transversalement un bourrelet cervico-dorsal long et volumineux. Toutes les fibres qui viennent du dos, des flancs ou de la ligne blanche se portent assez obliquement en avant pour former un plan épais qui longe le thorax et aborde la face interne du bras.
Ce plan charnu (/g. VI, 4) dont la direction antéro-postérieure et la puissance semblent devoir être rapprochées du mouvement nécessaire à l’action de fouir, chemine dans laisselle en dehors du grand dorsal (fig. VI, 3). Ilne s’insère pas directement à l'humérus, mais à une arcade fibreuse (/g. VI, 7) qui va du tendon du grand rond à la crête pectorale
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Fig. VI.— Face interne du bras droit dela Marmotte. 1, Sous-scapulaire ; ?, Grand rond ; 3, Grand dorsal ; 4, Pannicule charnu ; 5, Dorso-olécranien ; 6, Triceps brachial ; 7, Arcade fibreuse du grand dorsal ; 8, Pectoral ; 9, Expansion que l’arcade fibreuse envoie au grand trochanter ; 10, Pectoral ; 11, Biceps brachial ; 12, Goraco-brachial.
de l’humérus et qui donne en même temps attache à la moitié antérieure des fibres du grand dorsal ({#g. VI, 3), et à quelques fibres du pectoral ({g. VI, 8). Les fibres postérieures du pannicule sont pâles et se perdent dans la peau vers la face externe de la cuisse et sur Paponévrose fémorale vers le bord antérieur du membre. Klles sont nettes surtout au niveau du genou et de la racine de la queue. Le faisceau